Recevez chaque mois la newsletter en vous inscrivant ici

AVA et paranoïa

Les opposants à la chasse à courre ont récemment présenté leur bilan de la saison 2020/2021 sur leurs réseaux sociaux. Ceux qui doutent de l’objectivité de leur analyse, tout en nuance, ne vont pas être déçus.

Sur 15 000 journées de chasse à courre organisées entre le 15 septembre 2020 et le 31 mars 2021, nos opposants dénombrent 37 incidents qu’ils qualifient de « graves », soit un incident toutes les 405 chasses ; pas étonnant que peu d’entre nous s’en soient rendu compte. Encore précisent-ils qu’il ne s’agit là que d’une « part infime de la réalité ! Les veneurs étant prompts à faire nettoyer derrière eux, à offrir des morceaux de gibier et de l’argent aux habitants dérangés, mais aussi à tout simplement menacer et faire pression sur ceux qui hésiteraient à parler. Tout est fait pour maintenir cette omerta. » La fameuse théorie du complot revisitée à la sauce mafieuse ; on voit que, pour ce qui est du bilan objectif, ça commence très fort.

Nous avons regardé de près ces prétendus incidents :

  • Quinze d’entre eux sont de pures inventions ; la liste – fastidieuse – est à disposition.
  • Cinq sont relatifs à des chiens prétendument « errants ». Rappelons qu’un chien errant est un « chien qui vit sans entrave ni domicile parce qu’il n’appartient à personne ou parce que le lien avec son maître est cassé, par fugue ou abandon ou parce que son maître est décédé» (définition Wikipedia). Dans le cas de la chasse à courre, il ne peut s’agir de « chiens errants » ; les chiens de vènerie sont tous tatoués ou pucés ; leurs propriétaires sont ainsi parfaitement identifiables ; aucun équipage n’abandonne ses chiens. Courant librement dans des espaces ouverts, les chiens de meute peuvent s’écarter de la voie de l’animal et échapper un moment à la vigilance des veneurs, sans, pour autant, pouvoir être qualifiés d’errants.
  • Deux autres prétendus « incidents graves» sont relatifs à des cerfs graciés ; nos opposants auraient-ils préféré qu’ils soient servis, eux qui se vantent de les sauver ?
  • Signalons le tragique 2 janvier 2021 où une poule a été croquée en bordure d’une forêt tandis qu’au même moment un chien était mordu dans une autre ; on ne trouve mention d’aucun de ces deux « incidents graves» dans la moindre gazette, leurs correspondants locaux, même les plus avides d’actualité cynégétique, ne s’en étant pas montrés intéressés.
  • On relève aussi deux collisions entre un animal de meute et un véhicule ; voilà qui explique, en partie seulement, les 30 millions de mammifères tués sur les routes d’Europe chaque année selon le magazine « Frontiers in Ecology and the Environment », peu suspect de sympathie pour les veneurs.
  • Le reste est à l’avenant et on craindrait de lasser le lecteur de ces lignes à les énumérer plus longuement.

Reste un incident important, survenu en gare de Chantilly le 12 janvier, et ayant entraîné une perturbation du trafic ferroviaire ; si cet incident fait l’objet d’un règlement amiable entre la SNCF et l’équipage qui chassait, il pose aussi, bien évidemment, la question de la cohabitation de la vènerie avec la vie des villes.

Quelle énergie mauvaise, quelle imagination perverse, quelle hargne idéologique, quel délire paranoïaque habitent les rédacteurs de ces mensonges pour transformer des anecdotes dérisoires en prétendus « incidents graves » ?

« Être au-dessous de ses prétentions avouées constitue un ridicule constant dont se repaissent les petits esprits », affirmait Honoré de Balzac dans la Comédie Humaine. Il y a assurément peu de grands esprits à l’origine de ce bilan fumeux.

Quête, conquête et prise

La saison qui s’est achevée il y a un peu plus d’un mois aura vu revenir comme une litanie, en dépit des aléas inhabituels liés au contexte sanitaire, la question éternellement posée : « tu as chassé ? vous avez pris ? ». Cette obsession de savoir si « vous avez pris » ne saurait résumer, pour le veneur éclairé, l’intégralité de sa journée de chasse. Quand bien même la prise constitue l’objectif, « seule la route est belle » et la chasse n’est pas seulement belle d’avoir pris ; elle l’est aussi – voire surtout – de ce qui a précédé la prise.

Nos détracteurs reprochent à ce vocable « prendre – ou ne pas prendre – un animal » d’édulcorer le fait que nous le tuons. C’est – encore et toujours – ne pas comprendre ce qu’est la chasse à courre. L’expression « prendre un animal » emprunte au vocabulaire guerrier. On prend un chevreuil ou un lièvre, comme on prend une citadelle ou une place forte. Il s’agit de conquérir ici la position de l’adversaire, là l’animal sauvage. Dans l’un comme l’autre cas, cet « autre » est réputé difficile et même hostile à se laisser prendre.

L’altérité de l’animal de vènerie, c’est sa sauvagerie. Lorsque mon voisin plume son oie, je ne lui demande pas s’il vient de la prendre, mais s’il l’a tuée ce matin ou hier ; son oie est un animal domestique ; elle est née puis a été élevée pour être mangée. Insister sur ce point n’est pas une manie de grammairien vétilleux ou de carnivore obsessionnel mais la recherche de la signification profonde de ce que sont les animaux domestiques et les animaux sauvages dans leur relation à l’Homme.

