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Tentative de s’approprier l’écologie : EELV a échoué

S’il est un sujet de satisfaction que les veneurs, et plus largement les chasseurs, ont partagé à l’occasion des élections présidentielles, c’est bien la défaite cuisante du représentant d’Europe Ecologie Les Verts. Avec 3,34% des électeurs inscrits (et 4,63% des votants), Yannick Jadot a démontré que ses gesticulations écolo-démagogiques n’avaient pas convaincu. La complaisance des médias à l’égard de ses incantations verbeuses comme son rapide passage à la manifestation organisée par AVA à Compiègne huit jours avant le premier tour pour racoler quelques suffrages sur le dos de la chasse à courre auront été vains ; et pour cause : les « populations en colère » que Stan-la-moustache appelle, à longueur de temps, à se lever contre la tyrannie de la vènerie n’existent, en réalité, que dans sa logorrhée fiévreuse.

Soyons clair, la défaite de Jadot ne signe pas l’adhésion enthousiaste des Français à la chasse en général ni à la vènerie en particulier. Mais l’écologie, la vraie, transcende les partis et les dirigeants de notre pays auront tout intérêt à l’intégrer dans leur futur gouvernement de façon moins doctrinaire que ce que voudrait imposer le diktat des khmers verts. A l’instar de Georges Clémenceau qui prétendait que « la guerre est une chose trop grave pour la confier à des militaires », on pourrait affirmer que l’écologie est une question trop grave pour être confiée aux écologistes.

Oui, la pollution comme la condition animale sont des préoccupations légitimes du début du XXIème siècle. L’une et l’autre engagent la responsabilité de l’homme et son avenir. Mais vouloir se les approprier à grands coups d’interdictions scandées sur fond d’une rhétorique catastrophiste est une supercherie. Nos escrologues ne sont pas experts en climatologie, une science complexe dont les analyses s’ajustent en permanence aux constats. Ils n’en connaissent pas plus sur la condition animale, qu’ils embrassent dans des généralités moralisantes bien loin de la réalité de la vie animale. Sur l’écologie, les « partis de gouvernement » devront prendre l’avis de ceux qui connaissent vraiment ces sujets. Les chasseurs et les veneurs sont du nombre.

Emmanuel Macron en campagne l’avait bien compris, qui a écrit aux présidents des Fédérations Départementales de la Chasse un courrier comprenant une somme d’engagements très forts (il est reproduit dans cette lettre des amis). Formons des vœux pour que ces engagements se traduisent dans la réalité de l’action présidentielle au cours de son nouveau mandat !

Les veneurs, de leur côté, sont conscients de la nécessité de faire mieux comprendre la chasse à courre aux élus de l’Assemblée nationale qui sortiront des urnes le mois prochain. La question de la condition animale sera au cœur de notre argumentation. Nous connaissons mieux que quiconque nos chiens, nos chevaux et les animaux que nous chassons ; nous ferons savoir pourquoi et comment nous respectons concrètement leur condition animale ; une écologie de terrain, bien loin de la vision fantasmée des « zamis des zanimos ». C’est à une extension du domaine de la lutte d’un nouveau genre que les veneurs sont invités ; chacun de nous doit en prendre sa part.

A suivre…

Bilan de fin de saison 2021-2022

Face à des échéances électorales importantes, la vènerie affirme sa vitalité et son adaptation aux exigences du monde moderne.

Une vènerie toujours pleine de vitalité

Dix nouveaux équipages ont été créés cette saison : deux chassent le chevreuil, quatre le lièvre, trois le renard et un le sanglier. Ils témoignent de la vitalité de la vènerie dans toutes les régions de France. Disposant de territoires bien identifiés, nos nouveaux-venus ont effectué leur première saison en parfaite harmonie avec les riverains et les autres chasseurs, à l’instar des 380 autres équipages. Les « engagements des veneurs », précisés l’année passée, attestent de notre détermination à nous adapter aux exigences du monde moderne : partage harmonieux de l’espace rural, respect de la biodiversité et des animaux chassés, soin de nos 30 000 chiens de vènerie et 8 000 chevaux de chasse, et volonté de transmettre ce patrimoine vivant que représente la vènerie.

Une opposition en perte de vitesse

Sur le front de l’opposition à la chasse à courre, la mobilisation n’y est plus. Seuls deux groupuscules anti-chasse résistent encore, en Picardie et dans les Yvelines, s’obstinant à perturber les chasses de cinq équipages (sur 390). Ceux qui ambitionnaient de voir leur combat dérisoire devenir une cause nationale, à grands renforts de manipulations et de sondages biaisés, connaissent départs et divisions. La cause anti-chasse est devenu un business et l’attribution des subsides des associations qui les soutiennent attise les convoitises et favorise les scissions. Les transfuges, de plus en plus nombreux, en témoignent. Citons ainsi Alexis Barbier, trop longtemps connu, dans quelques massifs forestiers, pour des actions « coup de poing » et qui, au cours de la saison écoulée, a « tout déballé » sur les procédés de nos opposants. Un coup dur pour ces mouvements désertés par ceux qui avaient d’abord cru leur propagande.

