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Hommes et animaux : la cohabitation

« Est-il juste de laisser le lion manger la gazelle ? La question doit être posée ! »

David Olivier, directeur de la rédaction des Cahiers Antispécistes.

 

La citation de David Olivier qui ouvre le troisième chapitre de cette chronique sur le bien-être animal a l’avantage de résumer la pensée antispéciste. Encore faut-il la lire dans le détail. Olivier parle de « justice » (est-il juste de…) pour caractériser la relation lion-gazelle. Mais de quelle justice parle-t-il ? Le Larousse en donne une définition claire : qualité morale qui invite à respecter les droits d’autrui. Olivier s’interroge donc sur les qualités morales du lion, et l’invite à respecter les droits de la gazelle… Impasse ! le lion ne reconnaît qu’une fonction et par voie de conséquence qu’un droit à la gazelle : celui de le nourrir quand il a faim ; difficile de le convaincre d’autre chose ; il est à craindre qu’il reste sourd à nos arguments. Mais alors, sont-ce les qualités morales de l’Homme qui doivent être opposées au lion ? Curieuse ingérence dans la « morale » des animaux de la part de l’antispéciste, lui qui « reconnaît un même statut moral à tous les individus, indépendamment de l’espèce à laquelle ils appartiennent. » (définition du Larousse)

On pourrait aussi citer Aymeric Caron, élu député de la France Insoumise, qui nous enjoint de ne pas tuer un moustique qui nous attaque car « vous prenez le risque de tuer une femelle qui essaye de remplir son rôle de future mère. »

Ne nous y trompons pas ! ces délires exprimés avec aplomb ne sont que le reflet de la grande peur des antispécistes : la mort, et d’abord, la leur. Ce qui les gêne dans l’élevage comme dans la chasse, c’est la mort. Dans leur monde fantasmé, la mort est escamotée. Dans la France de Louis XIV, il convenait, avant de mourir, de souffrir une longue agonie afin de mériter son paradis. Cette notion qui peut paraître étrange à l’homme du XXIème siècle s’est vu substituer une autre non moins cocasse : la mort, c’est fini ! ou du moins, on ne veut plus la voir. Hélas, mauvaise nouvelle pour les antispécistes : les êtres vivants sont mortels, humains, animaux, végétaux. Certes, convenons que les horreurs des conflits de la première moitié du XXème siècle ont leur part dans cette hantise de la mort. Tant de gens, civils et militaires, ont péri dans d’atroces conditions qu’à juste titre, on ne conçoit plus pareille barbarie aujourd’hui ; et pourtant, elles perdurent de par le monde.

Les antispécistes ont découvert et veulent faire connaître des qualités des animaux auxquelles ils ont donné le qualificatif de « sentience », néologisme progressiste oblige, « (du lat. sentiens, ressentant) : pour un être vivant, capacité à ressentir les émotions, la douleur, le bien-être, etc. et à percevoir de façon subjective son environnement et ses expériences de vie. » (Larousse toujours) Grande découverte ! Les animaux ressentent donc le chaud, le froid, la faim, la pluie, aiment brouter l’herbe ou manger de la viande (selon leur espèce), ressentent la douleur ou s’inquiètent de la présence du danger pour le fuir ou le combattre. Bel enfoncement de portes ouvertes ! On voudrait leur répondre : et alors ? La sentience, pour reprendre le terme, c’est la condition de la survie, tout simplement. Ça ne résout en rien la question de la relation des espèces entre elles, et notamment des humains avec le reste des animaux.

Un document, intitulé « Vènerie & bien-être animal », réunit les principaux arguments sur le thème traité dans ces lignes. Il est disponible sur simple demande à agallon@venerie.fr

Le respect de la vérité

Lorsque des points de vue s’opposent, lorsque des sensibilités divergent, une exigence s’impose à ceux qui veulent débattre : le respect de la vérité. En ce domaine, les opposants à la chasse à courre ne progressent guère d’année en année. Leur aveuglement idéologique les conduit à travestir en permanence notre pratique, et à ériger en drames nationaux des anecdotes sans intérêt, quand elles ne sont pas totalement inventées.

Ainsi en est-il du bilan de la saison 2021/2022 publié par le collectif qui entend faire interdire la vènerie. Il recense prétendument 46 incidents, quand leur liste n’en comporte que 43. Afin de vous en épargner la fastidieuse lecture, nous les avons analysés pour vous. Sur 43 « incidents » listés, deux sont réels, l’un d’eux ayant d’ailleurs fait l’objet de poursuites judiciaires ; cela démontre que les veneurs sont des justiciables comme les autres contrairement aux allégations de nos opposants qui voudraient faire croire que nous sommes protégés par « les puissants », mécanique complotiste qui a servi dans tant d’autres circonstances. Six de ces prétendus « incidents » sont des inventions pures et simples : collisions imaginaires, riverains mécontents introuvables, chasse arrêtée qui se poursuit…

Les 35 derniers « incidents » ne motiveraient pas même la presse régionale la moins bien intentionnée à l’égard de la vènerie : circulation ralentie, collision avec des animaux – il s’en compte plus de 20 000 chaque année au total sur les routes de France ; les cinq dont nous créditent nos opposants sont du nombre, soit 0,025%. Des biches sont aperçues dans un pré, des cavaliers empruntent une route, un chien s’est égaré. Aussitôt nos opposants imaginatifs y voient le chaos, l’horreur, la barbarie, la colère.