Chasser à courre, c’est tenter de conquérir un animal sauvage ; ce que l’Homme n’a pas domestiqué, il tente de s’en emparer, nature du prédateur qui domine la chaîne alimentaire depuis la nuit des temps ; ambition sans cesse renouvelée puisque, par définition, le sauvage est destiné à demeurer sauvage. Prendre un animal signifie la victoire éphémère du veneur sur l’altérité de l’animal sauvage. La lutte est loyale ; l’animal n’est pris que s’il est coiffé par les chiens ou servi par l’homme « à bout touchant ».

Dès lors, on comprend mieux ce qui fascine le veneur dans la quête de l’animal qu’il chasse : tenter de triompher, grâce à ses chiens, des ruses d’un animal que son état sauvage a conduit à développer des capacités physiques et sensorielles très supérieures aux siennes ou même à celles de sa meute. Conquête provisoire, incertaine (l’animal n’est pris, en moyenne, qu’une fois sur quatre), et, pour ces raisons, passionnante et sans égal en ceci qu’elle est peut-être l’unique opportunité de nous confronter, nous autres Occidentaux, à l’altérité du monde sauvage.

D’aucuns ne voudraient voir dans la chasse qu’un moment d’équitation d’extérieur et souhaiteraient que la poursuite d’un leurre soit substituée au noble déduit ; un député avait même suggéré, l’an passé, que ce leurre soit un robot (sic). Si l’engagement physique est réel, dans la vènerie à cheval comme dans la vènerie à pied, il n’est que consécutif d’une quête plus profonde, plus mystique. Encore, pour y atteindre, faut-il accepter de se laisser mener sur les sentiers initiatiques de la quête. La quête pour la conquête ; au bout la prise, peut-être.

La chasse à courre sort renforcée d’une saison agitée

La saison de chasse à courre s’achève demain, mercredi 31 mars. Pratiquée, à pied ou à cheval, dans 70 départements par 390 équipages, la chasse à courre a, sur le terrain, subi des attaques plus rares mais aussi plus violentes de la part de saboteurs radicalisés. Les tentatives de remise en cause législative ont toutes échoué. En revanche, ces attaques ont déclenché un soutien de l’ensemble des acteurs de la chasse, de la ruralité et de nombreux parlementaires. La chasse à courre en sort renforcée.

 

  • Division et radicalisation des militants anti-chasse

 Le mouvement AVA (Abolissons la Vènerie Aujourd’hui) a fortement reculé : fin des sabotages en Touraine et Grésigne et quasi-disparition en Bretagne. Avec un leader, Stanislas Broniszewski, de plus en plus contesté en interne, le mouvement s’est également divisé, donnant naissance à des sous-groupes, Amis des bois, PACCT, auxquels s’ajoutent des individus beaucoup plus radicalisés, comme la Section anti-chasse. Les opposants à la chasse à courre sont désormais majoritairement concentrés sur deux massifs forestiers : Compiègne et Rambouillet. La méthode est toujours la même : provocations, harcèlements, arrêt des chiens, montages d’images hors contexte avec une mise en scène angoissante,

plaintes factices déposées à la gendarmerie, diffamation sur les réseaux sociaux, et envoi quotidien de communiqués pour des incidents créés de toute pièce.

Le mouvement anti-chasse s’inscrit dans une idéologie antispéciste plus large (qui s’est notamment illustrée ces dernières semaines par des attaques de L214 contre la viande, ou de Peta contre le lait). Cette opposition a déclenché une solidarité nouvelle de l’ensemble des acteurs de la chasse et de la ruralité (agriculteurs, éleveurs, sylviculteurs, cavaliers, etc.).

 

  • Elisa Pilarki : après un an de lynchage, la chasse à courre mise hors de cause

En novembre 2019, dans la forêt de Retz (Aisne), une femme enceinte était découverte morte de morsures de chien. Durant un an, la chasse à courre a été présentée comme responsable de ce drame et lynchée sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Le rapport de deux vétérinaires, experts indépendants mandatés par les cours d’appel de Reims et Toulouse, concluait pourtant « Le chien Curtis est l’unique auteur des morsures ayant causé le décès ». En novembre 2020, l’instruction a révélé qu’aucune trace ADN de chiens de chasse à courre n’avait été retrouvée sur le corps et que seules celles de Curtis, le pitbull de son compagnon Christophe Ellul, y étaient présentes. Christophe Ellul, propriétaire de Curtis, qui ne cessait d’accuser la chasse à courre pour tromper la justice, a depuis lors été mis en examen pour homicide involontaire. La Société de Vènerie poursuivra en justice ceux qui ont diffamé la chasse à courre et ses pratiquants.

 

  • Attaques politiques contre la chasse à courre

Au cours de l’année 2020, trois initiatives parlementaires ont tenté de faire interdire la chasse à courre : le Référendum d’Initiative Partagée pour les animaux, et deux propositions de loi, l’une à l’Assemblée Nationale et l’autre au Sénat. Aucune de ces initiatives n’a abouti. Les élus ont ainsi majoritairement démontré leur attachement à protéger cette chasse naturelle, faisant partie intégrante du patrimoine historique et culturel de la France ; la Société de Vènerie salue cet élan spontané. Elle s’est exprimée pour dénoncer les dérives de l’idéologie antispéciste qui ne correspond pas aux attentes de nos concitoyens.

Toutefois, à l’approche des échéances électorales, certains candidats et partis attaquent de nouveau la chasse à courre pour « verdir » leur programme politique.

