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Vènerie & Bien-être animal

Le bien-être animal s’est invité dans le débat de société. Les veneurs refusent d’abandonner cette thématique à la vision doctrinale des écolos ; nous voulons même en faire notre cheval de bataille. Nul mieux que nous ne connait nos chiens, nos chevaux et les animaux que nous chassons ; nous devons faire savoir pourquoi et comment nous respectons concrètement leur condition animale et sommes les meilleurs garants de leur intégrité ; une écologie de terrain, bien loin de la vision fantasmée des « zamis des zanimos ».

Plusieurs aspects seront abordés dans les prochains numéros de la lettre des amis :

  1. Le bien-être animal est devenu une question majeure de la société ; s’en gausser, serait aller à rebours de l’opinion et signer notre exclusion du monde moderne alors que la vènerie s’est toujours attachée à trouver sa place dans son époque.
  2. Le lien homme/animal a été et demeure vital pour l’évolution de l’espèce humaine ; c’est au contact des bêtes et avec elles que l’homme a connu un développement spécifique qui fait de lui une espèce à part. Comme le dit la philosophe Bérénice Levet, « un homme sans contact avec le monde sensible est un homme mutilé ». Il est donc vital de conserver ce lien.
  3. Les activités humaines se sont développées au détriment de la nature sauvage et des animaux qui l’habitent ; il est de la responsabilité patrimoniale de l’homme de conserver des espaces dans lesquels la faune sauvage subsiste à côté des activités humaines.
  4. L’antispécisme est une idéologie iconoclaste qui n’intéresse, sans les convaincre, que les trend-setters de tout poil qui ne voudraient surtout pas être en retard d’une mode ; de plus en plus de penseurs du monde contemporain en dénoncent les dérives, les incohérences et les dangers.
  5. C’est avec chiens – et chevaux pour certains – que les veneurs chassent des animaux sauvages. Il nous faudra expliquer comment et pourquoi la vie que les veneurs offrent aux uns et aux autres est une belle vie, pourquoi un chien est plus heureux lorsqu’il court en forêt, serait-ce pour y rencontrer les dangers propres au noble déduit, que dans le confort douillet des canapés d’un salon, interrompu seulement pour un petit tour en laisse sur des trottoirs citadins.

Nous démontrerons pourquoi les veneurs sont les vrais amis des animaux, en ceci que nous respectons leur vraie nature. Nous expliquerons notre fascination pour la ruse des animaux que nous chassons, qui constitue notre principale motivation à les chasser, bien loin de l’obsession morbide que nos détracteurs voudraient nous prêter. Nous dirons aussi notre admiration pour l’intelligence de nos chiens et la vigueur de nos chevaux. Nous dirons notre amour de la vraie nature, que tout néophyte perçoit dès sa première rencontre avec la chasse à courre.

C’est à ce programme que nous vous convions dans les prochains numéros de la lettre des amis. Un document a été rédigé pour synthétiser cette argumentation. Il est disponible sur simple demande à communication@venerie.fr

La vènerie au baccalauréat

La chasse à courre est perçu par une grande majorité de la population comme une activité réalisée par des « barbares sanguinaires et sans cœur. » Cette pratique n’est en réalité pas celle véhiculée par les stéréotypes. C’est en effet une activité ancestrale de la culture française. Ce qui la rend différente d’autres cultures historiques comme la peinture classique ou les châteaux fort est que ce patrimoine est encore très vivant. C’est ce qui dérange fondamentalement ses détracteurs. 

Pour des personnes non expertes dans notre passion, la chasse à cor et à cri ne consiste qu’à épuiser un animal or celle-ci à des enjeux bien différents. Tous d’abord, nous continuons à maintenir l’instinct de survie des animaux de la forêt comme le cerf, le sanglier…qui n’ont plus de prédateur depuis de nombreuses décennies. Cela permet donc à ces animaux de conserver un instinct de survie et de protection dans leur milieu naturel. Cet instinct est la clé de leur survie. 

La chasse à courre permet également de sauver des animaux comme les chevaux ; en effet les veneurs récupèrent des chevaux généralement issus des courses sans résultats ; une deuxième vie est offerte à ces chevaux qui sont majoritairement des trotteurs, préférés par les veneurs pour leur robustesse et leurs capacités à aller sur tous les terrains. 

Les cavaliers doivent prendre soin de leur monture comme la rappelle le « Guide des bonnes pratiques du cheval de chasse ». Ils doivent être entretenus et nourris correctement car sinon ils ne peuvent pas faire face à l’effort physique qu’induit une chasse. Ces chevaux sont des athlètes au même titre que les chiens ; nous nous devons de les traiter comme tel. 

De même, le veneur doit être attentif au bien être des chiens qui sont en meute dans un chenil, nourris selon leurs besoins. Contrairement à ce que disent les opposants de la vénerie, un chien ne peut pas chasser s’il n’est pas correctement nourri. Un marathonien ne peut pas courir s’il ne s’est pas correctement alimenté ; il en va de même pour nos chiens. La charte de l’éleveur-veneur précise la manière dont ils doivent être soignés. 