La chasse à courre, c’est le mouvement et le partage. Mouvement de l’animal chassé, de la meute qui le poursuit et des veneurs qui la suivent. Elle est aussi partage des espaces où elle s’exerce dans le respect de la légalité. Le partage exige une tolérance réciproque des veneurs et des non-veneurs. La propagande insidieuse de nos opposants vise à nous rendre intolérables aux non-veneurs en déformant la vérité, quand ce n’est pas en inventant de toute pièce des situations qui ne sont pas advenues. Le vocabulaire employé pour y parvenir est symptomatique : privilège féodal, arrogance, délinquance, chaos, invasion, panique, etc. C’est tout un lexique dont l’emploi ne prétend qu’à nous faire détester ; notre détestation, une nécessité pour leur existence.

Curieusement, dès lors que la vérité de la vènerie est exposée, dès lors qu’avec un intérêt dénué de préjugés – ou en faisant abstraction – on s’intéresse à sa pratique, la sérénité et la tolérance refont surface. Pas un cas sur cent où l’interlocuteur reparte en campant sur une attitude hostile. La vérité de notre pratique repose sur la relation la plus naturelle et la plus respectueuse de l’homme aux animaux, sauvages et domestiques.

Respect, respect des animaux dans leur vraie nature, des non-veneurs dans leur mode de vie et de la vérité dans son exigence : voilà bien les conditions qui assureront à la vènerie un avenir serein, n’en déplaise aux propagateurs de haine qui s’opposent à nous.

« La vérité, vous le savez, c’est ce qui simplifie le monde et non ce qui crée le chaos. »

Antoine de Saint-Exupéry

Lettre ouverte à Marine Tondelier, nouvelle Secrétaire Nationale d’Europe Ecologie Les Verts

Madame la Secrétaire Nationale d’Europe Ecologie Les Verts,

Votre récente élection au Secrétariat National d’Europe Ecologie Les Verts vous donne une place dans l’arène politique qui vous contraint désormais à ne pas tenir des propos que la vérité viendrait contredire ; vous n’avez malheureusement pas manqué de le faire quelques heures seulement après votre élection. Vous avez félicité Karima Delli, membre de votre parti et député européen, d’avoir « dérouté une meute de chiens et sauvé un cerf » en suivant une chasse à courre. Ce faisant, la députée Delli et vous-même, qui l’accompagniez, avez commis un acte répréhensible et n’avez rien sauvé du tout.

Il est en effet illégal de s’opposer par la force à l’exercice d’une activité légalement exercée, et, en l’espèce, d’entraver le bon déroulement d’une chasse. Dans son rapport sur la sécurité à la chasse, la mission sénatoriale de septembre dernier a préconisé la création d’une sanction dans le code pénal pour le délit d’entrave à la chasse, délit qui serait puni de 7500 € d’amende et de six mois de prison. Il est bon que les électeurs qui songeraient à vous apporter leurs suffrages sachent de quel côté de la Loi vous entendez vous placer.

Quant à sauver un cerf, la seule formulation de cette affirmation démontre
votre totale méconnaissance de la gestion de la faune sauvage sur le territoire français.

Depuis les années 1970, la gestion de la faune sauvage, et notamment celle du grand gibier, est soumise à plan de chasse. Le plan de chasse vise à assurer un développement durable des populations de gibier et à préserver leurs habitats en conciliant les intérêts agricoles, sylvicoles et cynégétiques. Depuis son instauration, les populations de grand gibier se sont ainsi considérablement développées sur le territoire national, tout en assurant les conditions de leur cohabitation harmonieuse avec les activités humaines (agriculture, sylviculture, circulation routière, habitat).

En particulier, les effectifs nationaux de cervidés ont été multipliés par quatre en 25 ans, de 1985 à 2010 (chiffres du ministère de la Transition Ecologique) ; ils sont désormais installés dans 83 départements occupant une superficie qui a été multipliée par 2,2 au cours de ces mêmes 25 années (ibid). La question n’est donc pas de « sauver des cerfs » dont la population est prospère mais plutôt de la réguler, afin qu’elle demeure compatible avec les activités humaines sus-évoquées. Dans le cadre du plan de chasse, le cerf que la députée Delli et vous-même avez « sauvé » au mépris de la loi sera prélevé par la chasse à tir.

Vous n’avez rien sauvé du tout.
Vous avez seulement fait du grand spectacle racoleur et démagogique.

Les chasseurs sont les premiers écologistes de France ; ils le font désormais savoir depuis plusieurs années. Les inepties proférées par la députée Delli et saluées par vous-même fournissent une nouvelle démonstration de ce que vous en êtes probablement les derniers.

Nous sommes cependant à votre disposition, Madame la Secrétaire Nationale, pour vous faire visiter le chenil de l’un de nos 390 équipages ; il s’en trouve installés dans toutes les régions de France. Nous vous y présenterons les subtilités de la chasse à courre et la connaissance extraordinaire qu’elle procure des animaux sauvages et domestiques.