Elections présidentielles et législatives

Les élections présidentielles auront vu la condition animale apparaître timidement dans le débat. Quelques rares candidats ou leurs porte-paroles ont cru cependant opportun de s’attaquer à la chasse à courre, une prétendue « cruauté » de notre mode de chasse constituant leur unique argument. Seule la candidate Lutte Ouvrière a stigmatisé les « riches oisifs en mal de distraction » qui la pratiqueraient, démontrant par là-même sa faible connaissance du sujet. Redisons-le toujours, la chasse à courre n’est pas cruelle, elle est naturelle. Il est naturel que des animaux sauvages fuient leurs prédateurs ; ils ont, pour ce faire, développé depuis la nuit des temps des capacités physiques et sensorielles extraordinaires qui leur permettent d’échapper à nos chiens trois fois sur quatre.

Nos priorités : expliquer la chasse à courre et former les veneurs

Expliquer la vènerie, c’est la faire mieux comprendre et accepter de nos contemporains. Cette volonté d’expliquer a déjà porté ses fruits chez nos élus, interpelés par les veneurs dans les 70 départements où la chasse à courre est pratiquée. Elle sera, bien sûr, poursuivie auprès des députés qui constitueront la nouvelle Assemblée nationale, issue des urnes en juin prochain.

C’est aussi le grand public qui doit être informé. Pour ce faire, des vidéos sont diffusées régulièrement sur les réseaux sociaux pour expliquer la vènerie, loin des idées reçues et des interprétations calomnieuses que tentent d’en donner nos opposants.

La société contemporaine est aussi en attente d’expertise de la part des pratiquants de notre sport. Nous gérons des meutes de chiens et des chevaux ; il nous faut démontrer notre capacité à les bien traiter dans l’exercice de notre activité. L’intersaison qui démarre procurera l’occasion, pour tout veneur, d’améliorer sa connaissance de ses chiens comme de ses chevaux. Un programme de formations important est proposé : une douzaine de rendez-vous entre avril et septembre. Ces formations sont présentées dans une brochure disponible sur simple demande.

Retraite et mystères

La dernière retraite de la saison a été sonnée dans tous nos équipages. Retraite prise ou retraite manquée, elle nous laisse cependant toute l’intersaison pour méditer sur les bonheurs d’être veneur et les interrogations dans lesquelles nous plonge chaque chasse. Si Socrate avait fait du questionnement la base de la philosophie, à coup sûr, les veneurs sont de grands philosophes. Après lui, Louis de la Bastide interrogeait, dans son ouvrage de référence : « Pourquoi j’ai manqué mon cerf ? Pourquoi j’ai manqué mon chevreuil ? »

Certes, si le questionnement est plus obsédant par retraite manquée, les mystères de la nature n’en sont pas moins profonds par retraite prise. Cette confrontation du veneur et de sa meute avec l’animal sauvage est mystère, et la victoire du veneur, victoire provisoire comme il ne l’oublie jamais, n’écarte en rien la magie de la rencontre entre les chiens de vènerie et l’animal de meute.

Car la confrontation elle-même est mystère. D’où viennent ces capacités olfactives hors du commun qui permettent à un chien de vènerie d’emmener une voie en forlonger d’une heure sur un sanglier ou un cerf ? Pourquoi les chiens se rallient-ils lorsque l’un d’eux a retrouvé la voie et négligent-ils l’appel d’un autre sur un change ? D’où vient que les animaux chassés possèdent, dès le plus jeune âge, cette capacité à ruser pour échapper à la meute ? Comment leur est enseignée l’idée de se harder, de ruser à l’eau, de faire hourvari, de livrer le change ou de se forlonger ? Cette part de ce qu’il faut bien appeler l’inné est renforcée par l’expérience, et plus d’un veneur a pu constater qu’un animal qui a déjà été couru n’en devient que plus difficile à prendre, tant les acquis de l’expérience ont enrichi sa capacité à échapper à la meute.

Mais les ruses de l’animal n’expliquent pas seules les difficultés des veneurs, qui ne sont pas tous égaux face à l’animal sauvage. Si le marquis de Chambray s’acquit une réputation exceptionnelle en sonnant 97 hallalis au cours de 97 chasses consécutives, du 4 janvier 1907 au 23 octobre 1909, les veneurs d’aujourd’hui ne sauraient prétendre à un tel palmarès. L’élevage de sa meute, la connaissance du caractère de chacun de ses chiens, la maîtrise des territoires chassés, contribuent tout autant, si ce n’est plus, au succès du veneur que son intuition des ruses de l’animal.

Dans son désormais ouvrage de référence*, Charles Stépanoff écrit : « Il faut que la chasse puisse échouer, infligeant à l’homme l’expérience – aujourd’hui rare – des limites de sa domination. Conceptuellement, la chasse implique nécessairement une altérité qui résiste. »

Cette altérité dont il tente de triompher constitue pour le veneur le perpétuel défi, le perpétuel mystère, celui dont, à chaque retraite, qu’elle soit prise ou manqué, il est tout entier habité. La vènerie n’est pas un jeu, ni un loisir. Le marquis d’Onsembray et, plus tard, Monique de Rothschild affirmaient que la vènerie est un art. Comme tel, il a, lui-aussi, sa part de mystère, questionné sans fin.

