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Hugo, le nez au vent

Dans nos vallons, Hugo, grand Anglo-Français et fin limier, quête puis requête, espérant humer une de ces subtiles senteurs asphaltées. Que le temps soit à la grappille des abeilles, à la pluie qui sans cesse se déverse, ou à la tombée des flocons jonchant les arêtes, il explore sous des saules ou des Sudètes*.

Dans nos vallons, Hugo porte fièrement en son prénom, une âme de garçon.
Il acquiesce de nombreuses câlineries contredisant ainsi avec sa prestance et sa nonchalance. Approchant sa truffe pour tenter de chérir ou de remercier peut-être, en glissant un petit coup de langue, il laisse paraître son œil borgne de naissance, blanchi partiellement.
Il épanche, toujours de la même manière, son dépit, son entrain ou sa colère. De son regard, il fixe l’être qui lui est le plus cher, s’exprimant dans son langage que nul Homme, par le passé, n’eut déchiffré.

Dans nos vallons, Hugo, le nez au vent, s’exhale hardiment : « AOOOOOH » ! D’un ton rocailleux, la voix, se laissant porter par le vent, stagne et s’oppose au silence qui en devenait presque pesant.
Maîtres, piqueux et boutons le savent, devant lui, ils sont là, les sangliers qu’ils eurent tant désirés.
Comme un modèle, un patriarche, un véritable chef de clan, il attend patiemment. Il attend, pour l’épauler, que ses compagnons de meute le rejoignent pousser de joyeuses menées.

Dans nos vallons, Hugo demeure et demeurera, un chien de foi, un chien des bois, un chien d’abois.

Le vieux Hugo, chien des « grands devants », appartient à l’un de mes proches amis passionnés. Il est le fruit de générations d’élevage, de sélections génétiques et de dressage. L’amour qu’il émet se ressent à travers lui et ne manquent que les mots pour qu’il le retranscrive…

Déc[O]uplons les savoirs de la nature. J’accour[R]e.

*variété de Mélèze (Larix Decidua)

Et si la vènerie avait tout compris ?

A l’heure où le mal être collectif de notre pays fait battre le pavé à des millions de français et les pousse à s’inventer des causes parfois absconses pour redonner un sens à leur existence, la vénerie poursuit son laisser-courre joyeusement, affermie par une tradition assumée qui lui permet d’être résolument tournée vers l’avenir parce que profondément ancrée.

Il faut en effet constater gravement ou légèrement selon l’humeur ou le caractère, que les repères de notre pays chéri, oserais-je dire : de notre Patrie, s’effritent sérieusement, laissant çà et là un drôle de champ de bataille au fond du cœur et une confusion certaine dans la tête de nos enfants. Quand on ne sait plus d’où l’on vient, comment savoir où l’on va et qui l’on est ? Quand il n’y a plus de fierté et de beauté, en somme plus de grandeur, que reste-t-il à l’homme ?

Alors quoi de plus naturel au fond que l’existence même de nos chers AVA, pour ne prendre qu’eux. Car en mal d’identité, ils se communautarisent ; en mal d’autorité, ils tyrannisent ; en mal de nature, ils « artificialisent » une écologie ; en mal de beauté et d’élévation ils se créent une idéologie, un combat. Pour eux ce sont tant de tâtonnements sans réponse véritable, sans justesse, finalement sans bonheur. Ce sont tant de certitudes douteuses et de mensonges consentis. Une quête souffrante du bonheur, alors que pourtant tout est là à portée de la main.

Nos opposants, sans le comprendre, admettent que les veneurs semblent libres et heureux, qu’une cohésion forte est présente malgré le faisceau des différences sociales, qu’une passion semble les émouvoir ensemble. C’est parce que la vénerie est forte de ses racines incarnées dans des usages immuables. Autrefois aristocratique, elle élève aujourd’hui en offrant à tous son élégance, refusant inexorablement le nivellement par le bas. La vénerie est une continuité naturelle entre l’ancien temps et le nouveau, sans rupture, sans révolution, sans blessure. La vénerie lie les hommes entre eux autour d’une passion, autour d’un mystère, celui de la vie et de la mort. En conservant une structure fondée sur l’autorité (auctoritas en latin signifie : faire grandir) avec les maîtres d’équipage, et des repères que sont les rites (traditions, fanfares, tenues…), elle offre un cadre propre à l’épanouissement, qui loin de restreindre la liberté en offre un précieux écrin.

Enfin, elle est un rattachement à la terre, celle qui est sous nos pieds, si près de nous, celle qui ne ment pas, celle avec laquelle on ne peut tricher sans en payer les conséquences. Celle qui rythme le temps des hommes par ses saisons, celle enfin qui offre la vie et qui la reprendra.