Contrairement aux idées reçues, la chasse à courre est accessibles à toutes les catégories socio-professionnelles ; c’est particulièrement le cas dans la petite vénerie qui requière une cotisation bien moins importante que la grande vénerie. 

Les anti-chasse dénoncent une pratique dangereuse pour les animaux et les utilisateurs des routes, or, des panneaux sont disposés à l’entrée des forêts, qui demandent aux usagers de redoubler de vigilance. Ce n’est pas le comportement des chasseurs mais bien celui des anti- chasse qui est le plus dangereux ; il est toujours possible qu’un chien surgisse sur la route et se fasse percuter par une voiture causant ainsi de graves dommages sur celle-ci et pour notre compagnon. 

Le paradoxe des insoumis

Les veneurs seraient bien inspirés de s’intéresser de près au sort qui est fait à la corrida par l’antispéciste Aymeric Caron, député de La France Insoumise. Cette France Insoumise qui a également mis à son programme l’interdiction de la chasse à courre. On notera avec étonnement l’équivoque de nos hérauts autoproclamés du refus de la soumission : tout insoumis qu’ils soient, ils entendent bien cependant soumettre leurs contemporains à la somme de leurs interdictions, trop longue pour être énumérée dans ces lignes. Il y aurait donc la bonne soumission et la mauvaise… 

Or donc, le scenario caroniste se déploie en trois phases. 

Première phase, le député Caron consulte les associations sur la corrida : Fondation Brigitte Bardot et L214. C’est un peu comme demander à un végan son avis sur le goût de la côte de bœuf : ça oriente relativement la réponse. 

Deuxième phase, des spots TV fleurissent dans lesquels des « experts » soigneusement mis en scène dénoncent la pratique de la corrida. Qui finance cette campagne publicitaire ? Ce serait pure malveillance que d’imaginer les associations susmentionnées… La corrida arrive insidieusement sur le devant de la scène médiatique, et les chaînes de télé et radio organisent des débats pour ou contre la corrida. 

Troisième phase, le terrain est désormais favorable pour présenter la proposition de loi au bureau de l’Assemblée nationale. Aymeric Caron annonce qu’elle a été sélectionnée pour figurer dans la niche parlementaire de La France Insoumise le 24 novembre prochain. Elle sera donc débattue devant l’ensemble des députés avec tous les risques inerrants. 

Il ne nous appartient pas ici de défendre la corrida ; les afficionados sont les mieux à même de le faire. Quelques constats communs à la défense de nos passions respectives méritent cependant d’être partagés avec le plus grand nombre de veneurs et les aficionados – même si nous ne doutons pas que ces derniers soient arrivés à ces mêmes conclusions depuis longtemps. 

On ne peut pas en appeler à la tradition pour défendre nos pratiques ; il y serait trop aisément répondu par la nécessaire évolution des mœurs que « la société exige ». Et on ne va pas aux arènes, à la chasse, à la messe ou au stade de foot « par tradition » mais pour des raisons plus profondes et plus puissantes qu’il faut savoir décrire sans hésitation, avec fierté, précision et pédagogie. 

La question du bien-être animal ne peut plus être ignorée par quiconque. Elle se pose tout particulièrement dans nos sociétés développées ; la conséquence de leur développement est de nous avoir déconnectés des animaux et de poser ainsi des questions nouvelles. Ce bien-être animal s’entend certes différemment pour les animaux de compagnie, les animaux de production et la faune sauvage mais ceux de nos contemporains qui ont affaire avec le monde animal se doivent d’expliquer comment ils y satisfont, en toute transparence : toreros, veneurs, zoos, cirques, éleveurs, etc. 

C’est en tout cas ce à quoi s’est préparée la vènerie avant les échéances électorales de cette année. Il faut apporter aux élus de la Nation les réponses claires que nous donnons à la question du bien-être animal dans la pratique de la chasse à courre. Bien-être de nos chiens et de nos chevaux, bien sûr, mais bien-être des animaux que nous chassons aussi. Une chronique est désormais consacrée à la question dans la revue Vènerie depuis son numéro 226 (pages 103 & 104). Une brochure a été éditée sur ce thème par la Société de Vènerie ; elle est disponible sur simple demande à agallon@venerie.fr  

Il est à craindre que la chasse à courre soit l’une des prochaines activités auxquelles les « belles âmes » s’attaqueront. Nous savons qui, nous savons comment ; seule la date nous manque. Les veneurs doivent se préparer à répondre à ces attaques infondées par des arguments fondés ; substituer à la dictature de l’émotion les vérités de la raison. 

NB : on apprend tout récemment que la pétition pour l’interdiction du déterrage des blaireaux vient d’atteindre, dans le délai de six mois, les 100 000 signatures nécessaires pour que la conférence des présidents du Sénat puisse décider d’y donner suite. A suivre, donc ! 

Aux urnes, veneurs !