Chasse à courre et bien-être animal #3 : la mutation fantasmée du bien-être animal

Dès lors qu’on identifie les animaux aux humains, l’élevage, les zoos et les cirques, la corrida ou la chasse, ne paraissent plus que comme une immense barbarie, sentiment fondé sur le fantasme originel évoqué ci-dessus. On évoque le « bien-être » animal, comme une nécessité absolue, quand le bien-être des humains lui-même s’avère si difficile à satisfaire.

Notons au passage que ces théories nouvelles émergent au sein de populations douillettement installées dans un paisible confort. Pour ces populations, Dieu est mort, Marx est mort, plus de guerre ou de famines (ou si loin), de maladie ou de catastrophe (quoique…) ; dès lors, comme le dit Voltaire dans sa tragédie justement nommée « Le fanatisme » : « Il faut un nouveau culte, il faut de nouveaux fers ; Il faut un nouveau dieu pour l’aveugle univers. » Ce sera l’animalisme.

Pour autant, on ne saurait nier la responsabilité des hommes vis-à-vis du règne animal, qu’il soit domestique ou sauvage, puisque, depuis Descartes, l’Homme tend à se rendre « maître et possesseur de la nature. » Et même si chaque jour démontre que cette maîtrise et cette possession sont loin d’être intégrales, la responsabilité des hommes, pour bien réelle qu’elle soit, n’est pas indifférenciée. Le chien, le rat – désormais nommé « surmulot » (sic) par les animalistes – le crocodile ou le porc ne sont pas tous de la même sorte ; les Hommes n’entretiennent pas le même rapport avec chacun d’eux. L’Homme, « cet être relationnel » comme le définit le Pape François (Parlement européen de Strasbourg – novembre 2014), doit réfléchir à ses connexions aux autres êtres vivants dans leur diversité. Les nécessités de l’alimentation d’une population mondiale dont la croissance galope imposent des règles plus strictes à l’élevage intensif, dans l’objectif premier de garantir notre saine alimentation. La place croissante faite à l’urbanisation nous fait un devoir d’assurer à la faune sauvage des espaces de vie non pas « tranquilles », car la « tranquillité » ne ressort pas de la vie sauvage, mais aussi naturels que possible. Le nombre toujours plus important des animaux de compagnie oblige ceux qui les adoptent à s’engager pour connaître et satisfaire leurs véritables besoins premiers tout le temps de leur vie.

La chasse invite particulièrement à cette réflexion, et la chasse à courre plus encore qui entretient avec les animaux une relation intense. Pour les animaux que chassent les veneurs, leur observation et leur connaissance concourent à la prise et donc à la mort ; c’est l’objectif de la chasse. Pour les chiens, et les chevaux, le soin qui leur est apporté constitue la condition de leur capacité à chasser. L’ambiguïté de ces relations, qui font que la connaissance des uns conduit à leur mort et celle des autres à leur performance, n’est qu’apparente. Car dans cette affaire, l’homme-veneur n’est que le témoin actif d’un phénomène naturel bien antérieur à son existence-même : celui de la prédation.

De l’antispécisme, de la cohabitation des hommes et des animaux, du devoir de préserver la faune sauvage, du bien-être de nos chiens et de nos chevaux, et de la prédation nous reparlerons dans les prochains épisodes de cette chronique.

Un document, intitulé « Vènerie & bien-être animal », réunit les principaux arguments sur ce thème. Il est disponible sur simple demande à agallon@venerie.fr

Dans le procès l’opposant à une militante AVA, le veneur de Compiègne fait appel

Pierre-Antoine Delahaye, piqueux salarié de l’équipage La Futaie des Amis, a décidé de faire appel de la condamnation prononcée contre lui par le tribunal correctionnel de Compiègne le mardi 15 novembre. Cette condamnation faisait suite à la plainte d’une militante du collectif Abolissons la Vènerie Aujourd’hui (AVA), déposée après un « incident » survenu le 13 novembre 2021.

Ce jour-là, le veneur avait croisé la militante en forêt de Compiègne ; l’accusant de l’avoir bousculée avec son cheval, elle avait déposé plainte, deux mois après les faits pour « violences avec arme ». A l’audience, pour autant, elle n’avait pas demandé de dommages-et-intérêts. Il avait été requis contre le veneur une peine d’emprisonnement avec sursis.

Le tribunal a estimé que « les violences avec arme » étaient caractérisées, qualifiant ainsi le cheval d’arme par destination, ce qui est une première. Pierre-Antoine Delahaye a été condamné à une peine d’amende de 1000 € avec sursis.

Le piqueux de La Futaie des Amis, n’ayant pas commis de « violences avec arme », a fait appel de cette décision.

Ce procès constitue pour la Société de Vènerie l’occasion de condamner une nouvelle fois les agissements provocateurs des militants d’AVA en forêt de Compiègne. Si, ce 13 novembre 2021, le cheval du veneur et un des militants se sont croisés, c’est qu’une fois de plus ces derniers s’efforçaient de s’opposer au libre exercice d’une activité légale et réglementée : la chasse à courre. Il y a une certaine ironie à se plaindre de s’être fait bousculer par un cheval quand on veut s’interposer sur son passage. Il y a un certain cynisme à stigmatiser les prétendus désordres qu’occasionnerait la chasse à courre quand on en est les premiers instigateurs.