J’aime la vénerie pour la chasse bien sûr, cette quête époustouflante et incertaine, cet ensemble d’engagement, d‘art et de savoir qui fonde l’amour mystérieux du veneur. J’aime la vénerie pour l’élégance et la courtoisie de ses rendez-vous, le bon sens et la vérité paysanne. J’aime la vénerie enfin car elle est un vecteur formidable d’éducation, par la transmission de valeurs essentielles, à mes petites têtes blondes. Elle contribue à en faire des Français debout dans le monde et des hommes humbles sur la Terre.

C’est donc aussi parce que la vénerie est l’un des nombreux repères qui manque à notre société qu’elle doit vivre. Chasser à courre, c’est résister, durer et offrir un avenir plus radieux à nos enfants.

QUO VADIS ? « Où vas-tu ? » demandait Saint Pierre à Jésus alors sur la voie Appienne. Si l’on ne sait pas toujours où va le monde, une chose est sûre, samedi, moi, je serai à la chasse !

Contrastes

La journée du samedi 31 octobre aura été, pour tout veneur, une journée de contraste. Deuxième jour du reconfinement, elle concrétisait, tout d’abord en ce début de week-end, la grande déception de chacun de nous, privé de chasse pour plusieurs semaines. Certes, pareille circonstance s’était déjà produite, par temps de neige par exemple. Mais alors toute la vènerie française ne se trouvait pas ainsi immobilisée ; il restait encore la possibilité d’aller visiter des équipages situés dans des régions au climat plus clément. En ce 31 octobre, pas d’échappatoire. Caresser ses chiens, nettoyer son matériel, et relire les comptes-rendus des premières chasses semblaient les seules issues proposées au veneur.

Mais en fin d’après-midi, une nouvelle vint tempérer, si ce n’est dissiper totalement, cette morosité. La presse picarde annonçait : les « deux vétérinaires mandatés par la justice ont conclu que seul le chien qu’Elisa Pilarski promenait alors est à l’origine de sa mort. » Le 3 novembre, le résultat des tests ADN tant attendu confirmait la totale innocence des chiens de meute dans le drame de Retz. Ainsi donc se trouvait officiellement vérifiée l’affirmation que nous ne cessions de marteler depuis ce funeste 16 novembre 2019 où la malheureuse jeune femme trouva la mort en forêt dans de si épouvantables circonstances : les chiens de vènerie sont incapables de s’attaquer à l’homme. Nous les faisons naître, nous les élevons, nous les nourrissons, nous les soignons ; leur relation avec l’être humain est forte et empreinte de confiance et d’affection. Leur dressage pour en faire des chiens d’ordre implique une rigueur qui exclut toute cruauté, tous sévices, et renforce la relation homme-chien.

A dires d’expert, il semblerait même que le chien est naturellement aimable avec l’homme ; seul un dressage spécifique de son maître ou l’angoisse qu’il lui transmet développent son agressivité et sa dangerosité. Hélas, le pauvre Curtis semble en avoir eu son compte, les deux experts vétérinaires déclarant même que « son dressage contre nature relève d’une forme de maltraitance animale. »

Ces éléments d’appréciation du comportement du chien semblent avoir échappé à nos opposants. Aveuglés par leur obstination à nous nuire, ils ne cherchent pas plus à comprendre le comportement des chiens que la chasse à courre elle-même. Brigitte Bardot, ne fixant aucune limite à son outrance, accusait nommément la vènerie d’être responsable de la mort de la jeune femme dans un courrier adressé dès le lendemain du drame à la ministre de la transition écologique d’alors, Elisabeth Borne ; ce courrier est d’ailleurs toujours consultable en ligne sur le site de sa fondation.

Assurément l’idéologie animaliste a sa part dans le climat de haine qui se développe actuellement en France, que le gouvernement prend très au sérieux, et dont on sait désormais qu’il fait des ravages qui endeuillent trop souvent la France dans la période actuelle.

Mais nos opposants auront fait montre d’un tel aveuglement fanatique dans cette affaire, qu’ils se trouvent profondément décrédibilisés. Leur parole est durablement entachée du soupçon de mensonge. Ce mensonge, qui, avec la calomnie et la manipulation, constituent les armes habituelles de leur harcèlement prohibitif. L’opinion publique est désormais fixée sur le crédit qu’elle doit accorder à leurs allégations.

Reste la mort d’une femme et de l’enfant qu’elle portait, tués par la bêtise d’hommes qui, eux, ne chassent pas à courre.

Si ça branche, c’est que c’est bon !

« Si ça branche, c’est que c’est bon ! »

Se lever avant l’aurore, la bouche brumant encore par ce temps quelque peu clément. Crépitante et scintillante, la couche blanchâtre qui jonche le sol prédit le déroulé de cette longue journée.