Les veneurs, c’est bien connu, ne font pas de politique. Mieux ! peu leur importent les options politiques de ceux avec qui ils chassent ; seule une passion commune pour le noble déduit les réunit. Cependant, force est d’admettre qu’en cette année électorale, les veneurs sont enjoints de faire des choix politiques. Le bien-être animal a été convoqué au tribunal politico-médiatique par des experts autoproclamés, plus soucieux de s’octroyer des brevets de vertu animalière que de comprendre véritablement les enjeux du sujet. N’en rions pas, car ça marche ! Ces « zamidézanimos » font recette auprès d’électeurs désorientés pour qui la « cause animale » devient le dernier refuge de convictions politiques ébranlées par les transformations de la société et de la démocratie mondialisée.

Les Français se montrent plutôt favorables à un encadrement plus sévère de la chasse voire à son interdiction. Selon un sondage IFOP de 2021, près de 6 personnes interrogées sur 10 se prononcent en faveur de toutes les propositions de mesures restrictives à son exercice. L’enquête du même institut en partenariat avec le JDD, montrait en 2021 que 77% des Français se disent favorables à l’interdiction de la vènerie et 69% à l’interdiction de la chasse le week-end et pendant les vacances scolaires.

Cette situation est la résultante de plusieurs phénomènes. Nos contemporains méconnaissent voire ignorent tout de la chasse en générale et de la vènerie en particulier ; les clichés ressassés par nos opposants les influencent. La chasse est aussi victime d’une surexposition médiatique : celle des accidents mortels, réels et dramatiques mais très rares, et celle aussi du moindre incident de chasse à courre, surexploité quand il n’est pas inventé de toute pièce par nos opposants. Enfin, nous donnons la mort dans un monde qui la nie et caresse le rêve illusoire de s’en affranchir.

Notre tâche, dans ce contexte peu favorable, est triple. Tout d’abord prendre le contre-pied des attaques mensongères et des calomnies de toute nature qui sont propagées à notre encontre ; comme le dit fort justement Willy Schraen, président de la Fédération Nationale des Chasseurs, « la chasse n’a pas besoin d’être défendue, elle a besoin d’être expliquée. » Ensuite, nous devons tendre vers l’exemplarité ; les comportements dénués d’éthique ne sont plus défendables et compromettent lourdement notre légitimité. Enfin, voter.

Dans une démocratie comme la nôtre, des mesures « définitives » qui devraient toucher la chasse en général et la vènerie en particulier ne seraient pas le fait d’un ministre de l’écologie doctrinaire comme on a pu en connaître récemment encore. C’est le Parlement qui serait amené à se prononcer, députés et sénateurs. Si le fort ancrage local de nos sénateurs les protège de la propagande animaliste par une véritable connaissance des enjeux de la ruralité, il n’en va pas toujours de même de leurs collègues de l’Assemblée nationale. Récemment élus, parfois sans lien direct avec la vie de circonscription, ils ne connaissent de la chasse que ce que l’opinion « main stream » leur en dit, et qui ne nous est guère favorable.

En votant pour les élections législatives les 12 et 19 juin, les veneurs feront aussi le choix des députés qui décideront de l’avenir de leur passion ; certains partis se sont clairement prononcés contre elle. Avec l’ensemble des chasseurs, nous devons peser pour faire entendre la vérité de la ruralité, bien différente des poncifs animalistes.

Aux urnes, veneurs !

Compte-rendu de chasse : une chasse au lièvre avec le Rallye des Mondrots

Chasse au Thuit du 06/03/2022

La combinaison « café-chouquettes » offerte par nos amis et hôtes veneurs de la forêt de Lyons sera un bon petit stimulant avant l’effort.

Après avoir foulé les semis autour de la ferme, nous traversons jachères et labours en bordure de bois. Deux lièvres se dérobent devant nous, les chiens choisiront celui qui rentre aussitôt en forêt par les pâtures. Dès le premier chemin, une rencontre de notre bouquin avec des promeneurs semble l’avoir un peu stressé. Nous sommes déjà chez les voisins et décidons de réattaquer rapidement.

Nous reculons donc et retrouvons aussitôt le second lièvre. Les chiens sont appliqués et arrivent en bon ordre à la première petite route en direction de la ferme. Un joli labour les met un peu en difficulté, mais les plus fins dont Pandore percent et nous emmènent, après plusieurs passages de routes, dans un second grand labour que nous traversons au pas. Notre lièvre se dérobe à 20 mètres de la meute dans l’assolement suivant, un colza. Seule une partie de la meute le chasse à vive allure dans toute la longueur du labour : certains beagles ont loupé le relancé et n’ont pas entendu les copains partir, les colzas sont déjà plus hauts que nos petits chiens.