Ces dernières semaines, l’activisme des militants animalistes a redoublé à Compiègne, au mépris tant des arrêtés préfectoraux qui leur interdisent l’accès à certains secteurs de la forêt les jours de chasse que de leur propre sécurité. S’il n’était ce dernier point, tout cela serait simplement illégal, risible et vain, puisqu’ils ne sont plus qu’une poignée à s’agiter de la sorte contre la vènerie, quand les 389 autres équipages qui chassent à courre dans 70 départements de France le font en totale sérénité et symbiose avec leur environnement.

Dieu se rit des hommes
qui maudissent les effets dont ils chérissent les causes.
Bossuet

Victoire pour la corrida

Ce jeudi 24 novembre après-midi, ils étaient des centaines de milliers d’amoureux de la corrida à retenir leur souffle. L’animaliste Aymeric Caron, député de La France Insoumise, portait devant l’Assemblée nationale une proposition de loi demandant l’abolition de la corrida dans le cadre de la niche parlementaire réservée à son groupe ; ç’aurait pu, tout autant, être la chasse à courre. Il ne s’agit donc pas ici de déterminer si on est « pour » ou « contre » la corrida, mais bien plutôt d’analyser la façon dont nos députés ont accueilli l’idéologie animaliste.

Programmée en deuxième position parmi les propositions du groupe, l’interdiction de la corrida prévalait aux yeux des insoumis sur des sujets plus proches d’enjeux économiques ou sanitaires ; cette « fuite en avant sociétale » fut d’ailleurs dénoncée par le député LR de l’Ain, Xavier Breton. Aux alentours de 17h00, le rapporteur Caron exposa donc les motivations de sa proposition dans une envolée rhétorique soigneusement étudiée pour « fendre l’âme. »

Dominique Faure, secrétaire d’Etat chargée de la ruralité, lui succédait à la tribune pour faire valoir l’avis défavorable du gouvernement. Assurant respecter l’émotion de ceux qui sont « pour » tout autant que de ceux qui sont « contre », elle évoqua la culture ancestrale qui relie chaque territoire à son histoire, précisant que la pratique de la tauromachie n’était autorisée que dans cinquante villes. Surtout, le gouvernement n’entendait pas fracturer le pays en temps de crise, à des fins politiciennes, bien d’autres préoccupations (pouvoir d’achat, énergie, guerre, déserts médicaux) animant légitimement nos concitoyens. Elle vanta les mérites d’une France plurielle, et la nécessité de respecter nos différences en démocratie.

Cette approche nuancée ouvrait la porte à un débat dont plusieurs députés ont regretté qu’il ne se tienne finalement pas car à 17h32, le député Caron, tel un enfant capricieux à qui on refuse un jouet, jeta l’éponge. Il retirait sa proposition de loi. Il en va ainsi du totalitarisme animaliste ; il ne débat pas, il ne concède pas ; il interdit, il sanctionne, il abolit.

Il faut revenir sur les jours qui ont précédé ce 24 novembre, au cours desquels les animalistes ont multiplié les tentatives d’intimidation, envahissant les messageries des députés, menaçant ceux qui ne voteraient pas la proposition abolitioniste. Beaucoup d’élus ont ainsi pris conscience que, bien au-delà de la corrida, c’est à une entreprise de dépossession du patrimoine matériel et immatériel que conviait Aymeric Caron. Dans le JDD du dimanche précédent, 217 élus s’étaient clairement prononcés : « nos traditions doivent résister à l’éco-totalitarisme »

Par son sectarisme radicalisé, le député Caron a fini par convaincre une majorité de députés de voter contre sa proposition. Ainsi que le soulignait Alexis Brézet dans sa chronique sur Europe 1 le matin-même, les afficionados peuvent lui dire merci.

Finalement, la corrida ressort probablement plus forte et plus légitime de cet épisode parlementaire, qui a mis à nu l’intransigeance animaliste, incompatible avec la vie démocratique. La corrida a su aussi faire comprendre ses spécificités, entre autres par la voix d’El Rafi, un jeune torero de 23 ans, dont il faut avoir entendu l’interview sur France Inter, plein d’une flamme et d’un charme auxquels la journaliste Sonia Devillers qui l’interrogeait ne fut pas insensible.

Pour cette fois, les éco-dingos ont perdu et nos élus ont démontré, dans leur grande majorité, leur sagesse et leur sens de la mesure ; mais l’idéologie animaliste n’a pas disparu pour autant. Restons mobilisés sans relâche pour en dénoncer les outrances.