* « L’animal et la mort » aux Editions La Découverte

Interdire la chasse le week-end : perversité, ignorance, ou démagogie ?

Le dramatique accident de chasse du week-end dernier place la chasse au cœur de l’actualité électorale. Parmi les propositions programmatiques de l’élection présidentielle, l’interdiction de la chasse à courre figure au catalogue de certains candidats ; raccourci commode pour adopter, à moindre risque, la posture du candidat préoccupé de la condition animale, aux yeux d’une opinion dont 99% n’a jamais assisté à une chasse à courre.

Plus perverse est la proposition, portée par deux candidats, d’interdire la chasse le week-end et durant les vacances scolaires. Mettre en application une telle mesure, c’est refuser la pratique de la chasse à tous ceux qui travaillent et/ou étudient ; c’est donc la limiter aux inactifs, retraités, et la condamner, à brève échéance, à disparaître, faute de transmission. Habile et pervers, donc !

La motivation de cette proposition ne laisse pas d’interroger sur le degré d’ignorance de ses concepteurs : laisser la nature à la disposition des promeneurs durant les week-ends. C’est oublier un peu vite que la « nature » n’est pas un vaste espace ouvert à tous où chacun serait libre de déambuler à sa guise. Pour les terres cultivées, c’est à peu près clair, même pour les plus urbains de nos contemporains : la terre agricole est exploitée par des individus nommés agriculteurs, qui en sont propriétaires ou locataires. Mais pour les forêts, elles devraient constituer, pour une opinion peu informée, un terrain de jeu ouvert à tous : chasseurs, quittez les bois le week-end afin que nous nous y promenions librement ! Et de se prévaloir d’un droit à la nature, du besoin d’oxygéner des bronches encrassées de gaz carbonique, de la nécessité de faire découvrir aux plus jeunes la biodiversité, de cueillir champignons et ramasser châtaignes, bref, de faire son petit marché forestier dans un moderne jardin d’Eden.

Mais voilà, depuis qu’Eve a croqué la pomme, on a perdu la clef du jardin d’Eden. 75% de la forêt française est privée et qui souhaite se balader en forêt le fait probablement sur la propriété de quelqu’un : la propriété privée, par opposition à ce qui est public, n’est accessible qu’aux ayants droit.

Pour les 25% de forêts publiques, domaniales ou communales, elles sont ouvertes à tous, suivant des règles précises, comme pour un musée ou un jardin public. Ces règles sont nécessitées par la bonne gestion de la forêt, qu’on appelle sylviculture. Et la sylviculture nécessite une gestion de la faune sauvage, d’où la priorité donnée aux chasseurs, qui accomplissent une mission de service public, durant certains jours de la saison de chasse.

Ne souriez pas, amis chasseurs ! Ce qui vous semble être une évidence est totalement méconnu de candidats aux plus hautes fonctions de l’Etat ; d’où ces explications, en espérant qu’ils lisent la lettre des amis de la vènerie (lol). A moins qu’ils ne le sachent déjà et que cela procède d’une pure démagogie ; mais cette hypothèse, le rédacteur de ces lignes se refuse à y croire.

Alors, l’interdiction de la chasse le week-end, ignorance, perversité ou démagogie ? un peu des trois, bien sûr ! Votez bien !

Après les Fêtes, gueule de bois pour nos opposants

Dur-dur de prétendre animer la contestation contre la chasse à courre en ce début d’année 2022. Qu’on en juge par trois anecdotes récentes.

Tout commence autour de Noël. Dans une vidéo-confession troublante, Alexis B., qui avait conduit la lutte en Normandie et plus récemment dans les Yvelines, reconnaît que tout, dans sa démarche, n’était que mensonges et manipulations. Servi par de réelles qualités équestres, Alexis avait fortement perturbé le déroulement des chasses en Eawy la saison passée, avant de sévir plus récemment à Rambouillet. Il avoue avoir tout inventé pour tenter de mobiliser des partisans.

Deuxième étape à Beauvais (Oise), ce mercredi 12 janvier, de ce qui ressemble bien à un chemin de croix pour nos opposants. Stan-la-moustache a décidé d’organiser à 10h00 une manifestation-monstre devant la préfecture. Il entend influer ainsi sur les débats de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage qui doit se réunir l’après-midi même. Au cours de ces réunions planifiées dans chaque département, le Préfet prend avis des acteurs de la ruralité (agriculteurs, forestiers, chasseurs) pour orienter ses décisions en matière de gestion de la faune sauvage. Complaisamment relayée par quelques journalistes locaux, cette manifestation doit faire connaître l’exaspération d’une population majoritairement désorientée, apeurée, exaspérée, martyrisée, révoltée, par la chasse à courre. Peu après 10h00, 21 personnes sont « massées » devant les grilles de la préfecture. Parmi elles, on compte deux enfants (l’embrigadement animalisto-gauchiste débute dès le plus jeune âge en Picardie), dix militants du parti animaliste, dont la présence dans cette période préélectorale s’apparente à une obligation professionnelle, et deux journalistes d’un hebdomadaire régional. Si l’on retire Stanounet et sa compagne, ce sont donc cinq riverains des forêts de l’Oise qui sont venus exprimer la colère populaire contre la tyrannie des privilèges de la chasse à courre. Quelque chose me dit que, même à la préfecture de l’Oise, on a dû rire de ces loufoqueries.