Nous rameutons lors d’un balancé au passage de la petite route du village en direction de la falaise du bord de Seine. Les chiens chantent sans discontinuité dans la descente et nous retrouvons la meute 200 mètres plus bas, le long du village. Entre les grillages, la route, les ronciers et la forte pente… seuls quelques bouts de voie sont démêlés dans la chaleur. Nous remontons donc sur le plateau et apprenons qu’un lièvre est vu sortant de la pente à 100 mètres de notre voie d’aller, une dizaine de minutes après notre descente. Les conditions sont compliquées et ne permettent pas aux chiens de reprendre franchement. Quelques chiens marquent dans le labour, nous fermons donc par le « vert », et notre lièvre bien calé dans le labour se dérobe finalement devant le maître d’équipage. La meute mise à la voie ne le lâchera plus, colza, labour, colza où la meute se fait jouer par une double. Remise à la voie à la sortie du colza, elle le chasse en plaine et devant toute l’équipe. Hallali !

100 mètres plus loin, un second lièvre se lève au nez de la meute alors que nous étions encore en cours de partage de ce premier run. La surprise fait rapidement place à l’action, et nous profitons de l’élan général ! Les chiens n’auront pas besoin de l’assistance humaine pour courir toute la plaine jusqu’à la ferme voisine traversée par notre lièvre. Très bonne reprise de voie le long du tas de fumier de l’autre côté du carrefour. Les chiens sont appliqués mais le retard nous pénalise. Nous ne traversons qu’en toute petite foulée quelques champs avant de tomber en bout de voie dans un colza. Bien bordé par une pâture, nous sommes quasi certains que notre animal ne perce pas. En insistant dans le colza, un lièvre finit par se lever aux nez de Simbad et Pandore qui l’emmènent dans une roue de tonneau. Une vue qui est sonnée dans la continuité des traces du tracteur nous confirme ce relancé à l’aveugle. La meute sort sans grand retard, mais la fatigue des chiens ou la difficulté de la voie ne nous permettent pas de retrouver la sortie du dernier labour en cours de travail par un courageux agriculteur ce dimanche.

Très bonne journée où nous avons eu grand plaisir à voir chasser la meute bien appliquée malgré une météo plutôt défavorable au courre du lièvre en plaine.

S’en suivra une belle curée à la ferme, où les honneurs seront faits à notre hôte M.P.

Nilouve, chienne exceptionnelle de l’Équipage Piqu’Avant Sologne

« Olivier m’a confié deux chiots de louve avec pour instruction de donner l’un à François-Xavier et de te remettre l’autre », me dit un beau jour mon ami Gérard , Maître d’Equipage du rallye Poncet ; et en descendant de cheval je fis la connaissance d’une jolie brunette au regard un peu sauvage. Comment appeler cette petite fille de sangs mêlés ? Eh bien, nous dirons Nilouve !

Olivier m’avait prévenu, les croisés loup sont souvent timides, parfois craintifs, mais j’avais eu la chance que François-Xavier ait fait le mauvais choix puisque son chiot fut et demeura imprenable. Quant à Nilouve, élevée dans ma maison déjà pleine de chiens, elle se montra timide avec les autres mais pleinement confiante avec moi. J’ai très vite constaté qu’elle était très intelligente et parfois pas trop commode avec ses copains et je l’ai rentrée en meute sans tarder.

À la chasse, Nilouve fut une excellent chienne, toujours en tête, mais, ceci expliquant cela, ne criant pas. Pour pallier ce défaut, je l’avais muni d’une petite clarine dont le son argenté s’entendait de loin. Quand elle prenait trop d’avance sur la meute, elle s’arrêtait d’elle-même et reculait au contre au-devant de ses amis, ce qui n’était pas vraiment gênant, car elle reprenait aussitôt la tête.

Bien évidemment, j’avais le projet de la faire saillir, mais ses chaleurs n’avaient rien à voir avec celles des autres chiennes. Après avoir refusé tous les prétendants que je lui avais proposés, elle décida de se laisser prendre par un jeune chiot bégu que je n’aurais retenu pour rien au monde, mais l’amour est ainsi fait que, comme disait l’un de mes gars,  » quand ça vous emmène, ça vous emmène  » ! De cette union naquirent six chiots que je gardais tous, et baptisait de nom musicaux pour compenser leur manque de gorge : Romance, Requiem, Ritournelle, Récital, Rameau et Ravel.

Nilouve ne me quittait pas et fut, bien sûr de mes déplacements en Argentine. Là-bas, absolument impossible de la tenir enfermée dans le chenil qu’elle escaladait par-dessus les grilles pour aller chasser toute la journée avec les chiens des péones, ce qui ne l’empêchait nullement de tenir sa place dans la meute.

Pierre Bocquillon avait dit à mon épouse « Vous serez très malheureuse parce que vous aimez beaucoup les chiens et ils s’en vont toujours trop tôt » ; il avait bien raison. Un jour, alors que nous venions de construire un auvent dans la cour du chenil, Nilouve se cogna en marchant contre l’un des poteaux. En fait sans que nous ne nous en soyons rendu compte, elle était devenue peu à peu aveugle et il avait fallu ce nouvel obstacle inconnu d’elle pour que nous nous en apercevions. Nilouve me quitta peu de temps après, mais elle a eu, à ce jour, 115 descendants et son sang coule encore dans les veines de la moitié des chiots nés l’année dernière. Nous ne sommes donc pas près de l’oublier !

