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Les ateliers cavalier-veneur édition 2020

C’est la 5e édition des ateliers du cheval de chasse qui est organisée en 2020. Le principe de ces journées-ateliers est de partager nos connaissances en bénéficiant de l’expérience d’experts, à la fois hommes de chevaux reconnus et veneurs. En 2020, deux sessions sont organisées, l’une en Gironde en avril et l’autre dans l’Allier en septembre.

Tout au long de la journée, 5 ateliers tournants, vous permettront d’apprendre ou de progresser dans bien des domaines. Améliorer votre position à cheval pour que celui-ci ne se blesse pas. Résoudre un problème d’embarquement. Savoir ajuster votre bride et choisir le bon mors. Identifier les signaux qu’envoie votre cheval quand il a mal au dos ou aux dents. Comment être plus performant pour attraper un cheval dans un pré quand il ne montre que peu d’enthousiasme à l’idée d’aller à la chasse. Et aussi, intervenir sur les petits bobos les soirs de chasse. Constituer la pharmacie de base quand il n’y a pas nécessité de l’intervention du vétérinaire. Avoir des repères sur l’alimentation et ses compléments tout au long de la saison et en fonction de l’effort fourni. Entretenir son matériel avec pour objectif : la sécurité du cavalier et le confort du cheval.

Ces ateliers sont un lieu de partage où l’érudit et le néophyte se côtoient en apprenant, l’un et l’autre, des choses utiles, des recettes « d’anciens » souvent nourries par le simple bon sens, mais aussi profitant des expériences de l’autre : celui qui chasse dans l’équipage voisin !

Les animateurs de ces ateliers sont tous bluffés par l’enthousiasme des participants. Qu’ils s’appellent Loïc de La Porte du Theil (ancien commandant en chef du Cadre Noir) ou Nicolas Blondeau et sa fameuse école d’éthologie, ils répondent « présent » à chaque nouvelle session.

En pratique en 2020 :

Deux sessions :

  • Le samedi 18 avril à Auros (33)
  • Le samedi 12 septembre à Braize (03)

Inscription par mail à cmeheust@venerie.fr, gratuite sous réserve de l’adhésion à l’Association des Veneurs. Le nombre de places est limité ; les inscriptions seront confirmées dans l’ordre d’arrivée.

Le Président de la Fédération Nationale des Chasseurs, Willy Schraen, « fervent défenseur de la vènerie »

Samedi 1er Février, les équipages du Rallye Armor et de la Petite Brenne se retrouvaient pour un laisser-courre au cerf en forêt d’Amboise auquel ils ont eu le plaisir de recevoir le président de la Fédération Nationale des Chasseurs, Willy Schraen, accompagné de son vice-président, Hubert-Louis Vuitton, et de son Secrétaire Général, André Douard. D’emblée, des échanges cordiaux, riches et sincères, ont pu avoir lieu entre le président et les veneurs et suiveurs.

 

Après le rapport des valets de limier, Willy Schraen n’a pas manqué de réaffirmer son soutien à la chasse à courre par des mots qui doivent résonner à l’esprit de tous les veneurs : « Soyez sûrs d’une chose, je défends la chasse française dans toute sa diversité. Même si je ne suis pas veneur, je suis un fervent défenseur de la vènerie et je le resterai. On travaille main dans la main avec la Société de Vènerie pour que les 10.000 veneurs et 100.000 suiveurs puissent vivre leur passion. »

 

A l’issue d’une agréable chasse sur un daguet, les honneurs ont été rendus à Messieurs Schraen et Douard pour conclure cette journée placée sous le signe de la cohésion du monde cynégétique. Les veneurs et suiveurs qui ont eu la chance de partager cette journée ont pu apprécier la franchise et la sincérité de Willy Schraen, ainsi que son dynamisme dans la défense de tous les modes de chasse. S’il fallait encore s’en convaincre, cette journée aura permis aux veneurs présents de mettre en lumière l’importance de l’unité.

 

Si nous sommes veneurs, nous sommes avant tout des chasseurs et représentons une partie de ce que Willy Schraen nomme la « diversité de la chasse française ». En tant que partie de celle-ci, nous apprécions le soutien que nous recevons, mais, en tant que chasseurs, nous devons aussi être prêts, dès aujourd’hui, à défendre l’ensemble de la chasse française aux côtés du président de la FNC qui sait transmettre cette volonté de rassembler, fédérer et collaborer tous ensemble.

 

Merci, Willy Schraen, d’être venu partager cette journée avec les veneurs, merci pour ces échanges, merci pour votre soutien et sachez que les veneurs sont à vos côtés dans vos entreprises actuelles et futures.