« Le bien-être animal devient un thème politique majeur, remarque Pierre de Roüalle, président de la Société de Vènerie. La caricature de la chasse à courre est courante, pourtant c’est le mode de chasse le plus naturel et le plus écologique qui soit. Dès lors qu’elles s’inscrivent dans le respect de plans de chasse légalement établis, les chasses traditionnelles, mêmes minoritaires, ont le droit d’exister. Les divergences d’opinions sont légitimes en démocratie ; elles n’impliquent cependant pas de vouloir faire disparaître ses contradicteurs ».

 

Déraison et ridicule

Un veneur agressé en pays Nantais par un automobiliste qui tentait de dérober un chien de meute aux cris de « On va te crever. Vous allez tous y passer. » Un autre veneur qui termine à l’hôpital, volontairement percuté par un automobiliste. Une armée de black blocs se déplaçant à 150 km de leur base pour aller, de Normandie à Rambouillet, perturber la chasse de l’équipage de Bonnelles-Rambouillet et agresser physiquement les veneurs et leurs sympathisants ; la police qui intervient pour éviter une bagarre générale. Une faction AVA qui surgit face à des veneurs piqueniquant en forêt du Gavre après la chasse, prétendant avoir « des ordres du chef » et entamant une bagarre qui conduit quatre d’entre nous à se voir prescrire un Incapacité Temporaire Totale, l’un d’entre eux ayant été gazé par une bombe lacrymogène.

Mais tout ça pour quoi ? Qu’est-ce qui a bien pu conduire ces gens à de telles extrémités ? Qui sont les propagandistes qui portent la responsabilité d’avoir ainsi exacerbé les désaccords pour les transformer en lutte frontale ?

Quelle perversion habite le cerveau malade de ceux qui ont voulu tirer prétexte de la mort affreuse d’une jeune femme en forêt de Retz pour accuser les chiens de meute, et jeter le discrédit sur la vènerie tout entière ? On sait ce qu’il en est de cette terrible affaire, le compagnon de la victime venant d’être mis en examen pour homicide involontaire. Au cours des quinze mois de l’enquête il aura, à plusieurs reprises, accusé lui-aussi les chiens de meute ; on comprend bien quel était son intérêt…

Cette hystérisation du désaccord relève d’abord de la déraison. Dans un temps où les enjeux sanitaires, économiques, et sociétaux constituent les véritables questionnements politiques du moment, attiser la haine de l’autre en créant de toutes pièces des clivages sans réel fondement, par le mensonge, la calomnie et l’ignorance, échappe à l’entendement. S’engager dans une lutte sans enjeu révèle la grande vacuité qui habite ces militants de l’inutile. Leur démarche sans rime ni raison est, à proprement parler, déraisonnable.

Mais cette hystérisation est également ridicule. Les militants anti-chasse disent tenter de « sauver un cerf » quand les nécessités de l’équilibre agro-sylvo-cynégétique mettent au plan de chasse 60 000 cervidés chaque année en France. Il s’agit donc de prélever, durant la période de chasse, 300 cerfs, biches et faons par jour ! Et quand bien même les équipages ne prendraient pas leur quota, les bracelets qui leur sont affectés seraient donnés aux chasseurs à tir, et les animaux seraient prélevés.

Sans compter les centaines de milliers de sangliers et chevreuils que les chasseurs doivent aussi réguler, afin de permettre la coexistence de la faune sauvage et des activités humaines, sur un territoire, la France, où l’emprise des espaces urbanisés a triplé en cinquante ans.

En attendant la suite, on redoute le pire, tant ces extrémistes semblent n’avoir fixé aucune limite à leur délire. Bien sûr, face à leurs exactions croissantes, les veneurs sont soutenus par des acteurs de la ruralité toujours plus nombreux qui entendent manifester ainsi leur refus de la dictature de la pensée que veulent imposer ces khmers verts. Mais il faut aussi tout le sang-froid, le sens des responsabilités, la volonté de prévenir tout risque et la cohésion des veneurs et de leurs sympathisants pour ne pas céder aux provocations dont ils sont, sans cesse, l’objet. Jusqu’à quand l’incident sera-t-il évité ? Combien d’entre ces guerriers du néant se jetteront-ils dans l’eau des étangs pour s’interposer entre les veneurs et le cerf chassé avant un grave choc thermique ou la charge de l’animal qu’ils entendent « protéger » et qui est et demeure sauvage ?

« L’odieux est la porte de sortie du ridicule », disait Victor Hugo. A n’en pas douter nos opposants se sont emparés de la clé de cette porte, à moins qu’ils n’en aient fabriqué la serrure…

Militants d’AVA, on vous trompe !

Les reporters de Défendons la Vènerie ont fait une plongée dans le monde des opposants à la chasse à courre ; ils en ont ressorti un documentaire instructif sur les motivations qui animent ces militants, abusés par le cynique leader picard à moustache. On avait certes compris depuis longtemps que son combat se situait sur le plan politique ; il ne s’en cachait pas ; son vocabulaire choisi fleurait bon la lutte des classes : « valets, Moyen-Age, seigneurs, féodalité, laquais, mépris ». Dans chacune de ses interventions médiatisées, il arrive à placer tous ces mots. La condition animale ne lui sert que de prétexte pour se faire valoir.