L’Arrêté du 19 mai 2000 soumettant à autorisation la détention de loups impose désormais une autorisation préfectorale pour la détention de loups ou d’hybrides entre chiens et loups dont l’ascendance récente comporte un loup.

Tentative de s’approprier l’écologie : EELV a échoué

S’il est un sujet de satisfaction que les veneurs, et plus largement les chasseurs, ont partagé à l’occasion des élections présidentielles, c’est bien la défaite cuisante du représentant d’Europe Ecologie Les Verts. Avec 3,34% des électeurs inscrits (et 4,63% des votants), Yannick Jadot a démontré que ses gesticulations écolo-démagogiques n’avaient pas convaincu. La complaisance des médias à l’égard de ses incantations verbeuses comme son rapide passage à la manifestation organisée par AVA à Compiègne huit jours avant le premier tour pour racoler quelques suffrages sur le dos de la chasse à courre auront été vains ; et pour cause : les « populations en colère » que Stan-la-moustache appelle, à longueur de temps, à se lever contre la tyrannie de la vènerie n’existent, en réalité, que dans sa logorrhée fiévreuse.

Soyons clair, la défaite de Jadot ne signe pas l’adhésion enthousiaste des Français à la chasse en général ni à la vènerie en particulier. Mais l’écologie, la vraie, transcende les partis et les dirigeants de notre pays auront tout intérêt à l’intégrer dans leur futur gouvernement de façon moins doctrinaire que ce que voudrait imposer le diktat des khmers verts. A l’instar de Georges Clémenceau qui prétendait que « la guerre est une chose trop grave pour la confier à des militaires », on pourrait affirmer que l’écologie est une question trop grave pour être confiée aux écologistes.

Oui, la pollution comme la condition animale sont des préoccupations légitimes du début du XXIème siècle. L’une et l’autre engagent la responsabilité de l’homme et son avenir. Mais vouloir se les approprier à grands coups d’interdictions scandées sur fond d’une rhétorique catastrophiste est une supercherie. Nos escrologues ne sont pas experts en climatologie, une science complexe dont les analyses s’ajustent en permanence aux constats. Ils n’en connaissent pas plus sur la condition animale, qu’ils embrassent dans des généralités moralisantes bien loin de la réalité de la vie animale. Sur l’écologie, les « partis de gouvernement » devront prendre l’avis de ceux qui connaissent vraiment ces sujets. Les chasseurs et les veneurs sont du nombre.

Emmanuel Macron en campagne l’avait bien compris, qui a écrit aux présidents des Fédérations Départementales de la Chasse un courrier comprenant une somme d’engagements très forts (il est reproduit dans cette lettre des amis). Formons des vœux pour que ces engagements se traduisent dans la réalité de l’action présidentielle au cours de son nouveau mandat !

Les veneurs, de leur côté, sont conscients de la nécessité de faire mieux comprendre la chasse à courre aux élus de l’Assemblée nationale qui sortiront des urnes le mois prochain. La question de la condition animale sera au cœur de notre argumentation. Nous connaissons mieux que quiconque nos chiens, nos chevaux et les animaux que nous chassons ; nous ferons savoir pourquoi et comment nous respectons concrètement leur condition animale ; une écologie de terrain, bien loin de la vision fantasmée des « zamis des zanimos ». C’est à une extension du domaine de la lutte d’un nouveau genre que les veneurs sont invités ; chacun de nous doit en prendre sa part.

A suivre…

Ma première saison de chasse à courre au cerf

Intégrer un équipage dans la voie du cerf fut une aventure humaine exaltante, initiée en même temps que mon début de vie professionnelle.

Après avoir consacré une part importante de mes études d’ingénieur aux loisirs de la chasse à tir sous ses formes diverses, j’ai découvert la chasse à courre par le stage de trompes de chasse de Dobert, dans la Sarthe. Le monde de la vènerie, chaleureux, accueillant, m’est vite devenu familier. Être veneur m’apparut rapidement comme une aspiration naturelle, évidente, nécessaire.

Mon premier et seul réel obstacle à franchir – mais non des moindres – fut celui de l’équitation. Quelques lointains souvenirs de poney club datant de l’enfance et une certaine appréhension du cheval qui s’était installée avaient besoin d’un sérieux dépoussiérage.

La divine Providence plaça sur mon chemin quelques fidèles compagnons de vie, cavaliers auxquels je dois tant, qui me transmirent ce trésor millénaire du lien homme – cheval. Quelques séances de cours particuliers en centre équestre, de longues balades au pas en lisières de forêt domaniale les soirs d’été, ne furent pas superflues avant d’être opérationnel pour suivre mon premier laisser-courre.

Je tairai, bien sûr, une chute mémorable dont Saint Hubert me laissa un souvenir heureux pour ne retenir qu’un seul conseil : ne pas négliger les reprises en manège, bien utiles et nécessaires, avant les premières sorties en forêt. (et un deuxième : tenir les rênes…).