Chasse à courre et bien être animal #2 : la mutation fantasmée du règne animal

Nous avons rompu avec les bêtes réelles, qu’elles soient sauvages ou domestiques. Et, à la place de celles-ci, s’est développé […] un nouveau type de faune, d’où est né un nouveau rapport à l’animalité : les animaux de compagnie, au travers desquels est vu tout le règne animal.  Francis Wolf, philosophe 

Si la question du bien-être animal est devenue un sujet de société, elle le doit essentiellement à des raisons démographiques qui se sont précipitées au cours des dernières décennies : le nombre des ruraux ne cesse de décroitre. Au début du XXème siècle, les deux tiers de la population française vivaient à la campagne ; ils ne sont plus que 19%. Les agriculteurs représentent aujourd’hui 1,5% des actifs. Ils en représentaient encore 7,1% en 1982 (source INSEE). 

C’est dire qu’avec le lien à la vie rurale s’est perdu, chez nos contemporains, une sensibilité aux phénomènes de la nature et à l’altérité animale. Il y a quarante ans, on concevait encore la condition animale dans sa diversité, animaux domestiques (et non de compagnie, on y reviendra), animaux de labeur et faune sauvage, elle-aussi très diverse. Les animaux domestiques avaient une utilité : le chat éloignait rats et souris et le chien gardait les troupeaux. Les animaux de labeur étaient encore ceux de la ferme, qu’on voyait naître, grandir et nourrir les humains sous des formes variées (lait et viande). Et la faune sauvage, dans sa diversité, cohabitait avec les activités humaines. Une grande partie de la population, qui peuplait ou visitait nos campagnes, était le témoin de cette vie animale. C’était il y a quarante ans et même un peu plus. 

A cette vie animale réelle, s’est substituée, dans l’inconscient collectif une vie animale fantasmée. Elle est constituée du bestiaire de Walt Disney, où les oiseaux parlent à Cendrillon et où le lionceau est l’ami du phacochère, et des animaux de compagnie. La compagnie : étymologiquement, ceux avec qui on partage le pain. Cela dit tout de la place prise par ces animaux d’un nouveau type dans la vie de ceux qui les adoptent ; celle d’un compagnon (ce même terme par lequel on identifie désormais son partenaire de vie, autrefois conjoint, mari ou époux). On comprend mieux pourquoi s’y est associé rapidement un anthropomorphisme ravageur, qui conduit à prêter aux animaux « de compagnie » les mêmes besoins et sensations que les humains. Et ainsi à les associer aux besoins des humains, à les humaniser : l’anthropomorphisme sous-jacent prépare ainsi le terrain à l’antispécisme, cette idéologie qui ne distingue pas les animaux des hommes. 

Dès lors qu’on identifie les animaux aux humains, l’élevage, les zoos et les cirques, la corrida ou la chasse, ne paraissent plus que comme une immense barbarie, sentiment fondé sur le fantasme originel évoqué ci-dessus. Les hommes politiques et les « influenceurs » sont sommés de se positionner par rapport à cette question. On évoque le « bien-être » animal, comme une nécessité absolue. Quand le bien-être des humains lui-même s’avère si difficile à satisfaire entre la guerre, les maladies et la soif insatiable d’un « bonheur jamais atteint », quelle définition du bien-être animal pourrait-on donner ?  

A suivre… 

Un document, intitulé « Vènerie & bien-être animal », réunit les principaux arguments sur ce thème. Il est disponible sur simple demande à agallon@venerie.fr

Incohérences animalistes

Le rédacteur de ces lignes s’est récemment trouvé à débattre avec une jeune vétérinaire, une représentante de PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) et Muriel Fusi, co-présidente du parti animaliste et candidate malheureuse à plusieurs élections. Le débat, qui portait spécifiquement sur les chiens de chasse, était conduit par un éducateur canin qui, selon ses dires, ne prenait pas position, mais était totalement ignorant des spécificités des chiens de meute. Ce débat, capturé en vidéo, a duré près d’une heure ce qui a laissé tout le temps aux parties de s’exprimer. Qu’en ressort-il ? 

L’animateur du débat, éducateur canin, exprima tout d’abord l’inquiétude des populations face à une chasse à courre. La meute est-elle dangereuse ? Doit-on craindre pour soi-même ou pour son propre chien ? Il faut sans doute y voir l’effet persistant de la malheureuse affaire Pilarski, survenue en novembre 2019 dans l’Aisne, dans laquelle les chiens de vènerie, un temps suspectés, furent bientôt innocentés. Les veneurs devront longtemps encore expliquer que leurs chiens ne sont pas dangereux. Les présentations de meutes dans les fêtes de la chasse, où les enfants sont conviés au milieu des chiens, contribuent pour une part significative à en faire la démonstration. 

Au premier rang des arguments qui nous sont opposés viennent les conditions de vie des meutes, et notamment leur hébergement : il est aisé d’y répondre par les normes imposées par les services de l’Etat à la construction d’un chenil. Cette contrainte réglementaire était inconnue de mes contradictrices, qui, dans le souci de polémiquer, en furent réduites à s’enquérir de la fréquence des visites de contrôle des services vétérinaires… 

Les unes et les autres se sont également appliquées à multiplier les exemples de chiens maltraités par des chasseurs : la vétérinaire qui les soigne après des blessures de chasse comme les deux militantes animalistes, évoquèrent de nombreux « témoignages de terrain. » Et quand bien même elles allaient chercher leurs exemples jusque dans l’Aude, où on ne chasse pas à courre, tout mauvais traitement de chiens de chasse rejaillit sur l’ensemble de la communauté des chasseurs, veneurs compris. Une seule solution en ce cas, faire écho à leur dénonciation. 