Seul pour trouver la brisée, le bouton s’en remet à la symbiose et à son instinct naturel pour observer les traces de la gambade nocturne du ragot se nourrissant. Déjouer le hourvari, identifier les boutis ou trouver la souille de cet animal si intelligent sont les objectifs afin de rapporter une attaque précise et détaillée.

Deux fidèles compagnons, dont les paroles ne sont qu’une encyclopédie, un véritable recueil de méthodes de dressage et d’histoires de chiens courants, sont impatients.

Deux fidèles compagnons, dont la passion n’est marquée que par l’amour de la chasse et du sanglier, s’empressent de mettre sur cette voie froide, très froide, quelques fins limiers.

Les valets s’appliquent, divaguent méthodiquement et s’expriment d’un ton rauque. Le défilé s’annonce à la fois compliqué et prometteur… Soudain, survient le défaut, une ruse, nul ne sait sa volonté, qui ralentit la quête déjà bien engagée. Au retour, barre, rattache – chacun est libre de cette expression – sur la dernière odeur criante qui fût marquée.

Une chienne s’éloigne, quête, sillonne et s’applique. Sans plus attendre, confiant et déterminé, l’un des deux compères fait raisonner sa joie : « Si ça branche, c’est que c’est bon ! ». Avec un entrain sans pareil, la meute embraye et contrecarre ainsi les crochets de ce sus scrofa jusqu’aux abois.

Le rapprocher est une phase cruciale et passionnante. Les chiens ayant les capacités de pratiquer cela constituent le prolongement du corps et de l’esprit de leur maître. La fusion des deux êtres reflète le travail exceptionnel et quotidien de personnes véhémentes.

Déc[O]uplons les savoirs de la nature.
J’accour[R]e.

Vènerie et cohésion sociale

A l’heure de l’apogée du divertissement de masse et des nouvelles technologies, des contenus dématérialisés et illimités accessibles depuis chaque domicile, les moyens de mobilité permettent toujours plus de déplacements, plus loin, plus vite, plus souvent. Les quelques 80% de la population française urbanisée sont reliés, par la fibre optique et les achats en ligne, à l’infinité du savoir de l’humanité.

Ces sources quasi-obligatoires accélèrent l’évolution vers un modèle de pensée préétablie et un mode de vie idéalisé. Ce nouveau standard de vie veut gommer les différences de pouvoir d’achat, faire disparaître les limites environnementales ville-campagne, proposer une nouvelle vie identique à chaque individu homme ou femme et bientôt animal. Les français n’ont jamais été autant étrangers à leur propre culture, coupés de leurs terroirs, de leurs racines et des traditions populaires. Les individus n’ont jamais été aussi isolés, en situation de fragilité émotionnelle ou de perte de repères. La mobilité débridée, la communication logorrhéique dématérialisent aussi la vraie rencontre, l’activité collective.

Nous arrivons ces dernières années face au constat d’une fracture dans la société française. Un fossé semble s’être creusé entre riches et pauvres, entre les habitants des campagnes et ceux des agglomérations urbaines. Sports bourgeois et loisirs populaires sont de nos jours bien compartimentés. Chacun mène son existence environné de ses pairs sans réellement fréquenter ni même connaître les riverains de son propre peuple issus d’autres milieux. L’incompréhension et la défiance se révèlent dans les manifestations violentes dont nos rues ont été le théâtre ces derniers mois et dans le ton des discussions sur les réseaux sociaux.

Rares sont devenues les vraies activités qui, comme la chasse à courre, mêlent avec autant de force une si large palette de la population, d’un extrême à l’autre de l’échelle sociale.

Les sociologues de renom Pinçon-Charlot ont mené une vaste enquête de terrain en suivant des équipages de la France entière au fil de plusieurs saisons. Leur étude démontre de manière frappante les liens humains formidables créés et entretenus tout au long de l’année par les équipages de grande et petite vènerie mêlant « des ducs et des ouvriers, des banquiers et des cantonniers, des jeunes et des vieux, des hommes et des femmes. »[1]

En France, en ce début de XXIe siècle, veneurs ruraux et habitants des villes partagent leur grande connaissance de la nature au service d’une chasse loyale, ouverte à tous, dans une rare atmosphère de convivialité.

A l’heure où elle n’a jamais été aussi décriée, incomprise, menacée, la vènerie porte, plus que jamais, un message à transmettre : la preuve d’une possible réconciliation de nos rapports sociaux.

Notre société devrait trouver dans cette institution vivante qui a traversé les âges une invitation à connaître et estimer nos riverains, renouer une proximité avec la nature, à s’émerveiller devant la vie du monde sauvage, retrouver la douceur et la courtoisie dans nos rapports humains, à nous réconcilier avec notre patrimoine culturel et les valeurs oubliées de notre vieille civilisation.