Une litanie d’apprentissages et de gestes environnent notre pratique du cheval toute l’année : porter l’avoine et le foin aux pâtures, panser un cheval, replacer un clou sous une ferrure et même apprendre à ferrer, tondre, assister le dentiste équin, entretenir une clôture, aménager un point d’eau, débroussailler un talus, capturer un cheval en pâture, embarquer dans un van…

Comment ne pas évoquer ensuite la facilité et le plaisir des répétitions de trompes au chenil, les sorties de chiens en pâture, puis à cheval l’été, avant la poésie des premières chasses d’entraînement. Les préparatifs de l’avant-chasse, les réjouissances de l’après-chasse, le festival continu des rencontres, les chevauchées par chaque chemin creux d’un domaine qui se compte en dizaines de milliers d’hectares.

La trompe, le cheval, le chien… l’arbre, la forêt… autant de disciplines qui mériteraient, chacune, d’y consacrer une vie. Au soir de cette première saison, il me semble avoir tout à apprendre encore du sens de la chasse, des habitudes des animaux, des recoins de notre territoire, communiquer efficacement et à bon escient en action de chasse, lire et relire nos parcours…

La vènerie m’apparaît comme une école d’humilité où la transmission, les sagesses du passé tapies dans les mémoires des anciens, occupent la première place. Il faut avoir la curiosité d’aller à leur découverte, vouloir apprendre, rechercher la pureté d’un instinct de chasse qui nous relie dans nos gènes à nos premiers aïeux.

Rejoindre un équipage est avant tout s’enraciner dans l’écosystème humain d’un territoire pour y partager des amitiés qui vivent toute l’année. Adopter une vie d’action à mi-chemin entre boy-scout et chevalier à la table du roi Arthur. Rien d’autre de nécessaire que volonté, passion et sens de l’engagement.

Échezeau, chien remarquable du Rallye de la Forêt de Chaux

Je ne concevais pas que l’on puisse chasser le sanglier à courre sans rapprocheur. Une lice me fut proposée par un vieux chasseur de sanglier de la Brenne. Cette chienne porteuse d’un bon courant de sang rapprocheur fut donnée à un de mes chiens de bonne lignée.

De cette union est né Echezeau.

Il était très agressif au chenil ; je dus m’en séparer à l’âge d’un an. Je le donnais alors à un maitre d’équipage qui chassait le lièvre en Limousin. Très fin de nez mais tout aussi vindicatif et de plus boiteux suite à une bagarre, Echezeau me fut rendu par Gilles de la Poterie, qui m’assura cependant de sa finesse de nez et de son atavisme pour le sanglier.

J’acceptai avec circonspection. Dés son retour au chenil, je l’incorporai à chaque sortie à mes rapprocheurs. Très rapidement, il donna sa pleine mesure et fut un chien exceptionnel à plus d’un titre.

En début de matinée, il rapprochait à un train soutenu une voie de la veille au soir. Très requérant, il ne « musardait » pas ; expéditif, il cherchait à percer ; sur une place où une compagnie avait travaillé, il passait outre décrivant spontanément de larges cercles jusqu’à avoir retrouvé la voie.

Aboyeur remarquable, doué d’une intelligence de chasse hors norme dans toutes les circonstances, caractériel et agressif, des souvenirs me lient pour toujours à mon chien.

Les déplacements en voiture avec Echezeau : il ne supportait pas, alors que l’on se rendait sur les lieux de chasse, une autre place que celle du siège passager. Au retour, plus la chasse était difficile et dure, moins il agressait ses compagnons et alors acceptait, à l’arrière du camion, une place à l’étage où, apaisé, il se sentait bien.

Sur la place du passager, il observait assis tout ce qui pouvait etre vu, grognait à la vue d’un chien ou de toute chose qui le dérangeait.

Ses gros yeux marrons pétillaient de joie de vivre et d’une certaine tendresse pour moi quand je lui prodiguais caresses et bons mots.

Ses faits en chasse sont nombreux et ont marqué l’équipage. En plus de ses très grandes qualités de rapprocheur, il était un remarquable aboyeur. Tout l’équipage se souvient qu’il a tenu seul un sanglier au ferme, pendant 30 minutes au moins, dans les Pyrénées orientales à Bédarieux précisément, avant que la meute le rallie et prenne ensuite ce sanglier en deux heures.

Sa descendance peu nombreuse avait les mêmes qualités. Je me souviens de Louvart, Loustic et Licorne. Beaucoup de mes chiens hier et aujourd’hui avaient ou ont du sang d’Echezeau.

Louvart, grand et beau chien avec sa gorge grave de cogneur, était en tout point comparable à son père, quoiqu’un peu plus petit que lui.

Echezeau était un anglo-francais tricolore de taille moyenne. Sa robe unie sombre descendait sur ses membres couleur feu. Solide sur ses aplombs, sa tête assez forte rappelait une infusion de sang anglais assez prononcée.

Une dernière anecdote pour clore mon propos décrivant un chien hors norme. A la curée avant de fondre sur « son » sanglier et de pousser tous les chiens sans ménagement pour se réserver la meilleure place, il lui arrivait au préalable de venir m’aboyer !