Enfin, troisième étape de notre tour de France de l’opposition à la chasse à courre, Tours (Indre et Loire), ce jeudi 13 janvier. L’Effet Chimpanzé, une société de production confidentielle, projette dans une salle de cinéma un film sur la chasse à courre « fruit d’un long travail de recherche, fait avec l’aide et le soutien de nombreuses personnes. » A l’entrée de la salle, à côté d’un stand AVA, un panneau interpelle le visiteur : « chasse à court (sic), faut-il l’abolir ? » Un pressentiment te laisse à penser que la réponse est oui. Là encore, un généreux soutien de la presse locale a abondamment fait connaître ce rassemblement de la contestation citoyenne. A l’heure où le rideau se lève sur le documentaire de l’Effet Chimpanzé, ils sont 15 spectateurs dans la salle, dont les 5 militants d’AVA Touraine et leurs familles. Le sens du devoir a conduit dans cette salle obscure un représentant des chasseurs pour tenter d’apporter la contradiction à cet entre-soi douillet ; nous lui exprimons toute notre admiration pour son abnégation.

Voilà donc ce que sont les effectifs des populations sensément en colère : une poignée de fanatiques endoctrinés, réfractaires à toute argumentation factuelle qui voudraient abattre une chasse pluriséculaire, laquelle réunit, au moindre de ses rendez-vous, plus de sympathisants que n’importe lequel de leurs rassemblements. Comme le disait Philippe Dulac, président d’honneur de la Société de Vènerie, « notre cause est juste », et pas celle de nos opposants. Cela ne présume en rien de l’obstination de leurs leaders qui trouvent dans leur agitation une raison d’exister ; cela ne dit pas que le combat va cesser. Mais cela dit que nous devons nous battre car nous le gagnerons.

« L’animal et la mort » : il faut lire Charles Stépanoff

Il faut lire « L’animal et la mort », le récent ouvrage de Charles Stépanoff paru aux éditions de La Découverte, qui vient d’être couronné, par le premier prix de l’essai France Culture-Arte. Durant deux années, cet anthropologue, bien connu des lecteurs de la revue Vènerie qui lui aura ouvert ses pages durant toute l’année 2021, a mené une enquête « immersive » sur le terrain de la chasse.

Tout d’abord, il note combien nos contemporains ont « atteint individuellement un degré de sensibilité et d’intolérance à la violence sans précédent, alors même que nous appartenons collectivement à un Occident dont la formidable violence destructrice est sans égale dans l’histoire de la vie. » Il nous livre une analyse passionnante de la relation de l’homme du XXIème siècle aux animaux. Il distingue l’animal-matière (animal de rente) de l’animal-enfant (l’animal de compagnie, intégré à la famille et privé de vie sociale et sexuelle avec ses congénères). Nos contemporains sont tiraillés par une véritable « déchirure morale » entre les nécessités vivrières de l’exploitation productiviste et les relations morales et de protection qu’ils souhaitent étendre aux animaux de compagnie.

Pour Charles Stépanoff, la chasse entre en contradiction avec ce dualisme exploitation-protection. Il considère la chasse et les chasseurs avec la curiosité de l’intellectuel attaché aux savoirs de l’homme. « A l’heure où nous sommes de plus en plus nombreux à nous interroger sur la viabilité et le sens de nos modes de vie face aux désastres qui s’annoncent, il serait sage d’accorder aux formes minoritaires de rapports au vivant curiosité et observation attentive… » Il décrit la chasse comme « un acte volontaire de confrontation de l’humain avec un animal sauvage capable de lui résister… Il faut que la chasse puisse échouer, infligeant à l’homme l’expérience – aujourd’hui rare – des limites de sa domination. » Il voit à travers la remise en cause de la chasse un des nombreux témoignages de « l’effilochement rapide du tissu des relations entre les hommes et les autres vivants. »

Pour ce qui est de la vènerie, il considère qu’elle « se heurte frontalement à la cosmologie moderne : en introduisant au cœur du monde sauvage une tradition culturelle avec costumes, fanfares et cérémonies, elle contrevient à la séparation entre nature et culture. » Le veneur serait tenté de dire qu’elle y contrevient avec bonheur, pour mieux démontrer combien nature et culture sont imbriquées, combien notre culture est imprégnée de la nature dans laquelle elle s’est développée.