C’est ce que confirme le documentaire de DVA. On y voit des militants, certes moyennement lucides, assez peu pacifiques voire très agressifs, prêts à en découdre comme si la vènerie représentait l’ultime symbole des privilèges à déboulonner toute affaire cessante. L’un d’eux suggère même de remonter la guillotine, sans doute pour y convier quelques veneurs. Leurs propos reflètent une haine de classe qu’on croyait appartenir à un passé révolu. Ils veulent « lutter contre des ennemis », et on se demande bien ce que leur improbable victoire contre les dits-ennemis apporterait à leur quotidien. Leurs arguments ne sont pas pauvres, ils sont inexistants. Les plus avertis admettent ne participer à ces sabotages que pour faire du buzz.

Toutes les opinions politiques doivent être respectées en démocratie, même les plus extrêmes, même lorsqu’on connait les millions de morts que leur idéologie a pu essaimer de par le monde ; on a aussi le droit de les combattre. Mais en l’espèce, il y a tromperie sur la marchandise ! Les militants picards disent être mus par une volonté politique et on veut bien croire, à les entendre, que c’est pour « casser du bourgeois » qu’ils ont rejoint le « combat ».

Il y a tromperie sur la marchandise car, contrairement à ce qu’on fait croire à ces gens, la chasse à courre n’est pas un repaire de privilégiés. Il suffit, pour s’en convaincre, d’avoir suivi une chasse de lièvre dans l’Aveyron, de chevreuil en Creuse, de cerf en Gironde, ou de sanglier en Haute Garonne. La vènerie est principalement pratiquée par des gens simples, proches de la terre et aimant la chasse au chien courant. Alors bien sûr, il y a quelques « maisons » plus brillantes, à l’histoire prestigieuse et ancienne, qui n’ont pourtant pas à rougir de ce qu’elles sont. Car il en va de la vènerie comme de toute activité humaine : les gens de toute condition s’y côtoient. Comme se côtoient eux-aussi amateurs de foot ou de tennis dans les tribunes des stades, où les loges VIP voisinent avec les strapontins ; et tout le monde s’y passionne pour la même activité. Précisons même qu’à la chasse à courre, les supporters ne paient pas, ce qui, au fond de nos campagnes, constituent un avantage apprécié.

N’en déplaise à Trotsky, la révolution permanente n’est pas encore partout en route, camarade ! et la vènerie est une des magnifiques illustrations de la capacité des hommes à communier autour d’une même passion, par-delà leurs conditions sociales et leurs opinions politiques.

On peut ne pas aimer la vènerie, mais pas pour de fausses raisons.

08/02/2021 : Tribune AVA dans Oise Hebdo, voici notre réponse !

Il y a quelques jours, les rédactions des quotidiens locaux Oise Hebdo et le Courrier Picard publiaient dans leurs colonnes une tribune anti-chasse à courre et signée, entre autres, par une petite dizaine de parlementaires. Cette tribune ne pouvant s’expliquer que par un manque d’information de la part des signataires, voici notre réponse.

La chasse est nécessaire. La préservation des espèces sauvages, dans les espaces naturels français, passe par la régulation. On peut ne pas aimer la chasse à courre ; il est cependant important de la comprendre, avant de juger la pratique de dizaines de milliers de passionnés de chasse aux chiens courants.

Des passionnés partout en France & des incidents extrêmement rares

De toute l’Histoire de France, la chasse à courre n’a jamais été autant pratiquée qu’aujourd’hui. 390 équipages chassent le lapin, le lièvre, le renard, le cerf, le chevreuil ou le sanglier. Désormais totalement démocratisés, ils regroupent des dizaines de milliers de passionnés dans 70 départements.

Sur les 10 000 journées de chasses à courre qui se sont déroulées en France depuis le début de la saison 2020-2021, le collectif AVA prétend avoir identifié seize incidents, dont seulement douze sont cités dans la tribune parue le 1er février dans vos colonnes. A l’exception de la perturbation du trafic ferroviaire entre Paris et Chantilly ce 12 janvier (pour laquelle les veneurs sont en relation avec la SNCF) pas un seul n’a donné suite à une procédure. Ce n’est pas que la chasse à courre bénéficie d’une impunité particulière ; son exercice fait l’objet d’une réglementation très stricte. Mais le collectif s’acharne à surmédiatiser des incidents mineurs ; ainsi, un chien mordu et une poule mangée, cités parmi les douze incidents, constituent des événements certes regrettables mais dont le règlement relève au mieux d’un arrangement à l’amiable – ce qui fut le cas pour les deux – et au pire de la justice de proximité. Rien qui ressemble à des « frictions sociales incessantes. »

La chasse à courre, qu’est-ce que c’est ?

C’est le mode de chasse le plus écologique qui s’approche le plus de la prédation naturelle ; des chiens poursuivent un animal sauvage qui a développé, au fil des millénaires, les capacités physiques et sensorielles pour échapper à ses prédateurs. Il en va de même du chat qui attrape la souris, du faucon qui capture le pigeon, de la martre qui vole la poule, de la buse qui s’empare du lapin, ou de la fouine qui dérobe des œufs. L’intérêt de la chasse à courre réside dans la capacité des chiens à déjouer les ruses multiples mises en œuvre par ces animaux chassés pour leur échapper ; les chiens n’y réussissent qu’une fois sur quatre.