La chasse à courre : un mode de chasse respectable et utile

Depuis le début de la saison de chasse, des militants de l’abolition de la chasse à courre continuent à attirer les projecteurs de médias et d’acteurs politiques. Un tel niveau d’attention peut paraître futile alors que notre planète est confrontée à des défis majeurs – économiques, humanitaires, et climatiques.

Mais puisque, derrière la chasse à courre, des questions de société ont été posées, j’apporte mon témoignage. Prenons ce dont la proposition de loi, déposée en janvier 2018 et visant à l’abolir, accuse la chasse à courre.

Une pratique « nobiliaire et oligarchique » ? L’image ne colle pas pour le veneur (chasseur à courre) que je suis, moi dont une jeunesse très à gauche m’a valu les foudres étatiques, plus de trente ans au service d’une organisation internationale connue pour sa lutte contre la corruption et l’évasion fiscale et pour l’environnement, et aujourd’hui m’employant à la juste protection des réfugiés. Dans leur célèbre étude (La chasse à courre, Payot, réédition 2018 Montbel), Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues politiquement à gauche, écrivent : « La perception de la chasse à courre comme le loisir de quelques rares privilégiés ne devrait pas résister aux informations que nous avons réunies et présentées. » Toutes les classes sociales forment notre équipage. Bien sûr, le lendemain, les uns retournent à leur dur travail et d’autres à des vies plus faciles, mais nos journées en forêt, riches ou pauvres tous ensemble animés par la même passion, par tous les temps derrière nos chiens, n’ont contribué en rien à accentuer les inégalités mais à en diminuer le poids. Il y a belle lurette que l’équitation – ce par quoi beaucoup d’entre nous sont arrivés à la chasse à courre – n’est plus le privilège de nantis ; il suffisait d’observer la floraison de gilets jaunes l’hiver dernier dans les voitures garées dans des poney clubs de province pour s’en convaincre. La lutte pour plus de justice sociale mérite mieux que le moyen illusoire de l’abolition de la chasse à courre.

Une pratique « barbare » ? On aurait tort de prêter nos émotions de citadins aux sentiments du cerf auquel des millions d’années ont donné les gènes et le sang-froid pour cohabiter avec ses prédateurs naturels – les loups, aujourd’hui représentés par nos chiens de meute – et réussir à leur échapper le plus souvent (voir Le Monde, vidéo sur les ruses du cerf, mars 2018). Dans notre équipage, si d’aventure le cerf est mis en échec par nos chiens, la règle veut qu’il soit immédiatement tiré au petit fusil – aucune barbarie. Au cours de l’Histoire, les actes de barbarie sont typiquement le fait des hommes. Notre mode de chasse est pratiqué par les femmes en très grand nombre ; dans mon équipage, le « maître d’équipage » (la personne d’entre nous qui en droit assume la responsabilité de la chasse) est mère de famille. L’image ne colle pas, là non plus.

Une pratique qui n’a « aucune utilité sociale » ? La chasse à courre offre à ses quelque 100 000 suiveurs un moment de détente pour une fois entièrement gratuit dans nos territoires ruraux. Elle maintient des emplois et des savoir-faire qui seraient sinon en voie de disparition (facteur de trompes, graveur, piqueux, confectionneur de tenues…). Notre équipage est, chaque année, sollicité par les maires des villages et les responsables de monuments historiques avoisinants qui nous demandent d’animer des manifestations, toujours très fréquentées par le public, en venant avec nos chiens, chevaux, trompes et redingotes de vènerie. Dans notre équipage, tous, nous sommes membres de l’association locale de protection de la forêt. En donnant au cerf l‘occasion de mettre en œuvre ses défenses naturelles, nous le protégeons du confinement débilitant auquel, sinon, le condamne l’invasion croissante de notre forêt francilienne par le monde urbain ; nous contribuons au maintien de la biodiversité. Défenseur de l’écologie, je suis déçu de voir, lors des élections européennes, des partis s’en réclamant copier-coller avec désinvolture les contre-vérités attrape-tout déversées sur les réseaux anti-vénerie.

La chasse à courre ne nuit en rien à l’intérêt commun ; elle y contribue au contraire en apportant sa pierre au maintien du patrimoine naturel et culturel du pays, sinon de l’Europe et au-delà. Non au procès en sorcellerie ! Abolir la chasse à courre est inutile et injuste.