Signalons aussi la qualité de son analyse sur l’opposition à la chasse à courre plus complexe que le raccourci qui en est communément donné et qu’il résume comme un « nouveau type de lutte géo-sociale et cosmique entre des milieux intellectuels et des milieux populaires. »

On l’aura compris, Charles Stépanoff illustre à merveille la capacité des intellectuels à poser sur des situations de tension le calme et la distanciation de l’analyse documentée et fondée sur une riche connaissance des cultures dans leur diversité et leurs ressemblances. Il sait nommer les situations et caractériser l’état d’esprit de nos contemporains vis-à-vis d’un monde animal qui leur est de plus en plus étranger dans son authenticité.

Ce faisant, il contribue aussi à donner aux chasseurs une explication des ressorts de leur passion qui en alimente le partage avec leurs contemporains. Trop souvent, nous autres veneurs éprouvons des difficultés à expliciter les raisons de notre attrait pour la chasse. Le chemin du cœur au cerveau, i.e. de la passion à son explication, est jonché d’embuches. Sachons donc nous approprier les riches analyses contenues dans le livre de Charles Stépanoff pour toujours plus et mieux expliquer à nos contemporains pourquoi nous chassons.

Joyeuses Saint Hubert !

Depuis les derniers jours d’octobre et jusqu’à la fin novembre, partout en France, des hommes et des femmes se seront retrouvés par centaines pour célébrer Saint Hubert, le patron des chasseurs. Au total, ce sont sans doute plus de 100 000 personnes qui auront communié dans le souvenir de ce veneur passionné, avec l’intérêt constant des médias locaux, et c’est déjà beaucoup.

Ces rassemblements qui débutent invariablement par une messe sont une curiosité à l’heure où elles sont de moins en moins fréquentées. Et pourtant, la fête de Saint Hubert est le jour de prédilection pour de nombreux amis, riverains, élus, responsables de terrain, qui viennent assister à la messe de Saint Hubert, à la chasse, et, lorsque tout se passe au mieux, à la curée. Ce rassemblement autour d’une journée particulière dit beaucoup de l’attachement de nos contemporains à notre mode de chasse et à ses fastes : trompes, tenues, chiens et aussi chevaux pour certains de nos équipages. On connaît même des gens qui organisent leurs vacances pour assister à la Saint Hubert de tel ou tel équipage. Et il faut être entré en procession dans une église bourrée à craquer d’un public attentif et y avoir écouté résonner les trompes pour être véritablement saisi du bel enthousiasme qui anime l’assistance. L’enthousiasme, un autre mot pour l’inspiration.

Mais derrière la beauté de ces instants, quelles sont les réelles motivations de ce si nombreux public ? Quelle inspiration y trouve-t-il ? Revenons un instant à Saint Hubert, ou plutôt à Hubert (656-727), pas encore saint ni même évêque de Liège. On sait de lui qu’il était un chasseur acharné qui « en poursuivant le gibier à la trace » le « forçait sous l’élan des chevaux ». Il en eut un jour la révélation de sa foi qui le conduisit à « dire au courre un méprisant adieu » et à consacrer sa vie à Dieu, ce qui lui vaudra d’être canonisé.

Tous les veneurs n’aspirent pas à la sainteté et tous n’abandonneront pas les plaisirs du noble déduit pour la mission sacerdotale. Mais, pour autant, cela ne signifie pas que la quête mystique qui anima Hubert de Liège soit étrangère aux veneurs du XXIème siècle. Lorsqu’aux côtés de leurs chiens de meute, ils tentent de déjouer les ruses des animaux qu’ils chassent, c’est à une communion avec un autre monde à laquelle les veneurs sont conviés : le monde sauvage, celui que l’Homme n’a pas domestiqué, et dont il n’a pas percé les mystères. Cette « altérité qui lui résiste » selon les termes de l’anthropologue Charles Stépanoff dans son dernier ouvrage paru aux éditions de La Découverte : L’animal et la mort. Et dès lors la prise prend tout son sens : le moment où le veneur servant ses chiens réussit à pénétrer ces mystères, à entrer pour un court instant en relation/communion avec cette altérité. La victoire est éphémère ; chaque chasse la remet en question. Cela enseigne au veneur la modestie de sa condition face aux mystères de la nature, et le respect des animaux qu’il chasse et de leur pouvoir.

Alors amis, riverains, élus, attachés à nos forêts et à nos campagnes, continuez de prendre part aux Saint Hubert de nos équipages. Votre présence dit votre curiosité, finalement très moderne, pour cette rencontre avec un autre monde, le monde sauvage, que les veneurs n’aspirent surtout pas à domestiquer mais dont ils cherchent inlassablement à percer les mystères.

L’équipage du Verney aux Fées obtient gain de cause devant la Justice

On a coutume de dire que le temps judiciaire n’est pas le temps médiatique ; en voici une nouvelle preuve.

Le 10 mars 2020, un automobiliste fonce sciemment sur un chien de la meute de l’équipage du Verney aux Fées, animé par une probable détestation irraisonnée de la chasse à courre.

Transporté sans délais à la clinique vétérinaire, le chien blessé s’en sortira miraculeusement.