Derrière la chasse à courre, un combat politique

En réalité, les motivations des leaders d’AVA sont purement politiques. Ils prétendent, bien à tort, que la chasse à courre est réservée à une élite ; les termes qu’ils emploient pour la décrire comme l’appel à une « écologie populaire » démontrent qu’ils veulent y voir un des bastions que la lutte des classes doit conquérir. Or ils se trompent. La vènerie réunit, autour de la passion du chien courant, des dizaines de milliers d’adeptes de toute condition sociale, jeunes et vieux, hommes et femmes, urbains et ruraux. Deux sociologues du CNRS*, pourtant connus pour leurs idées peu « bourgeoises », l’ont démontré lorsqu’ils se sont intéressés au sujet dans les années 90 ; ils concluaient ainsi leur étude : « La vènerie est un fait social « total », dans la mesure où il parle de la vie, de la mort, de la nature, de la sauvagerie, de la tradition, du sacré, des rituels, de l’art, de la spiritualité, de la philosophie et des rapports sociaux. »

« La chasse à courre dans certaines régions relève de la tradition » ajoutait Georges Marchais, elle est « le vecteur d’une certaine culture qui se perpétue depuis des centaines d’années. Elle fait l’objet de fêtes et de rassemblements populaires, et à ce titre dépasse la seule pratique de la chasse. En toute conscience, peut-on interdire cela ? » s’interrogeait le secrétaire général du Parti Communiste Français.

S’informer avant de signer

Il y a fort à parier qu’aucun des 91 signataires de cette tribune n’a jamais suivi une chasse à courre avec un veneur, ni visité le chenil d’aucun équipage. Et c’est dommage. Dans une société où règne la transparence, les veneurs ont à cœur d’expliquer la chasse à courre pour permettre à chacun d’en juger.

Et fondamentalement, en démocratie, les citoyens ont-ils encore le droit de penser différemment les uns des autres, de ne pas vouloir ou apprécier les mêmes choses ? Tout ce qui ne vous plaît pas doit-il être interdit ?

 

* Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, « La chasse à courre. Ses rites et enjeux. » Paris, Payot, 1993

 

 

Contacts Presse :

Antoine Gallon

Directeur de la Communication de la Société de Vènerie

agallon@venerie.fr / 06 24 59 09 82 / 01 47 53 93 93

 

Timothée Gaget

Relations Médias

timothee.gaget@artcher.fr / 06 23 65 01 73

21/01/2021 : Hommage au cerf inconnu, l’antispécisme au service des ambitions politiques de la candidate EELV

La députée européenne, Karima DELLI, cheffe de file d’EELV pour les élections régionales dans les Hauts-de-France, a invité l’ensemble de la presse à assister à un dépôt de gerbe en « hommage au cerf inconnu ».

Un cerf s’est égaré sur les rails de la gare de Chantilly la semaine dernière, les chasseurs à courre ont présenté leurs excuses pour cet incident rarissime ayant occasionné des retards de trains. Mais cela ne semble pas avoir suffi à Mme la députée Karima Delli : elle a décidé de déposer une gerbe en mémoire de ce « cervidé inconnu ».

La Société de Vènerie, qui représente l’ensemble des chasseurs à courre de France, tient à préciser que :

  • Contrairement au soldat inconnu, ce cerf n’est pas mort.
  • Contrairement au soldat inconnu, ce cerf n’est pas un être humain.
  • Contrairement au soldat inconnu, ce cerf n’a pas fait partie des victimes de la première guerre mondiale tombées au champ d’honneur pour défendre leur pays.
  • Les 800.000 sangliers, 700.000 chevreuils et 60.000 cerfs tués chaque année, ne sont ni victimes de guerre, ni victimes de génocide, mais constituent du gibier régulé, selon des plans de chasse légalement établis, pour maintenir un équilibre entre la faune sauvage et les activités humaines (circulation automobile, agriculture, sylviculture).

 Pierre de Roüalle, président de la Société de Vènerie déclare : « qu’une élue écologiste qui ne connaît pas la chasse à courre, l’instrumentalise à des fins politiques, je peux le comprendre ; ça n’est pas nouveau. Ce qui m’attriste bien davantage, c’est la percée de l’idéologie antispéciste dans le débat politique. Cet hommage au « cerf inconnu » qui se veut le pendant de celui au soldat inconnu constitue une insulte aux soldats morts pour la France. A mettre les animaux sauvages et les êtres humains sur le même plan, on détruit les fondements de notre civilisation humaniste ».

Le veneur épuisé ?

Tel Sisyphe hissant son rocher vers le sommet d’une colline jamais atteint, le veneur du XXIème siècle doit inlassablement expliquer et réexpliquer à ses contemporains ce qu’est la chasse à courre. Wikipedia, « l’encyclopédie libre » en ligne auquel se réfère désormais quiconque cherche une première information, ne l’y aide pas, puisqu’il définit la chasse à courre comme « un mode de chasse ancestral qui consiste à poursuivre un animal sauvage… jusqu’à son épuisement ». Outre que dans la France des 35 heures et du burn-out, l’épuisement a mauvaise presse, on est en droit de trouver la définition légèrement orientée, et, de toute façon, incomplète.

Dit-on de Rafael Nadal, vainqueur de Roland Garros en octobre dernier, qu’il a « épuisé » Djokovic en trois sets ? Ou de Tadej Pogačar, vainqueur du Tour de France 2020 qu’il a épuisé ses concurrents ? il leur a fallu d’autres qualités pour s’assurer la victoire ; celles qui font d’eux de grands sportifs. L’épuisement a deux caractéristiques : il est largement partagé par l’ensemble des protagonistes d’une activité, quelle qu’elle soit, et il est insuffisant à la définir.

Alors oui, dans toute activité physique, on se fatigue et il suffit d’avoir participé à une seule chasse à courre dans sa vie pour savoir que cette fatigue est largement partagée par les hommes, les chiens, et les chevaux quand on les utilise. Cette fatigue, en revanche, n’est pas toujours le fait de l’animal chassé, et la plupart des animaux qu’on a « laissé coucher en forêt » y sont restés d’avoir su fatiguer les chiens avant de l’être eux-mêmes.