[1] PINÇON, Michel, PINÇON-CHARLOT, Monique, La chasse à courre. Ses rites et ses enjeux, Paris, Payot et Rivages, 1993, p. 155 (réédition, Paris, Petite Bibliothèque Payot, n° 269, 1995, 308 p.).

L’ignorance et les milliardaires au secours de l’animalisme

Incontestablement, le Referendum d’Initiative Partagée pour les animaux stagne. Cela tient à sa conception-même. Il additionne, en effet, les sujets les plus variées au nom du bien-être animal. Les interdictions qu’il projette sont lourdes de conséquences économiques, sociales et patrimoniales ; elles remettent aussi en cause certains des acquis fondamentaux de la République.

Avec complaisance, l’exposé des motifs en appel aux incendies qui ont ravagé l’Australie en 2019, au Covid-19, à l’inévitable quoique confuse « promotion de la biodiversité », et aux prétendues attentes des Français en matière de bien-être animal – qui serait contre ? Ce préambule geignard annonce une série d’interdictions qui touchent indistinctement des domaines d’activité complexes. Les expérimentations animales, l’élevage, les spectacles d’animaux non-domestiques et la chasse à courre sont des sujets évidemment méconnus du grand public tant dans leur pratique, que dans leurs incidences économiques, sanitaires et/ou sociétales. Le but bien senti de cette manipulation est de soulever l’émotion du citoyen attendri, soudainement promu juge souverain, grande tendance contemporaine.

Ne nous leurrons pas ! Les milliardaires qui soutiennent ce projet ne se sont pas soudainement découvert une passion pour les animaux, ni une détestation des pratiques qu’ils entendent interdire ; ils en ignorent tout. Gageons qu’il y va là de leur intérêt bien senti.

Concernant l’interdiction de la chasse à courre suggérée par ce RIP, l’exposé des motifs en donne cinq raisons qui sont autant de contre-vérités. Démonstration est ainsi faite de l’ignorance totale des instigateurs du RIP en matière de vènerie. La chasse à courre serait archaïque, cruelle, couteuse, sans utilité sociale, et ne contribuerait pas à la nécessaire régulation des espèces. Toutes ces affirmations ont en commun d’être totalement fausses.

  1. La chasse à courre n’est pas archaïque. Avec près de 400 équipages, 10 000 pratiquants et plus de 100 000 sympathisants, la chasse à courre n’a, au contraire, jamais été aussi prospère qu’aujourd’hui.
  2. La chasse à courre n’est pas cruelle. En reproduisant le cycle de la prédation, elle est, au contraire, le mode de chasse le plus naturel qui soit. Dans le monde réel, les prédateurs mangent les proies : les chats mangent les souris, et les lions mangent les phacochères. Tom et Jerry, le Roi Lion et Pumba appartiennent, eux, au monde magique de Disney, pas à la vraie nature. La cruauté, c’est placer des êtres sensibles dans des conditions que leurs aptitudes physiques et sensorielles ne leur permettent pas d’affronter, comme laisser son chat dans une voiture en plein soleil ou enfermer son chien dans un espace clos sans nourriture pendant plusieurs jours. Rien de tel dans la confrontation entre nos chiens de meute et les animaux qu’ils chassent dans un espace libre.
  3. La chasse à courre n’est pas couteuse. Tout au contraire, il y en a pour toutes les bourses. Être membre d’un équipage qui chasse le lapin coute 100 € par an ; la cotisation peut monter jusqu’à 4 000 € pour chasser le cerf. Et c’est ne rien dire des centaines d’emplois induits par la chasse à courre (piqueux, maréchaux-ferrants, vétérinaires, pensions de chevaux, etc.) ou des 100 000 sympathisants qui suivent gratuitement chacune des 18 000 chasses à courre organisées chaque année à travers 70 départements français.
  4. L’utilité sociale de la chasse à courre est certaine. Elle a été démontrée par deux chercheurs du CNRS, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, dans leur ouvrage « La chasse à courre. Ses rites et enjeux. » (Paris, Payot, 1993). Citons une seule phrase, extraite de leur ouvrage : « La vènerie est un fait social « total », dans la mesure où il parle de la vie, de la mort, de la nature, de la sauvagerie, de la tradition, du sacré, des rituels, de l’art, de la spiritualité, de la philosophie et des rapports sociaux ».
  5. La contribution de la chasse à courre à la nécessaire régulation des espèces n’est effectivement pas importante car l’animal chassé – comme dans tout acte de prédation naturelle – sort victorieux de sa confrontation avec la meute trois fois sur quatre. On notera cependant deux nuances : ce mode de chasse entretient l’instinct sauvage des espèces chassées ; les veneurs ne représentant qu’à peine 1% des chasseurs, leur contribution aux prélèvement totaux est proportionnelle à leur nombre.