Le 15 février 2021, le chauffard a été condamné à une double amende pour délit de fuite et préjudice morale.

Dans notre pays, les actes délictueux sont poursuivis et sanctionnés.

La haine ne peut pas servir d’argument aux exactions les plus ignobles dont les veneurs sont trop souvent les victimes.

Nos opposants auraient tout intérêt à s’en souvenir et à adopter enfin un comportement respectueux des lois et de leurs concitoyens.

Les veneurs, quant à eux, continueront de déposer des plaintes pour les mauvais traitements dont ils sont l’objet ; les coupables seront condamnés afin que notre activité légale perdure.

Vènerie et écologisme

Il en va de l’ouverture de la saison de chasse à courre comme du défilé 14 juillet, de la rentrée des classes, des soldes, de Noël ou des vacances scolaires : un sujet qui revient chaque année à la même époque. Pour ce qui est de nos détracteurs, on attend année après année les nouvelles perles qu’ils vont inventer pour tenter de nuire à « la plus belle des chasses ». Avouons tout net que le millésime 2021 nous a beaucoup déçu. Qu’on en juge.

Onze sénateurs, écologistes pour la plupart, ont déposé une (nouvelle ?) proposition de loi visant à faire interdire la chasse à courre. Aux vues de l’exposé des motifs, repris à peu près mot pour mot des précédentes propositions, on peut légitimement penser que les huit parlementaires signataires, élus de départements où l’on ne chasse pas à courre, n’ont pas eu la curiosité d’aller vérifier sur le terrain leurs allégations ; dommage, ils auraient rapidement compris leur inexactitude. Mais que dire des parlementaires de Gironde, Ille-et-Vilaine ou Loire-Atlantique, signataires de cette PPL ? La vènerie est à leurs portes, vivante, pratiquée avec passion par des centaines (voire des milliers en Gironde) des administrés qu’ils sont censés représenter, et, à tout le moins, consulter sur leurs réflexions. Il semblerait bien que le dogme écologiste les ait dissuadés de pousser plus avant leurs recherches. L’exposé des motifs de cette PPL est un tissu de contre-vérités, auxquelles la Société de Vènerie a répondu point par point dans un courrier adressé personnellement à chacun de ses signataires. « Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir » prétend le dicton. Nous en avons là une belle illustration.

Particulièrement regrettable lorsqu’il s’agit d’élus de la République, cette initiative législative relève d’une tendance à laquelle un nom est désormais donné : l’ultracrépidarianisme, soit l’art de parler de ce qu’on ne connaît pas.

Autre exemple de cette tendance favorisée par l’essor des réseaux sociaux, qui met en demeure les hommes publics de s’exprimer sur tout, les affirmations poignantes de nullité de Julien Bayou, secrétaire national du parti Europe Écologie Les Verts. Dans une récente interview accordée à France Info, il déclarait sobrement : « La chasse, y en a marre… Ce qu’on nous présente comme une activité rurale, c’est une fake news complète parce que la chasse est aujourd’hui un hobby de citadins, de cadres CSP+ et la majorité des ruraux, les vrais, est opposée à la chasse parce que ce sont des nuisances sans fin ».

France Info, Libération et le Monde, peu suspects de sympathie pour le monde cynégétique, ont apporté un démenti factuel et formel à ces affirmations, dans une session de « fact-cheking » désormais devenue la règle dans beaucoup de médias. De fait, la chasse demeure très ancrée dans la ruralité. Et pourtant, n’y a-t-il pas matière à se réjouir de ce que des citadins souhaitent jouir, eux-aussi, des plaisirs de la nature ? Un mur-frontière trumpien devrait-il être construit, ceinturant le périphérique parisien et les grandes métropoles, afin de contenir les urbains dans leurs villes et les ruraux dans leurs campagnes ? Que signifie cette stigmatisation des uns et des autres, cette assignation à résidence de nos concitoyens ? Un nouveau type de ségrégation ? Un projet de société ? Merci, mais non merci. La chasse est une des activités de la ruralité, dont elle partage les espaces avec les autres ; elle y accueille chaleureusement tous ceux qu’elle intéresse.

Le mot de la fin de l’extrémisme vert revient à cet automobiliste de l’Oise qui, croisant une chasse à courre en forêt de Compiègne, a sciemment foncé sur un chien avec la ferme intention de l’écraser et de le tuer. Le chien est miraculeusement rescapé de la collision, mais que penser de la haine savamment attisée par l’escrologiste picard à moustache qui pousse ses affidés à de tels comportements : tuer des chiens pour sauver des animaux ? Les activistes anti-chasse organisent avec talent leur propre et prochaine disparition. Réjouissons-nous !

Toutes les vèneries sont belles !