Si la vènerie est bien la confrontation de deux aptitudes physiques, celle de la meute et celle de l’animal chassé, le défi qui se joue est celui de la ruse de l’animal et de la capacité des chiens, servis par les hommes, à la déjouer. Et c’est bien cet aspect-là de la vènerie qu’il nous appartient d’expliquer. Pourquoi les animaux rusent, comment ils ont appris, quelles sont ces ruses, quelle part est faite à l’inné et à l’acquis. Comment les chiens les déjouent, comment les hommes tentent de les y aider. L’émerveillement du veneur face au travail des chiens guidés par un flair incomparable, sa curiosité insatiable à observer l’intelligence de l’animal chassé, son comportement et l’instinct de conservation qui préside à tous ses actes, la connaissance de la faune sauvage à la fois profonde et jamais satisfaite qu’il en acquiert.

En définissant ainsi la vènerie, on explique ce qui nous y attache si intensément. On fait aussi, peut-être, toucher du doigt à des gens moins familiers du monde sauvage, l’intérêt de sa fréquentation, telle que la conçoit le veneur.

Alors bien sûr, au bout, il y a la mort – une fois sur quatre – lorsque les chiens déjouent les ruses de leur animal de meute. Au titre de la gestion des espèces, cette mort est programmée, à courre ou à tir. Et la beauté du combat, sa loyauté vis-à-vis de l’animal, la rencontre sans égal de la faune sauvage qu’il offre, et la communion de ceux qui y participent font de notre mode de chasse une expérience exceptionnelle. Soyons heureux d’être veneurs, et surtout, épuisons-nous à une chose : le faire comprendre !

NB : pour ceux de nos lecteurs qui en auraient l’idée, modifier la définition dans Wikipedia n’est pas chose aisée. Faîtes-nous partager votre expertise.

Les animalistes ont cru pouvoir utiliser cette photo pour discréditer la chasse à courre

Les animalistes ont cru pouvoir utiliser cette photo pour discréditer la chasse à courre.

Ils écrivaient dans un post facebook le 1er janvier dernier : « Cette photo (…) résume, à elle seule, la monstruosité de la chasse à courre. Souvenons-nous des éléments de langage constamment utilisés par ces individus : « Cette belle chasse », « Chasse juste où le cerf a toutes les chances de s’en sortir, où il s’amuse… » Traqué pendant plus de cinq heures, jusqu’à la tombée de la nuit, par une horde de chiens, chevaux, suiveurs à vélo, 4×4 tous phares allumés. C’est effectivement équitable et amusant ! »

Ils ont, encore une fois, démontré leur ignorance complète de ce qu’elle est.

Que voit-on sur cette photo ?

  • Un cerf chassé ; les cerfs font partie de ces espèces de grands ongulés qui prolifèrent sous nos latitudes et dont la régulation est une nécessité, afin d’assurer le juste équilibre entre les activités humaines et la persistance d’une faune sauvage dans nos territoires que l’Homme a grandement domestiqué. Il est légitime de chasser les cerfs.
  • Une meute de chiens qui le chasse ; on ne saurait imaginer le travail qui prélude à ce moment : élevage des meutes, soins, entrainement, éducation. Ces différentes étapes concourent à ce que ces chiens chassent un animal sauvage en territoire ouvert, s’attachant à déjouer ses ruses multiples. Ils ne triomphent qu’une fois sur quatre de ces ruses et des ressources physiques énormes de cet animal. Le moment photographié est proche de la prise de l’animal, juste récompense pour la meute de son travail appliqué.
  • Des sympathisants qui suivent la chasse à vélo ; la vènerie attire de très nombreux riverains épris de ce mode de chasse. La chasse à courre se pratique dans des territoires souvent ouverts à tous, comme c’est le cas dans cette forêt domaniale. La vènerie n’a jamais été aussi populaire.
  • Une voiture de sécurité, chargée d’assurer une cohabitation harmonieuse entre les veneurs, leurs chiens, l’animal chassé et les autres usagers des espaces forestiers ouverts que la chasse traverse.

Loisir et nécessité

Dans la note émanant du ministère de la Transition Ecologique en date du 31 octobre, qui donnait des instructions relatives à la pratique de la chasse dans la période de confinement, une notion est venue taquiner la susceptibilité des veneurs. La note distinguait en effet la chasse-loisir de la régulation. Certains ont cru y voir la sombre perspective d’une réduction future de nos activités à la seule régulation. Rien de tel n’est concevable, et ce pour trois raisons :