Nous chassons des animaux qui ne sont pas en voie de disparition. Nous le faisons selon un mode de chasse écologique qui ne blesse pas les animaux. Nous perpétuons une pratique millénaire, détentrice d’une connaissance approfondie et quasi-exclusive de la faune sauvage et de ses comportements. La vènerie constitue une opportunité unique pour l’homme contemporain occidental d’une rencontre authentique avec la faune sauvage.

« La vérité est à construire, comme l’amour, comme l’intelligence. Rien n’est donné ni promis en effet, mais tout est possible à qui accepte d’entreprendre et de risquer. C’est ce pari qu’il faut tenir à l’heure où nous étouffons sous le mensonge, où nous sommes acculés contre le mur. Il faut le tenir avec tranquillité, mais irréductiblement, et les portes s’ouvriront. » Albert Camus

La vènerie sous terre dans la tourmente

L’Association Française des Equipages de Vènerie Sous Terre (AFEVST) a tenu son assemblée 2020 à La Boue dans un contexte particulièrement tendu. Depuis longtemps ce mode de chasse, trop mal connu et peu compris, a fait l’objet de critiques. Trop longtemps, notre vènerie sous terre a pâti d’une image déplorable issue de déterrages menés sans foi ni loi, guidés par la recherche de l’efficacité à tout prix pour répondre à de pressantes sollicitations du monde agricole ou des gestionnaires de territoires à petit gibier.

La communauté des veneurs sous terre en a une conscience aigüe et un travail de fond a été engagé.  L’AFEVST a donc préconisé des pratiques de la vènerie sous terre particulièrement exigeantes en termes de respect des chiens, du gibier et de son environnement. Depuis 2013, chaque Maître d’équipage doit s’engager à les respecter en signant la charte AFEVST. A ce jour, 100% des Maîtres d’équipages reconnus sont signataires de la charte.

En 2014, ces principes prônés par notre association ont été introduits dans la réglementation : la chasse doit ainsi se dérouler sans blesser l’animal de chasse avec l’usage de pinces non vulnérantes pour la prise, les terriers doivent être remis en état proprement, pour servir l’usage d’une arme s’impose. Cette réglementation a encore été renforcée en 2019 notamment pour éviter qu’un  animal pris ne soit exposé inutilement aux morsures des chiens. Depuis juillet 2019, ces différentes règles applicables à la chasse (vènerie sous terre) s’imposent aussi aux opérations de destructions du renard.

L’AFEVST se montre intransigeante avec ceux qui ne respectent ces règles. Tout équipage contrevenant se voit retirer son certificat de vènerie et fait l’objet d’un signalement à l’OFB en charge de la police de la chasse. Dans les cas les plus graves, l’AFEVST n’hésite pas à demander le retrait de l’attestation de meute délivrée par les DDT.

Pour autant, les menaces grondent sur la vènerie sous terre comme sur la vènerie, les chasses traditionnelles et bien des activités en lien avec la nature et les animaux. Le RIP pour les animaux est un défi majeur qui appelle la mobilisation de tous. Parallèlement, faisant fi des réalités, des parlementaires font leurs choux gras sur le thème de la souffrance animale. Ils prétendent légiférer sur leurs légendes urbaines. Mais, la vènerie sous terre traîne un autre boulet qui lui est particulier. Celui des dates d’ouverture et de fermeture de la chasse sous terre du blaireau, la période dite complémentaire.

En effet, la période de mise-bas est plus précoce en saison que pour le grand gibier. Elle est centrée sur février. En conséquence, sa chasse ferme plus tôt (15 janvier) et peut ouvrir plus tôt sur décision du Préfet (15 mai). Chaque année, ce ne sont pas moins de 75 consultations publiques qui sont organisées dans les départements concernées. Nos détracteurs mobilisent abondement contre l’ouverture de la période complémentaire de vènerie du blaireau au 15 mai. Leurs arguments sont peu recevables mais, inlassablement assénés, ils usent les services de l’Etat.

La communauté des veneurs sous terre s’est mobilisée largement pour mettre en avant la qualité de nos pratiques dans le respect du gibier et de son environnement. Cette mobilisation s’est élargie à l’ensemble du monde de la chasse avec une solidarité croissante notamment en association avec les initiatives louables de la Société de Vènerie. Enfin, l’AFEVST a proposé plusieurs documents à l’attention des élus, des fédérations des chasseurs, du grand public permettant d’éclairer objectivement la réalité de ce mode de chasse si particulier.