L’intersaison favorise les rencontres entre veneurs de différentes régions chassant différents animaux ; l’été 2021 n’aura pas échappé à la règle, même si les fêtes de chasse furent moins nombreuses qu’en période « normale ». On se rencontra donc entre veneurs de tous horizons, vantant leur passion pour l’animal qu’ils chassent ou les caractéristiques inégalables de leur région, l’un et/ou l’autre faisant d’eux des veneurs « à part ». Et il est sans doute exact que chasser le chevreuil dans le Médoc, le lièvre en Bretagne ou le renard dans le Jura procure à ceux qui s’y adonnent des sensations sans équivalent qui font qu’ils peuvent se sentir « à part ». Pour ne rien dire de ceux qui, chassant loin des fauteurs de troubles anti chasse de la région parisienne, pensent appartenir à un monde distinct qui ferait volontiers sécession d’avec les premiers – sur le mode « coupons-nous un bras si nous voulons survivre ».

Ce qu’on vient de décrire ci-dessus pourrait s’apparenter à une forme de « chauvinisme », bien français. On aime le territoire sur lequel on chasse, qu’on en soit originaire ou qu’il nous ait adopté, car la vènerie nous le fait parcourir et connaître d’une manière à nulle autre pareille. On aime aussi l’animal qu’on y chasse, tant la diversité de ses ruses demeure une énigme obsédante et admirable, jamais totalement résolue.

Olivier de La Bouillerie aura chassé partout tous les animaux « courables » dans sa vie de veneur, et il continue de le faire avec ardeur. Alors qu’on lui demandait récemment quel animal il préférait courir, il répondit que peu lui importait car son bonheur résidait dans l’observation et la compréhension des chiens de meute ; leur intelligence et leurs dons exceptionnels lui procurent la même admiration qu’ils chassent le sanglier ou le lapin, le chevreuil ou le lièvre, le cerf ou le renard.

Sachons entendre ces propos, qui placent le chien au-dessus de tout, et ce pour trois raisons :

  1. La vènerie offre l’opportunité de comprendre, mieux que n’importe quel autre exercice, les capacités d’une espèce distincte de la nôtre, capacités qui nous sont quasiment étrangères – le flair – ou qui relèvent de l’exemplarité – le courage, la persévérance, l’instinct collectif, la fidélité.
  2. En s’intéressant à la chasse d’autres animaux sur d’autres territoires, on diversifie ses expériences de chasse, on enrichit sa connaissance de la vènerie et, qui sait, son expertise.
  3. En considérant l’art de la vènerie française comme un tout indissociable, on touche à une réalité indiscutable : notre communauté de destin.

Dans le monde contemporain, alors que débute une année électorale qui pourrait être décisive pour l’avenir de notre passion, c’est seulement unis que les veneurs l’emporteront ; unis entre eux quel que soit l’animal qu’ils chassent et la région où ils le chassent et aussi unis avec leurs frères des chasses traditionnelles, durement malmenées, et les chasseurs à tir. N’imaginons pas que les uns se sauveront au détriment des autres. Ceux qui nous attaquent le font au nom d’une idéologie animaliste ; ils ne se satisferont pas de quelques victoires pour cesser le combat ; au contraire, ils y trouveront les raisons de pousser plus loin leurs exigences. C’est la relation de l’Homme aux animaux qu’ils remettent en cause.

A la veille de l’ouverture, souhaitons-nous une saison 2021/2022 pleine de belles émotions partagées, avec la conscience aigüe des enjeux particuliers qui l’entourent.

Dunning et Kruger : surconfiance et vènerie

Les psychologues Dunning et Kruger ont travaillé, dans les années 1990, sur l’effet de « surconfiance », par lequel les moins qualifiés dans un domaine surestiment leur compétence. Ainsi qu’on va le voir, si elle n’est pas la seule, la vènerie nous offre de nombreux exemples de cet effet, modélisé par les deux chercheurs.

L’hypothèse démontrée est que l’ignorance engendre plus fréquemment la confiance en soi que ne le fait la connaissance. Ainsi en est-il du veneur débutant, qui, après quelques laisser-courre suivis avec fougue, émet rapidement des avis définitifs sur la qualité des chiens, le moment où ils ont fait change, là où reste l’animal que nous avons manqué, et la (piètre) qualité de ses comparses veneurs. Ainsi en est-il aussi, dans un autre registre, de nos opposants qui ne viennent vérifier sur le terrain que les théories qu’ils ont échafaudées dans l’abstrait et estiment valider leurs hypothèses pour avoir tenté de suivre de loin des équipages auxquels ils n’ont pas même daigné parler. C’est le moment, décrit par l’étude Dunning-Kruger, où la compétence est faible et la confiance en soi énorme, bien nommée « montagne de la stupidité » par certains.

Mais ceux qui veulent bien faire montre du doute et de la curiosité nécessaires à la véritable découverte de toute chose, vont bientôt progresser, pas à pas, dans l’expertise. Le jeune veneur comprendra que l’erreur d’appréciation le guette, lui-aussi, à chaque coin de bois, que les mystères de la voie sont insondables, qu’il serait vain, en vènerie, de prétendre trouver réponse à toute question, et que l’incertitude de ses comparses est bien souvent la preuve de leur sagesse. Avec l’autoévaluation réaliste de ses compétences, il apprendra l’humilité.