  1. Tout d’abord, le raisonnement ne tient pas, car il tend à confondre la cause et la conséquence. La régulation, dont presque personne ne semble remettre en question la nécessité, n’est que la conséquence d’une activité de loisir, qui s’appelle la chasse, qui mobilise chaque année plus d’un million de pratiquants, lesquels y consacre un budget de 3 milliards d’euros. Aucun de nous ne se lève le matin en disant qu’il part réguler ; nous partons nous adonner aux plaisirs de la chasse, et contribuons, par voie de conséquence, à la nécessaire régulation des espèces. L’unique alternative consisterait à confier cette mission à des fonctionnaires payés pour la mission. Quel intérêt de priver ainsi des pratiquants de leur passion et de grever un peu plus le budget de l’Etat ?
  2. Nous vivons dans une société des loisirs ; la réduction du temps de travail offre à nos contemporains la possibilité de se livrer à des activités variées hors du temps contraint pour assurer leur subsistance ; c’est assurément un progrès social. Le délassement que les temps de loisirs procurent délivre de la fatigue et du surmenage. Il développe aussi la vie émotionnelle, facteur du développement de la personnalité. Il est, par conséquent, cocasse qu’on envisage de voir disparaitre la chasse loisir, deuxième pratique sportive juste derrière le football et devant le tennis. Qu’adviendra-t-il dès lors des autres sports qui comptent moins d’adeptes ? Doit-on interdire la pétanque et ses seulement trois cent mille pratiquants ? le parachutisme qui n’en compte que soixante mille et s’avère proportionnellement beaucoup plus accidentogène que la chasse ?
  3. A moins qu’on veuille définitivement considérer que « tuer des animaux, c’est mal ». Cette idée typiquement antispéciste se heurte à la dure réalité qui veut que, pour se hisser au sommet de la chaîne alimentaire, l’Homme a tué et continue de tuer des animaux, qui, eux-mêmes, s’entretuent. L’idée chrétienne qui imprègne heureusement notre société – tu ne tueras point – doit s’entendre comme « tu ne tueras point d’autres hommes ». On ne saurait mettre sur le même plan les animaux que nous tuons depuis la nuit des temps pour nous alimenter et nous protéger. En ce sens, la chasse est dans les gênes des hommes qu’elle a façonnés. Sa pratique au XXIème siècle, outre qu’elle porte témoignage de ces origines, ne se conçoit que dans le respect d’une éthique qui doit animer chacun d’entre nous.

On peut peut-être vivre sans chasser, quoiqu’on chasse depuis la nuit des temps. On peut aussi vivre sans voiture, sans téléphone portable et sans télévision, dont, assurément, les hommes se sont passés durant l’essentiel de leur présence sur la terre. Mais, à quoi bon ? Le génie humain a conçu tout cela ; il relève d’une éthique de la responsabilité d’en user avec mesure.

Décidément non, lorsque la note ministérielle évoquait la nécessité de réguler, ses auteurs ne sous-entendaient à aucun moment le projet de réduire la chasse à cette seule activité. Et si d’aventure ils l’envisageaient, ils y auront renoncé à la lecture de ces lignes.

Contrastes

La journée du samedi 31 octobre aura été, pour tout veneur, une journée de contraste. Deuxième jour du reconfinement, elle concrétisait, tout d’abord en ce début de week-end, la grande déception de chacun de nous, privé de chasse pour plusieurs semaines. Certes, pareille circonstance s’était déjà produite, par temps de neige par exemple. Mais alors toute la vènerie française ne se trouvait pas ainsi immobilisée ; il restait encore la possibilité d’aller visiter des équipages situés dans des régions au climat plus clément. En ce 31 octobre, pas d’échappatoire. Caresser ses chiens, nettoyer son matériel, et relire les comptes-rendus des premières chasses semblaient les seules issues proposées au veneur.

Mais en fin d’après-midi, une nouvelle vint tempérer, si ce n’est dissiper totalement, cette morosité. La presse picarde annonçait : les « deux vétérinaires mandatés par la justice ont conclu que seul le chien qu’Elisa Pilarski promenait alors est à l’origine de sa mort. » Le 3 novembre, le résultat des tests ADN tant attendu confirmait la totale innocence des chiens de meute dans le drame de Retz. Ainsi donc se trouvait officiellement vérifiée l’affirmation que nous ne cessions de marteler depuis ce funeste 16 novembre 2019 où la malheureuse jeune femme trouva la mort en forêt dans de si épouvantables circonstances : les chiens de vènerie sont incapables de s’attaquer à l’homme. Nous les faisons naître, nous les élevons, nous les nourrissons, nous les soignons ; leur relation avec l’être humain est forte et empreinte de confiance et d’affection. Leur dressage pour en faire des chiens d’ordre implique une rigueur qui exclut toute cruauté, tous sévices, et renforce la relation homme-chien.

A dires d’expert, il semblerait même que le chien est naturellement aimable avec l’homme ; seul un dressage spécifique de son maître ou l’angoisse qu’il lui transmet développent son agressivité et sa dangerosité. Hélas, le pauvre Curtis semble en avoir eu son compte, les deux experts vétérinaires déclarant même que « son dressage contre nature relève d’une forme de maltraitance animale. »

Ces éléments d’appréciation du comportement du chien semblent avoir échappé à nos opposants. Aveuglés par leur obstination à nous nuire, ils ne cherchent pas plus à comprendre le comportement des chiens que la chasse à courre elle-même. Brigitte Bardot, ne fixant aucune limite à son outrance, accusait nommément la vènerie d’être responsable de la mort de la jeune femme dans un courrier adressé dès le lendemain du drame à la ministre de la transition écologique d’alors, Elisabeth Borne ; ce courrier est d’ailleurs toujours consultable en ligne sur le site de sa fondation.

Assurément l’idéologie animaliste a sa part dans le climat de haine qui se développe actuellement en France, que le gouvernement prend très au sérieux, et dont on sait désormais qu’il fait des ravages qui endeuillent trop souvent la France dans la période actuelle.

Mais nos opposants auront fait montre d’un tel aveuglement fanatique dans cette affaire, qu’ils se trouvent profondément décrédibilisés. Leur parole est durablement entachée du soupçon de mensonge. Ce mensonge, qui, avec la calomnie et la manipulation, constituent les armes habituelles de leur harcèlement prohibitif. L’opinion publique est désormais fixée sur le crédit qu’elle doit accorder à leurs allégations.