Lettre ouverte à Xavier Niel, Jacques-Antoine Granjon et Marc Simoncini

Je vous ai écoutés lors de votre passage télé sur l’émission Quotidien. Malgré ma colère, je vous ai écoutés jusqu’au bout pour essayer de comprendre vos motivations réelles à fournir tant d’efforts pour mettre en place ce RIP. Je vous ai écoutés parce que je suis concernée et que j’ai quelques peines à croire en votre altruisme. Vous pardonnerez mes doutes.

Je vous ai observés, les 3 potes, réunis autour de ce même projet. C’était bon enfant, vous vous marriez et donniez l’impression de participer à un jeu télévisé.

Vous aviez l’air tellement citadins, tellement déconnectés des sujets que vous portez si fort. Je vous ai entendus aborder le sujet de la chasse à courre, Monsieur Niel, avec une telle innocence. Celle d’un homme qui n’a vraisemblablement jamais eu la curiosité d’aller à la rencontre de l’objet de votre mépris. Et je me suis demandée si les éleveurs, les scientifiques, les chasseurs touchés par votre initiative avaient autant ressentis votre méconnaissance de leur activité que moi ?

Afin de justifier votre projet, vous assénez des chiffres sortis de nul part : 80% des français vous soutiennent. Vous vous trompez, ce ne sont pas 80% des français qui sont en faveur du bien-être animal, nous sommes 100%. Que cherchez vous à démontrer ? Que ces hommes et ces femmes, éleveurs, agriculteurs, chasseurs, hommes de spectacles, scientifiques sont des brutes sans cœur et sans cerveau et que vous êtes les 3 sauveurs ?

Vous brandissez des images insoutenables pour justifier votre cause. Mais pourquoi ne pas justifier la suppression des voitures en montrant des enfants amputés mettant en cause des chauffards alcoolisés ? Nous avons tous nos chauffards, dans chaque métier, chaque passion et il faut les combattre. Mais quelle malhonnêteté ce serait d’utiliser ces exceptions pour justifier l’éradication de tout un système qui tente déjà de survivre.

Etes-vous simplement allés à la rencontre de ces hommes et de ces femmes dont votre action risque de détruire la vie ? Combien d’élevages avez vous visités ? Je parle de ceux qui essayent de faire bien leur travail, tout en gagnant une misère ? Combien de responsables de cirques avez-vous rencontrés ? A combien de chasse à courre avez-vous assisté ? Juste pour comprendre la réalité vécue par toutes ces personnes. Leur passion, leurs contraintes, leurs efforts, leur évolution, leur situation économique, leur avenir. Parce que parlons-en de leur situation économique et de leur avenir. Avez vous conscience de l’impact économique de votre proposition ? Croyez-vous que la France puisse se permettre d’ajouter cela à la liste du moment ? N’est-ce pas un peu facile du coin de votre bureau ?

Votre projet vise à interdire et contraindre des gens à renoncer à leur métier, à leur passion. Proposer à la population de voter sur un sujet qu’elle connait majoritairement aussi mal que vous, en jouant sur l’émotionnel, c’est prendre le risque de briser des vies. Alors, quand on ruine la vie des gens, il faut le faire en connaissance de cause et être sûr de soi. L’êtes-vous Messieurs ? Pensez-vous connaitre suffisamment votre sujet ? Pensez-vous être allés suffisamment à la rencontre des personnes que vous visez et qui essayent de bien faire leur métier ou vivre leur passion dans les règles de l’art ?

Parmi vos batailles, je n’en connais vraiment qu’une seule : la chasse à courre. Au delà d’être une passion, c’est un art. Unique au monde. La France est le seul pays au monde à pratiquer la chasse à courre telle qu’elle le fait, et ce, depuis 500 ans. Alors il ne faut pas vous planter dans vos décisions. Je chasse le chevreuil, je ne suis pas aristo et mes copains sont profs, agriculteurs, médecins, commerçants et retraités. Ils ont entre 20 et 85 ans et leur diversité fait leur richesse. Je chasse le chevreuil et j’aime infiniment la nature et les animaux. Je chasse le chevreuil, pas parce que je prends du plaisir à tuer, mais parce qu’il n’y a rien que j’aime plus au monde. J’aime me lever au petit matin, quand vous dormez encore dans votre appartement parisien et que la brume flotte sur les plaines. J’aime arriver en forêt, respirer les odeurs et écouter les bruits qui m’entourent. J’aime cette explosion des sens que seuls ceux qui partagent ma passion comprennent. J’aime observer les chiens heureux de partir chasser parce que c’est dans leur ADN, quoique vous en pensiez. J’aime les observer quêter et traquer leur proie. Et lorsque j’ai la chance de voir le chevreuil ruser, en revenant sur ses pas, faire des boucles, se coucher, retenir son odeur pour déjouer ses prédateurs, j’ai l’impression d’être une immense privilégiée. Et si les chiens ressortent victorieux, je vis un mélange de bonheur de les voir récompensés et de tristesse et de respect pour l’animal vaincu. Et c’est bien ce maelström d’émotions qui me bouleverse à chaque fois un peu plus. Alors, lorsque je vous entends m’expliquer que je prends du plaisir à tuer et que je fais preuve de cruauté, je me dis que vous ne savez vraiment pas de quoi vous parlez. Et je m’inquiète.