Bilan de fin de saison 2021-2022

Face à des échéances électorales importantes, la vènerie affirme sa vitalité et son adaptation aux exigences du monde moderne.

Une vènerie toujours pleine de vitalité

Dix nouveaux équipages ont été créés cette saison : deux chassent le chevreuil, quatre le lièvre, trois le renard et un le sanglier. Ils témoignent de la vitalité de la vènerie dans toutes les régions de France. Disposant de territoires bien identifiés, nos nouveaux-venus ont effectué leur première saison en parfaite harmonie avec les riverains et les autres chasseurs, à l’instar des 380 autres équipages. Les « engagements des veneurs », précisés l’année passée, attestent de notre détermination à nous adapter aux exigences du monde moderne : partage harmonieux de l’espace rural, respect de la biodiversité et des animaux chassés, soin de nos 30 000 chiens de vènerie et 8 000 chevaux de chasse, et volonté de transmettre ce patrimoine vivant que représente la vènerie.

Une opposition en perte de vitesse

Sur le front de l’opposition à la chasse à courre, la mobilisation n’y est plus. Seuls deux groupuscules anti-chasse résistent encore, en Picardie et dans les Yvelines, s’obstinant à perturber les chasses de cinq équipages (sur 390). Ceux qui ambitionnaient de voir leur combat dérisoire devenir une cause nationale, à grands renforts de manipulations et de sondages biaisés, connaissent départs et divisions. La cause anti-chasse est devenu un business et l’attribution des subsides des associations qui les soutiennent attise les convoitises et favorise les scissions. Les transfuges, de plus en plus nombreux, en témoignent. Citons ainsi Alexis Barbier, trop longtemps connu, dans quelques massifs forestiers, pour des actions « coup de poing » et qui, au cours de la saison écoulée, a « tout déballé » sur les procédés de nos opposants. Un coup dur pour ces mouvements désertés par ceux qui avaient d’abord cru leur propagande.

Elections présidentielles et législatives

Les élections présidentielles auront vu la condition animale apparaître timidement dans le débat. Quelques rares candidats ou leurs porte-paroles ont cru cependant opportun de s’attaquer à la chasse à courre, une prétendue « cruauté » de notre mode de chasse constituant leur unique argument. Seule la candidate Lutte Ouvrière a stigmatisé les « riches oisifs en mal de distraction » qui la pratiqueraient, démontrant par là-même sa faible connaissance du sujet. Redisons-le toujours, la chasse à courre n’est pas cruelle, elle est naturelle. Il est naturel que des animaux sauvages fuient leurs prédateurs ; ils ont, pour ce faire, développé depuis la nuit des temps des capacités physiques et sensorielles extraordinaires qui leur permettent d’échapper à nos chiens trois fois sur quatre.

Nos priorités : expliquer la chasse à courre et former les veneurs

Expliquer la vènerie, c’est la faire mieux comprendre et accepter de nos contemporains. Cette volonté d’expliquer a déjà porté ses fruits chez nos élus, interpelés par les veneurs dans les 70 départements où la chasse à courre est pratiquée. Elle sera, bien sûr, poursuivie auprès des députés qui constitueront la nouvelle Assemblée nationale, issue des urnes en juin prochain.

C’est aussi le grand public qui doit être informé. Pour ce faire, des vidéos sont diffusées régulièrement sur les réseaux sociaux pour expliquer la vènerie, loin des idées reçues et des interprétations calomnieuses que tentent d’en donner nos opposants.

La société contemporaine est aussi en attente d’expertise de la part des pratiquants de notre sport. Nous gérons des meutes de chiens et des chevaux ; il nous faut démontrer notre capacité à les bien traiter dans l’exercice de notre activité. L’intersaison qui démarre procurera l’occasion, pour tout veneur, d’améliorer sa connaissance de ses chiens comme de ses chevaux. Un programme de formations important est proposé : une douzaine de rendez-vous entre avril et septembre. Ces formations sont présentées dans une brochure disponible sur simple demande.

Retraite et mystères

La dernière retraite de la saison a été sonnée dans tous nos équipages. Retraite prise ou retraite manquée, elle nous laisse cependant toute l’intersaison pour méditer sur les bonheurs d’être veneur et les interrogations dans lesquelles nous plonge chaque chasse. Si Socrate avait fait du questionnement la base de la philosophie, à coup sûr, les veneurs sont de grands philosophes. Après lui, Louis de la Bastide interrogeait, dans son ouvrage de référence : « Pourquoi j’ai manqué mon cerf ? Pourquoi j’ai manqué mon chevreuil ? »

Certes, si le questionnement est plus obsédant par retraite manquée, les mystères de la nature n’en sont pas moins profonds par retraite prise. Cette confrontation du veneur et de sa meute avec l’animal sauvage est mystère, et la victoire du veneur, victoire provisoire comme il ne l’oublie jamais, n’écarte en rien la magie de la rencontre entre les chiens de vènerie et l’animal de meute.