Reste la mort d’une femme et de l’enfant qu’elle portait, tués par la bêtise d’hommes qui, eux, ne chassent pas à courre.

L’ignorance et les milliardaires au secours de l’animalisme

Incontestablement, le Referendum d’Initiative Partagée pour les animaux stagne. Cela tient à sa conception-même. Il additionne, en effet, les sujets les plus variées au nom du bien-être animal. Les interdictions qu’il projette sont lourdes de conséquences économiques, sociales et patrimoniales ; elles remettent aussi en cause certains des acquis fondamentaux de la République.

Avec complaisance, l’exposé des motifs en appel aux incendies qui ont ravagé l’Australie en 2019, au Covid-19, à l’inévitable quoique confuse « promotion de la biodiversité », et aux prétendues attentes des Français en matière de bien-être animal – qui serait contre ? Ce préambule geignard annonce une série d’interdictions qui touchent indistinctement des domaines d’activité complexes. Les expérimentations animales, l’élevage, les spectacles d’animaux non-domestiques et la chasse à courre sont des sujets évidemment méconnus du grand public tant dans leur pratique, que dans leurs incidences économiques, sanitaires et/ou sociétales. Le but bien senti de cette manipulation est de soulever l’émotion du citoyen attendri, soudainement promu juge souverain, grande tendance contemporaine.

Ne nous leurrons pas ! Les milliardaires qui soutiennent ce projet ne se sont pas soudainement découvert une passion pour les animaux, ni une détestation des pratiques qu’ils entendent interdire ; ils en ignorent tout. Gageons qu’il y va là de leur intérêt bien senti.

Concernant l’interdiction de la chasse à courre suggérée par ce RIP, l’exposé des motifs en donne cinq raisons qui sont autant de contre-vérités. Démonstration est ainsi faite de l’ignorance totale des instigateurs du RIP en matière de vènerie. La chasse à courre serait archaïque, cruelle, couteuse, sans utilité sociale, et ne contribuerait pas à la nécessaire régulation des espèces. Toutes ces affirmations ont en commun d’être totalement fausses.

  1. La chasse à courre n’est pas archaïque. Avec près de 400 équipages, 10 000 pratiquants et plus de 100 000 sympathisants, la chasse à courre n’a, au contraire, jamais été aussi prospère qu’aujourd’hui.
  2. La chasse à courre n’est pas cruelle. En reproduisant le cycle de la prédation, elle est, au contraire, le mode de chasse le plus naturel qui soit. Dans le monde réel, les prédateurs mangent les proies : les chats mangent les souris, et les lions mangent les phacochères. Tom et Jerry, le Roi Lion et Pumba appartiennent, eux, au monde magique de Disney, pas à la vraie nature. La cruauté, c’est placer des êtres sensibles dans des conditions que leurs aptitudes physiques et sensorielles ne leur permettent pas d’affronter, comme laisser son chat dans une voiture en plein soleil ou enfermer son chien dans un espace clos sans nourriture pendant plusieurs jours. Rien de tel dans la confrontation entre nos chiens de meute et les animaux qu’ils chassent dans un espace libre.
  3. La chasse à courre n’est pas couteuse. Tout au contraire, il y en a pour toutes les bourses. Être membre d’un équipage qui chasse le lapin coute 100 € par an ; la cotisation peut monter jusqu’à 4 000 € pour chasser le cerf. Et c’est ne rien dire des centaines d’emplois induits par la chasse à courre (piqueux, maréchaux-ferrants, vétérinaires, pensions de chevaux, etc.) ou des 100 000 sympathisants qui suivent gratuitement chacune des 18 000 chasses à courre organisées chaque année à travers 70 départements français.
  4. L’utilité sociale de la chasse à courre est certaine. Elle a été démontrée par deux chercheurs du CNRS, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, dans leur ouvrage « La chasse à courre. Ses rites et enjeux. » (Paris, Payot, 1993). Citons une seule phrase, extraite de leur ouvrage : « La vènerie est un fait social « total », dans la mesure où il parle de la vie, de la mort, de la nature, de la sauvagerie, de la tradition, du sacré, des rituels, de l’art, de la spiritualité, de la philosophie et des rapports sociaux ».
  5. La contribution de la chasse à courre à la nécessaire régulation des espèces n’est effectivement pas importante car l’animal chassé – comme dans tout acte de prédation naturelle – sort victorieux de sa confrontation avec la meute trois fois sur quatre. On notera cependant deux nuances : ce mode de chasse entretient l’instinct sauvage des espèces chassées ; les veneurs ne représentant qu’à peine 1% des chasseurs, leur contribution aux prélèvement totaux est proportionnelle à leur nombre.

Nous chassons des animaux qui ne sont pas en voie de disparition. Nous le faisons selon un mode de chasse écologique qui ne blesse pas les animaux. Nous perpétuons une pratique millénaire, détentrice d’une connaissance approfondie et quasi-exclusive de la faune sauvage et de ses comportements. La vènerie constitue une opportunité unique pour l’homme contemporain occidental d’une rencontre authentique avec la faune sauvage.

« La vérité est à construire, comme l’amour, comme l’intelligence. Rien n’est donné ni promis en effet, mais tout est possible à qui accepte d’entreprendre et de risquer. C’est ce pari qu’il faut tenir à l’heure où nous étouffons sous le mensonge, où nous sommes acculés contre le mur. Il faut le tenir avec tranquillité, mais irréductiblement, et les portes s’ouvriront. » Albert Camus