J’aimerais vous inviter à venir rencontrer les chiens au chenil, j’aimerais vous inviter à partager l’une de ces journées avec moi. Seul, sans caméra, sans filtre, simplement. Je veux vous montrer, vous éduquer, vous faire vivre et respirer la nature telle que nous la vivons. Je veux vous montrer que la chasse à courre n’est pas cruelle. Elle n’est que le reflet du sauvage à l’état pur. Du fonctionnement de la chaine alimentaire dont nous sommes les acteurs et les témoins. Elle est ce qui permet à la proie de rester proie en entretenant tous ses mécanismes de défense.

Je suis parisienne à 100% mais j’ai appris à comprendre et à aimer passionnément ce que je ne suis pas. Je vous demande de vous extraire de votre cocon et de venir à la rencontre de ces hommes et de ces femmes, comme je l’ai fait il y a 20, pour ne jamais plus vouloir les quitter.

Militant à Cor et à Cri !

Depuis la fin août, tout au long des 15 étapes de la tournée qui aura conduit Pierre de Roüalle, président de la Société de Vènerie, dans toutes les régions où la chasse à courre est pratiquée, nous aurons rencontré plus de 6 000 veneurs et sympathisants. L’objectif de ces rencontres était double : faire état de la situation de la chasse et, en particulier, de la chasse à courre dans un contexte sociétal où la préoccupation du bien-être animal pourrait lui sembler contraire, et envisager, avec tous ceux qui l’aiment, les moyens de la faire mieux connaître et apprécier de nos contemporains.

Intitulée « Militant, à cor et à cri », cette tournée a bien mérité son nom. Le public nombreux que nous avons rencontré s’est montré déterminé à militer pour la vènerie. Nos amis étaient aussi nombreux au rendez-vous. Parmi eux, de nombreux parlementaires sont venus nous dire leur soutien, à l’heure où un article du référendum d’initiative partagée pour les animaux envisage l’interdiction de la chasse à courre. Ce soutien nous est précieux, car il nous laisse espérer que l’ensemble des parlementaires, députés et sénateurs, comprendront mieux, grâce à leurs collègues qui nous connaissent et nous soutiennent, la vérité de la chasse à courre, loin des idées reçues et des clichés convenus.

Plusieurs vérités méritent d’être rappelées :

  • Pratiquée depuis cinq siècles sous sa forme actuelle, la vènerie n’a jamais connu une telle vitalité qu’en ce début de XXIème siècle, avec 390 équipages et 10 000 pratiquants.
  • En fonctionnant sur le mode de la prédation naturelle, la chasse à courre est, sans doute, le mode de chasse le plus écologique qui soit, la meute choisissant les animaux les plus faibles, favorisant le brassage génétique et ne triomphant de sa proie qu’une fois sur quatre.
  • La vènerie est ouverte à tous, par sa tradition d’accueil et aussi par les conditions financières qu’elle offre à ses adeptes qui la mettent à la portée de toutes les bourses.
  • La vènerie est une formidable opportunité de « faire société » en milieu rural ; les équipages convient toujours les riverains des territoires dans lesquels ils chassent, à l’occasion des 18 000 journées de vènerie organisées chaque année à travers toute la France.

De nombreux présidents de fédérations départementales ont également répondu présent à notre invitation lors de ces rencontres régionales ; Willy Schraen lui-même était présent à la réunion qui s’est tenue dans l’Oise. Tous ont affirmé publiquement leur soutien indéfectible à notre mode de chasse. Ses 10 000 pratiquants sont ainsi assurés de bénéficier de l’appui de plus d’un million de chasseurs et de leurs familles, qui ont bien compris que les attaques dont nous sommes aujourd’hui l’objet les concernent aussi, ainsi que l’expérience l’a hélas trop souvent démontré.

Willy Schraen, président de la Fédération Nationale des Chasseurs, a coutume de dire que « la chasse n’a pas besoin d’être défendue ; elle a besoin d’être expliquée. » Cette affirmation vaut d’autant plus pour la chasse à courre. Avec les nombreux veneurs et sympathisants mobilisés dans ce but, gageons que la chasse à courre sera, demain, mieux comprise de nos contemporains.