De même, celui qui, bardé de certitudes, prétendait s’opposer à la chasse à courre en agissant « sur le terrain », découvrira bientôt, s’il y met du doute et de la curiosité, une réalité tout autre des clichés dont on lui avait bourré le crâne ; et l’excellent témoignage d’Aimy recueilli en vidéo démontre bien le tissu d’invraisemblances dont sont abreuvés les militants embrigadés par nos opposants.

Ce deuxième temps où l’expertise s’accroit et où la confiance en soi diminue est qualifié de « vallée de l’humilité » par les mêmes commentateurs de l’étude Dunning-Kruger.

S’ensuit alors la phase de la maturité, celle où l’expertise et, peu à peu, la confiance en soi augmentent. Le veneur, au prix de longues journées d’hiver passées avec les chiens, comprendra progressivement mieux leur langage et les messages qu’ils lui envoient. De nombreuses retraites manquées auront forgé sa connaissance des ruses des animaux, sans jamais être certain de celles qu’ils ont employées pour le dépister à nouveau. Peu à peu, doutant toujours, il apprendra à faire humblement confiance en son expertise croissante. Quant à l’opposant converti, ses goûts le porteront, au choix, à rejoindre les rangs des veneurs (c’est le cas d’Aimy), ou à porter ailleurs les pas de son ardeur militante, là où de vrais combats sont à mener.

L’humble confiance ou l’humilité confiante : un programme de vie !

AVA et paranoïa

Les opposants à la chasse à courre ont récemment présenté leur bilan de la saison 2020/2021 sur leurs réseaux sociaux. Ceux qui doutent de l’objectivité de leur analyse, tout en nuance, ne vont pas être déçus.

Sur 15 000 journées de chasse à courre organisées entre le 15 septembre 2020 et le 31 mars 2021, nos opposants dénombrent 37 incidents qu’ils qualifient de « graves », soit un incident toutes les 405 chasses ; pas étonnant que peu d’entre nous s’en soient rendu compte. Encore précisent-ils qu’il ne s’agit là que d’une « part infime de la réalité ! Les veneurs étant prompts à faire nettoyer derrière eux, à offrir des morceaux de gibier et de l’argent aux habitants dérangés, mais aussi à tout simplement menacer et faire pression sur ceux qui hésiteraient à parler. Tout est fait pour maintenir cette omerta. » La fameuse théorie du complot revisitée à la sauce mafieuse ; on voit que, pour ce qui est du bilan objectif, ça commence très fort.

Nous avons regardé de près ces prétendus incidents :

  • Quinze d’entre eux sont de pures inventions ; la liste – fastidieuse – est à disposition.
  • Cinq sont relatifs à des chiens prétendument « errants ». Rappelons qu’un chien errant est un « chien qui vit sans entrave ni domicile parce qu’il n’appartient à personne ou parce que le lien avec son maître est cassé, par fugue ou abandon ou parce que son maître est décédé» (définition Wikipedia). Dans le cas de la chasse à courre, il ne peut s’agir de « chiens errants » ; les chiens de vènerie sont tous tatoués ou pucés ; leurs propriétaires sont ainsi parfaitement identifiables ; aucun équipage n’abandonne ses chiens. Courant librement dans des espaces ouverts, les chiens de meute peuvent s’écarter de la voie de l’animal et échapper un moment à la vigilance des veneurs, sans, pour autant, pouvoir être qualifiés d’errants.
  • Deux autres prétendus « incidents graves» sont relatifs à des cerfs graciés ; nos opposants auraient-ils préféré qu’ils soient servis, eux qui se vantent de les sauver ?
  • Signalons le tragique 2 janvier 2021 où une poule a été croquée en bordure d’une forêt tandis qu’au même moment un chien était mordu dans une autre ; on ne trouve mention d’aucun de ces deux « incidents graves» dans la moindre gazette, leurs correspondants locaux, même les plus avides d’actualité cynégétique, ne s’en étant pas montrés intéressés.
  • On relève aussi deux collisions entre un animal de meute et un véhicule ; voilà qui explique, en partie seulement, les 30 millions de mammifères tués sur les routes d’Europe chaque année selon le magazine « Frontiers in Ecology and the Environment », peu suspect de sympathie pour les veneurs.
  • Le reste est à l’avenant et on craindrait de lasser le lecteur de ces lignes à les énumérer plus longuement.

Reste un incident important, survenu en gare de Chantilly le 12 janvier, et ayant entraîné une perturbation du trafic ferroviaire ; si cet incident fait l’objet d’un règlement amiable entre la SNCF et l’équipage qui chassait, il pose aussi, bien évidemment, la question de la cohabitation de la vènerie avec la vie des villes.

Quelle énergie mauvaise, quelle imagination perverse, quelle hargne idéologique, quel délire paranoïaque habitent les rédacteurs de ces mensonges pour transformer des anecdotes dérisoires en prétendus « incidents graves » ?

« Être au-dessous de ses prétentions avouées constitue un ridicule constant dont se repaissent les petits esprits », affirmait Honoré de Balzac dans la Comédie Humaine. Il y a assurément peu de grands esprits à l’origine de ce bilan fumeux.