Fantasmes et Réalités

Abusant, comme à l’accoutumée, de tous les ressorts de la manipulation émotionnelle, nos opposants mettent actuellement en scène la mort de chaque animal dans un mélodrame de pacotille. Un jour, c’est un grand cerf dont on « pleure la mort » ; un autre, un daguet est pris pas les chiens et on salue « l’enfant-cerf » (sic) dont la vie a été tristement abrégée ; un autre encore, une biche se tue dans un grillage, et c’est une « maman » à qui les animalistes disent un dernier adieu dans un concert de pleurs, savamment orchestré. Tout ce cirque, largement répandu au-delà des strictes frontières de la chasse à courre, trouve écho dans l’opinion publique. Éloignés de la réalité de la vie rurale, nos contemporains sont prompts à s’émouvoir des théories les plus fumeuses, dès lors qu’elles stigmatisent la mort, qu’ils ont décidé de faire disparaître définitivement (eh oui !). Nos opposants l’ont bien compris ; ils en usent et en abusent. Le veneur doit y trouver l’opportunité de mieux faire comprendre son mode de chasse, et de livrer ici trois précisions :

 

  • Pour commencer, il faut rappeler que les nécessités d’un équilibre entre les activités humaines – essentiellement agricoles et sylvicoles – et le maintien d’une faune sauvage dans des espaces ouverts font une nécessité de réguler les populations de grands animaux. Cette régulation se fait, depuis 40 ans, dans le cadre de plans de chasse validés par les Préfets dans chaque département. Elle n’a pas vu diminuer les populations de grands ongulés ; tout au contraire, elles sont, globalement, en croissance constante. La vènerie apporte sa contribution à cette régulation à hauteur du nombre de chasseurs qu’elle mobilise. Se focaliser sur les quelques centaines d’animaux de chaque espèce, prélevés par les veneurs, témoigne donc de la part de nos opposants de leur méconnaissance des enjeux et de la vanité de leur combat.

 

  • Nos opposants ont voulu s’offusquer de ce que l’équipage qui avait pris un grand cerf dans l’Oise n’aurait pas « respecté les règles ». Mais c’est là une nouvelle démonstration de leur ignorance de la chasse à courre et de l’anthropomorphisme qui les égare. La chasse à courre ne satisfait pas à une « règle du jeu » comme un sport qui voit s’opposer des hommes. Il n’y a pas d’en-avant comme au rugby, ou de hors-jeu comme au football. Pas besoin de se repasser la vidéo pour qu’un arbitre décide s’il y a faute ou pas, et à qui va le ballon. La vènerie n’est pas un jeu humain, puisque la confrontation dont il s’agit voit s’opposer un animal sauvage chassé et une meute de chiens, secondée par les veneurs ; c’est ce qui en fait la chasse naturelle par excellence. On dit que les veneurs « servent » leurs chiens, comme un apprenti sert son maître ; le veneur sera l’éternel apprenti de ses chiens, car ils ont sur lui cet avantage exceptionnel d’un odorat beaucoup plus développé qui est leur meilleure arme. Et d’ailleurs, par-delà l’éthique d’une confrontation loyale entre la meute et l’animal chassé, les seules règles qui entourent strictement la vènerie sont celles qui régissent ses relations à son environnement humain et le respect des volontés des riverains de la chasse.

 

  • Parlons enfin du change, puisque nos opposants semblent s’y intéresser. Il ne s’agit pas, pour le rédacteur de ces lignes, de se substituer aux « grands maîtres », dont les enseignements nous sont relatés dans chaque nouvelle livraison de la revue Vènerie. Mais les nombreuses inexactitudes qui ont été proférées par nos opposants nous obligent à le définir. Le change, c’est le fait que la meute attaque un animal, le chasse un moment, et qu’elle se mette soudain à la poursuite d’un autre animal, frais, qui n’a pas encore été chassé. Le change est causé par les ruses de l’animal chassé, notamment quand il se harde, ou par l’indiscipline de la meute, si elle croise sur son chemin un autre animal. On comprendra aisément que la meute qui fait change se fatigue plus vite que les animaux frais qu’elle attaque successivement, réduisant d’autant la perspective de la prise, qui constitue bien la finalité de la chasse à courre. Mais il arrive aussi qu’un animal de change plaise plus à la meute, et les anecdotes sont nombreuses où les chiens délaissent l’animal attaqué mollement au profit d’un autre qu’ils chasseront d’enthousiasme, et prendront finalement ; et c’est toute la finesse du veneur que de savoir apprécier ces circonstances pour aider ses chiens à réussir.

 

Là où nos opposants prétendent « documenter » la chasse à courre, ils ne font que poser le prisme de leur vision fantasmée de la nature sur la plus belle des chasses. Leur obsession à s’exprimer sur le seul registre de l’émotion entretient ceux qui prêtent l’oreille à leurs divagations dans l’ignorance, cette ignorance qui a toujours constitué, pour les idéologies totalitaires, le meilleur moyen de s’attacher leurs adeptes. Il appartient à chaque veneur d’expliquer au public qui s’y intéresse ce en quoi consiste véritablement notre passion.