Nous en arrivions donc, peu à peu, à un moment du débat où nos points de vue, nos sentiments et les contraintes réglementaires qui venaient les appuyer auraient pu nous conduire vers une sorte de concorde inattendue. Par affection pour leurs chiens d’abord, par la connaissance aigüe de la relation particulière qui les lie au « meilleur ami de l’homme », et aussi par simple souci d’efficacité (des chiens maltraités ne chassent pas bien), les veneurs prennent le plus grand soin de leurs meutes.  

Cette issue du débat était insatisfaisante pour deux de mes interlocutrices, dont le fond de commerce consiste à ne pas aimer les chasseurs. A bout d’arguments, Muriel Fusi, co-présidente du parti animaliste, dégaina les deux charges qui devaient, à son sens, lui valoir la « victoire » : nous marquions nos chiens au fer rouge et nous les affamions les veilles de chasse, « afin qu’ils chassent mieux » (sic). Muriel Fusi, qui venait de prétendre avoir déjà suivi des chasses à courre, démontrait ainsi le contraire. Au mépris de toute galanterie, je fus contraint de le lui faire remarquer. 

La seule barrière qui se dresse entre les veneurs et les « amis des animaux » est celle de l’idéologie animaliste. Notre souci du chien est fondamentalement le même, mais il serait intolérable pour les animalistes d’en convenir, puisque leur but irraisonné est l’interdiction de la chasse. Continuons donc inlassablement d’y opposer la vérité irréprochable de nos chenils et aimons nos chiens ! 

Regarder le débat

Vènerie & Bien-être animal

Le bien-être animal s’est invité dans le débat de société. Les veneurs refusent d’abandonner cette thématique à la vision doctrinale des écolos ; nous voulons même en faire notre cheval de bataille. Nul mieux que nous ne connait nos chiens, nos chevaux et les animaux que nous chassons ; nous devons faire savoir pourquoi et comment nous respectons concrètement leur condition animale et sommes les meilleurs garants de leur intégrité ; une écologie de terrain, bien loin de la vision fantasmée des « zamis des zanimos ».

Plusieurs aspects seront abordés dans les prochains numéros de la lettre des amis :

  1. Le bien-être animal est devenu une question majeure de la société ; s’en gausser, serait aller à rebours de l’opinion et signer notre exclusion du monde moderne alors que la vènerie s’est toujours attachée à trouver sa place dans son époque.
  2. Le lien homme/animal a été et demeure vital pour l’évolution de l’espèce humaine ; c’est au contact des bêtes et avec elles que l’homme a connu un développement spécifique qui fait de lui une espèce à part. Comme le dit la philosophe Bérénice Levet, « un homme sans contact avec le monde sensible est un homme mutilé ». Il est donc vital de conserver ce lien.
  3. Les activités humaines se sont développées au détriment de la nature sauvage et des animaux qui l’habitent ; il est de la responsabilité patrimoniale de l’homme de conserver des espaces dans lesquels la faune sauvage subsiste à côté des activités humaines.
  4. L’antispécisme est une idéologie iconoclaste qui n’intéresse, sans les convaincre, que les trend-setters de tout poil qui ne voudraient surtout pas être en retard d’une mode ; de plus en plus de penseurs du monde contemporain en dénoncent les dérives, les incohérences et les dangers.
  5. C’est avec chiens – et chevaux pour certains – que les veneurs chassent des animaux sauvages. Il nous faudra expliquer comment et pourquoi la vie que les veneurs offrent aux uns et aux autres est une belle vie, pourquoi un chien est plus heureux lorsqu’il court en forêt, serait-ce pour y rencontrer les dangers propres au noble déduit, que dans le confort douillet des canapés d’un salon, interrompu seulement pour un petit tour en laisse sur des trottoirs citadins.

Nous démontrerons pourquoi les veneurs sont les vrais amis des animaux, en ceci que nous respectons leur vraie nature. Nous expliquerons notre fascination pour la ruse des animaux que nous chassons, qui constitue notre principale motivation à les chasser, bien loin de l’obsession morbide que nos détracteurs voudraient nous prêter. Nous dirons aussi notre admiration pour l’intelligence de nos chiens et la vigueur de nos chevaux. Nous dirons notre amour de la vraie nature, que tout néophyte perçoit dès sa première rencontre avec la chasse à courre.

C’est à ce programme que nous vous convions dans les prochains numéros de la lettre des amis. Un document a été rédigé pour synthétiser cette argumentation. Il est disponible sur simple demande à communication@venerie.fr

Le paradoxe des insoumis

Les veneurs seraient bien inspirés de s’intéresser de près au sort qui est fait à la corrida par l’antispéciste Aymeric Caron, député de La France Insoumise. Cette France Insoumise qui a également mis à son programme l’interdiction de la chasse à courre. On notera avec étonnement l’équivoque de nos hérauts autoproclamés du refus de la soumission : tout insoumis qu’ils soient, ils entendent bien cependant soumettre leurs contemporains à la somme de leurs interdictions, trop longue pour être énumérée dans ces lignes. Il y aurait donc la bonne soumission et la mauvaise… 

Or donc, le scenario caroniste se déploie en trois phases. 