Car la confrontation elle-même est mystère. D’où viennent ces capacités olfactives hors du commun qui permettent à un chien de vènerie d’emmener une voie en forlonger d’une heure sur un sanglier ou un cerf ? Pourquoi les chiens se rallient-ils lorsque l’un d’eux a retrouvé la voie et négligent-ils l’appel d’un autre sur un change ? D’où vient que les animaux chassés possèdent, dès le plus jeune âge, cette capacité à ruser pour échapper à la meute ? Comment leur est enseignée l’idée de se harder, de ruser à l’eau, de faire hourvari, de livrer le change ou de se forlonger ? Cette part de ce qu’il faut bien appeler l’inné est renforcée par l’expérience, et plus d’un veneur a pu constater qu’un animal qui a déjà été couru n’en devient que plus difficile à prendre, tant les acquis de l’expérience ont enrichi sa capacité à échapper à la meute.

Mais les ruses de l’animal n’expliquent pas seules les difficultés des veneurs, qui ne sont pas tous égaux face à l’animal sauvage. Si le marquis de Chambray s’acquit une réputation exceptionnelle en sonnant 97 hallalis au cours de 97 chasses consécutives, du 4 janvier 1907 au 23 octobre 1909, les veneurs d’aujourd’hui ne sauraient prétendre à un tel palmarès. L’élevage de sa meute, la connaissance du caractère de chacun de ses chiens, la maîtrise des territoires chassés, contribuent tout autant, si ce n’est plus, au succès du veneur que son intuition des ruses de l’animal.

Dans son désormais ouvrage de référence*, Charles Stépanoff écrit : « Il faut que la chasse puisse échouer, infligeant à l’homme l’expérience – aujourd’hui rare – des limites de sa domination. Conceptuellement, la chasse implique nécessairement une altérité qui résiste. »

Cette altérité dont il tente de triompher constitue pour le veneur le perpétuel défi, le perpétuel mystère, celui dont, à chaque retraite, qu’elle soit prise ou manqué, il est tout entier habité. La vènerie n’est pas un jeu, ni un loisir. Le marquis d’Onsembray et, plus tard, Monique de Rothschild affirmaient que la vènerie est un art. Comme tel, il a, lui-aussi, sa part de mystère, questionné sans fin.

* « L’animal et la mort » aux Editions La Découverte

Lettre ouverte à Jordan Bardella, Président du Rassemblement National

« Monsieur le Président

Alors que vous étiez interrogé, dimanche soir 20 février, par les journalistes de BFM TV sur le dramatique accident de chasse à tir qui a coûté la vie à une jeune femme de 25 ans, il vous a semblé opportun d’ajouter, sans que cela ait un quelconque rapport, que vous étiez « assez opposé à la chasse à courre. » Les raisons que vous invoquiez était sa « brutalité » et la question de la « dignité animale ».

Les campagnes électorales se nourrissent de propositions radicales ; faut-il pour autant interdire une passion dès lors qu’elle vous est inconnue ? La chasse à courre est « un mode de chasse qui consiste à poursuivre un animal sauvage avec une meute de chiens courants, jusqu’à le perdre ou le prendre » (Wikipédia). En cela, elle reproduit au plus près le mode de prédation qui se retrouve dans la nature.

Seuls les animalistes qualifient cette prédation naturelle de « brutale » ; seul David Olivier, le fondateur des Cahiers antispécistes, imagine qu’on puisse enseigner au lion de ne pas chasser la gazelle, ou au chat de ne pas attraper des souris.

Quant à la « dignité animale », quoi de plus digne et de plus loyal que de permettre à un animal, chassé depuis ses origines par un prédateur (hier le loup, l’ours ou le lynx, aujourd’hui le chien de vènerie), de mettre en œuvre l’ensemble des ruses que son espèce a acquises pour survivre ? Raison pour laquelle l’animal chassé sort vainqueur de la confrontation avec la meute trois fois sur quatre. Le vrai respect de la « dignité animale » est bien là : permettre à un animal, sauvage ou domestiqué, de vivre conformément aux caractéristiques de son espèce. Ça s’appelle l’éthologie.

Je ne pense pas que le Rassemblement National ait beaucoup à gagner à stigmatiser ainsi une catégorie de chasseurs, lesquels se retrouvent dans l’ensemble du spectre politique. A vouloir contenter quelques animalistes médiatisés, vous vous couperez plus certainement d’une population très attachée à la culture et aux racines de notre société.

Les chasseurs sont solidaires entre eux, et s’attaquer à un mode de chasse, c’est s’attaquer à l’ensemble du million de chasseurs qui ont pris leur permis cette saison, conscients que si les modes de chasse varient, la passion de la chasse est commune à tous.

Vos propos tenus sur BFM TV semblent indiquer que vous n’avez probablement pas eu l’opportunité de suivre une chasse à courre dans votre vie ou de visiter un de nos 390 chenils installés dans 60 départements de Métropole. Nous sommes ouverts, fiers de nos traditions, et n’avons rien à cacher, aussi je tiens à vous y inviter dès que l’effervescence de l’actualité politique vous en laissera le temps.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mon parfait dévouement démocratique. »

                                                            Pierre de Roüalle

                                                                                                          Président