Première phase, le député Caron consulte les associations sur la corrida : Fondation Brigitte Bardot et L214. C’est un peu comme demander à un végan son avis sur le goût de la côte de bœuf : ça oriente relativement la réponse. 

Deuxième phase, des spots TV fleurissent dans lesquels des « experts » soigneusement mis en scène dénoncent la pratique de la corrida. Qui finance cette campagne publicitaire ? Ce serait pure malveillance que d’imaginer les associations susmentionnées… La corrida arrive insidieusement sur le devant de la scène médiatique, et les chaînes de télé et radio organisent des débats pour ou contre la corrida. 

Troisième phase, le terrain est désormais favorable pour présenter la proposition de loi au bureau de l’Assemblée nationale. Aymeric Caron annonce qu’elle a été sélectionnée pour figurer dans la niche parlementaire de La France Insoumise le 24 novembre prochain. Elle sera donc débattue devant l’ensemble des députés avec tous les risques inerrants. 

Il ne nous appartient pas ici de défendre la corrida ; les afficionados sont les mieux à même de le faire. Quelques constats communs à la défense de nos passions respectives méritent cependant d’être partagés avec le plus grand nombre de veneurs et les aficionados – même si nous ne doutons pas que ces derniers soient arrivés à ces mêmes conclusions depuis longtemps. 

On ne peut pas en appeler à la tradition pour défendre nos pratiques ; il y serait trop aisément répondu par la nécessaire évolution des mœurs que « la société exige ». Et on ne va pas aux arènes, à la chasse, à la messe ou au stade de foot « par tradition » mais pour des raisons plus profondes et plus puissantes qu’il faut savoir décrire sans hésitation, avec fierté, précision et pédagogie. 

La question du bien-être animal ne peut plus être ignorée par quiconque. Elle se pose tout particulièrement dans nos sociétés développées ; la conséquence de leur développement est de nous avoir déconnectés des animaux et de poser ainsi des questions nouvelles. Ce bien-être animal s’entend certes différemment pour les animaux de compagnie, les animaux de production et la faune sauvage mais ceux de nos contemporains qui ont affaire avec le monde animal se doivent d’expliquer comment ils y satisfont, en toute transparence : toreros, veneurs, zoos, cirques, éleveurs, etc. 

C’est en tout cas ce à quoi s’est préparée la vènerie avant les échéances électorales de cette année. Il faut apporter aux élus de la Nation les réponses claires que nous donnons à la question du bien-être animal dans la pratique de la chasse à courre. Bien-être de nos chiens et de nos chevaux, bien sûr, mais bien-être des animaux que nous chassons aussi. Une chronique est désormais consacrée à la question dans la revue Vènerie depuis son numéro 226 (pages 103 & 104). Une brochure a été éditée sur ce thème par la Société de Vènerie ; elle est disponible sur simple demande à agallon@venerie.fr  

Il est à craindre que la chasse à courre soit l’une des prochaines activités auxquelles les « belles âmes » s’attaqueront. Nous savons qui, nous savons comment ; seule la date nous manque. Les veneurs doivent se préparer à répondre à ces attaques infondées par des arguments fondés ; substituer à la dictature de l’émotion les vérités de la raison. 

NB : on apprend tout récemment que la pétition pour l’interdiction du déterrage des blaireaux vient d’atteindre, dans le délai de six mois, les 100 000 signatures nécessaires pour que la conférence des présidents du Sénat puisse décider d’y donner suite. A suivre, donc ! 

Aux urnes, veneurs !

Les veneurs, c’est bien connu, ne font pas de politique. Mieux ! peu leur importent les options politiques de ceux avec qui ils chassent ; seule une passion commune pour le noble déduit les réunit. Cependant, force est d’admettre qu’en cette année électorale, les veneurs sont enjoints de faire des choix politiques. Le bien-être animal a été convoqué au tribunal politico-médiatique par des experts autoproclamés, plus soucieux de s’octroyer des brevets de vertu animalière que de comprendre véritablement les enjeux du sujet. N’en rions pas, car ça marche ! Ces « zamidézanimos » font recette auprès d’électeurs désorientés pour qui la « cause animale » devient le dernier refuge de convictions politiques ébranlées par les transformations de la société et de la démocratie mondialisée.

Les Français se montrent plutôt favorables à un encadrement plus sévère de la chasse voire à son interdiction. Selon un sondage IFOP de 2021, près de 6 personnes interrogées sur 10 se prononcent en faveur de toutes les propositions de mesures restrictives à son exercice. L’enquête du même institut en partenariat avec le JDD, montrait en 2021 que 77% des Français se disent favorables à l’interdiction de la vènerie et 69% à l’interdiction de la chasse le week-end et pendant les vacances scolaires.

Cette situation est la résultante de plusieurs phénomènes. Nos contemporains méconnaissent voire ignorent tout de la chasse en générale et de la vènerie en particulier ; les clichés ressassés par nos opposants les influencent. La chasse est aussi victime d’une surexposition médiatique : celle des accidents mortels, réels et dramatiques mais très rares, et celle aussi du moindre incident de chasse à courre, surexploité quand il n’est pas inventé de toute pièce par nos opposants. Enfin, nous donnons la mort dans un monde qui la nie et caresse le rêve illusoire de s’en affranchir.

Notre tâche, dans ce contexte peu favorable, est triple. Tout d’abord prendre le contre-pied des attaques mensongères et des calomnies de toute nature qui sont propagées à notre encontre ; comme le dit fort justement Willy Schraen, président de la Fédération Nationale des Chasseurs, « la chasse n’a pas besoin d’être défendue, elle a besoin d’être expliquée. » Ensuite, nous devons tendre vers l’exemplarité ; les comportements dénués d’éthique ne sont plus défendables et compromettent lourdement notre légitimité. Enfin, voter.

Dans une démocratie comme la nôtre, des mesures « définitives » qui devraient toucher la chasse en général et la vènerie en particulier ne seraient pas le fait d’un ministre de l’écologie doctrinaire comme on a pu en connaître récemment encore. C’est le Parlement qui serait amené à se prononcer, députés et sénateurs. Si le fort ancrage local de nos sénateurs les protège de la propagande animaliste par une véritable connaissance des enjeux de la ruralité, il n’en va pas toujours de même de leurs collègues de l’Assemblée nationale. Récemment élus, parfois sans lien direct avec la vie de circonscription, ils ne connaissent de la chasse que ce que l’opinion « main stream » leur en dit, et qui ne nous est guère favorable.

En votant pour les élections législatives les 12 et 19 juin, les veneurs feront aussi le choix des députés qui décideront de l’avenir de leur passion ; certains partis se sont clairement prononcés contre elle. Avec l’ensemble des chasseurs, nous devons peser pour faire entendre la vérité de la ruralité, bien différente des poncifs animalistes.

Aux urnes, veneurs !

Tentative de s’approprier l’écologie : EELV a échoué

S’il est un sujet de satisfaction que les veneurs, et plus largement les chasseurs, ont partagé à l’occasion des élections présidentielles, c’est bien la défaite cuisante du représentant d’Europe Ecologie Les Verts. Avec 3,34% des électeurs inscrits (et 4,63% des votants), Yannick Jadot a démontré que ses gesticulations écolo-démagogiques n’avaient pas convaincu. La complaisance des médias à l’égard de ses incantations verbeuses comme son rapide passage à la manifestation organisée par AVA à Compiègne huit jours avant le premier tour pour racoler quelques suffrages sur le dos de la chasse à courre auront été vains ; et pour cause : les « populations en colère » que Stan-la-moustache appelle, à longueur de temps, à se lever contre la tyrannie de la vènerie n’existent, en réalité, que dans sa logorrhée fiévreuse.

Soyons clair, la défaite de Jadot ne signe pas l’adhésion enthousiaste des Français à la chasse en général ni à la vènerie en particulier. Mais l’écologie, la vraie, transcende les partis et les dirigeants de notre pays auront tout intérêt à l’intégrer dans leur futur gouvernement de façon moins doctrinaire que ce que voudrait imposer le diktat des khmers verts. A l’instar de Georges Clémenceau qui prétendait que « la guerre est une chose trop grave pour la confier à des militaires », on pourrait affirmer que l’écologie est une question trop grave pour être confiée aux écologistes.

Oui, la pollution comme la condition animale sont des préoccupations légitimes du début du XXIème siècle. L’une et l’autre engagent la responsabilité de l’homme et son avenir. Mais vouloir se les approprier à grands coups d’interdictions scandées sur fond d’une rhétorique catastrophiste est une supercherie. Nos escrologues ne sont pas experts en climatologie, une science complexe dont les analyses s’ajustent en permanence aux constats. Ils n’en connaissent pas plus sur la condition animale, qu’ils embrassent dans des généralités moralisantes bien loin de la réalité de la vie animale. Sur l’écologie, les « partis de gouvernement » devront prendre l’avis de ceux qui connaissent vraiment ces sujets. Les chasseurs et les veneurs sont du nombre.

Emmanuel Macron en campagne l’avait bien compris, qui a écrit aux présidents des Fédérations Départementales de la Chasse un courrier comprenant une somme d’engagements très forts (il est reproduit dans cette lettre des amis). Formons des vœux pour que ces engagements se traduisent dans la réalité de l’action présidentielle au cours de son nouveau mandat !

Les veneurs, de leur côté, sont conscients de la nécessité de faire mieux comprendre la chasse à courre aux élus de l’Assemblée nationale qui sortiront des urnes le mois prochain. La question de la condition animale sera au cœur de notre argumentation. Nous connaissons mieux que quiconque nos chiens, nos chevaux et les animaux que nous chassons ; nous ferons savoir pourquoi et comment nous respectons concrètement leur condition animale ; une écologie de terrain, bien loin de la vision fantasmée des « zamis des zanimos ». C’est à une extension du domaine de la lutte d’un nouveau genre que les veneurs sont invités ; chacun de nous doit en prendre sa part.

A suivre…