« La vènerie est un fait social « total », dans la mesure où il parle de la vie, de la mort, de la nature, de la sauvagerie, de la tradition, du sacré, des rituels, de l’art, de la spiritualité, de la philosophie et des rapports sociaux. » In « La chasse à courre. Ses rites et enjeux. » Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot – Paris, Payot, 1993

Nous sommes des inuits

Depuis plusieurs dizaines d’années, notamment du fait de l’industrialisation de l’agriculture et de la pêche, et d’une urbanisation des populations à l’échelle mondiale, la vie « incarnée », lien réel entre Homme et Nature, se dissipe peu à peu. Notre Humanité devient une douleur pour certains qui, de plus en plus nombreux et déconnectés de la Nature, pensent que d’autres hommes sont leurs ennemis dans leur conception nouvelle de cette Nature. Il n’est donc pas anormal que nous assistions de plus en plus fréquemment aux crises existentielles de ceux qui envisagent la Nature selon leur compréhension citadine.

Les émotions ne sont cependant pas les meilleures amies de l’Homme, n’apportant en elles-mêmes aucune connaissance nécessaire à un jugement éclairé. Beaucoup « d’Urbains » semblent dans l’illusion d’avoir dépassé leur Humanité, laissant leurs émotions prendre une part prépondérante sur la réalité. Ils « soutiennent la cause animale », à leur façon, toute pensée contraire serait malséante.

Dans cette guerre sociale et sociologique, la première étape est l’interdiction des « chasses traditionnelles ». Il n’est pas bon d’être le premier bastion qui viendrait à tomber, au risque que les autres suivent un à un.

Cependant, TOUTES les chasses sont traditionnelles : celles de La Gloire de mon père (les tendelles, le tir des bartavelles), l’affût, le rabat vers des chasseurs embusqués, ou encore la poursuite jusqu’à « attraper » l’animal. Toutes sont issues de la préhistoire. Ces modes de chasse se retrouvent sur les peintures rupestres, à l’époque où nous étions très incarnés. Quoi de plus traditionnel que ce qui nous vient de l’aube de l’Humanité.

La tradition amène à la culture, et cette culture a le droit d’être protégée, au même titre que celle des peuples indigènes.

Nous sommes une population, nous sommes un monde, nous sommes ces traditions. Nous voulons avoir les mêmes droits que les Inuits et les Nambikwara de Claude Lévi-Strauss. Nous voulons que l’on protège notre habitat, nos manières de faire. Ces droits sont reconnus et défendus, ces « peuples de sauvages » sont protégés.

Nous sommes un peuple de sauvages dans un univers qui rétrécit sous la pression humaine. Comme dans le film La Forêt d’Emeraude de John Borman, nous ne voulons pas de barrages pour nos grenouilles, nous ne voulons pas de l’émiettage des terres. Nous voulons continuer à chasser nos tapirs, nos phoques et notre ours blanc. Même National Geographic place au premier plan l’Humain avant l’animal, sachant bien que ces traditions sauvegardent la Nature. Nous chassons des animaux qui ne sont pas en voie de disparition. C’est donc bien notre culture qui est en danger.

Pas de chance, car nous ne chassons pas avec des lunettes en os de baleine, emmitouflés dans des habits en peau de phoque, nous ne sommes pas nus comme des vers, avec des plumes situés dans différents endroits. Pour autant, nos traditions sont aussi valables, aussi humainement valables, que celles des tribus d’Amazonie.

Dira-t-on aux Inuits, que la proximité urbaine choquant les petits gars mal épanouis du béton, il leur faut renoncer à leur vie et à leur culture ? Le monde entier plaint les aborigènes d’Australie du sort qui leur a été réservé. Faudrait-il être des aborigènes pour que l’on nous porte secours ? Comme tous les chasseurs animistes, nous rendons grâce à la Nature, voulant que les espèces sauvages continuent au-delà de nous.

Il nous faut montrer notre fragilité, ou plutôt la fragilité de notre science en rapport étroit avec la Nature, une infinie et fragile connaissance. Mais aussi notre force et notre nombre.

En pensant faire le Bien, certains détruiront une culture aujourd’hui vivante qu’il sera impossible de retrouver. Pour autant, les espèces sauvages s’en porteront-elles mieux ?

Jérôme Barré,

Avocat à la Cour

L’obsession victimaire !

La crise sanitaire a vu s’agiter de plus belle les prédicateurs de la fin du monde ou du moins ont-ils tenté de tirer parti sans vergogne de circonstances exceptionnelles pour emboucher à nouveau les trompettes de leur idéologie punitive et appeler, à nouveau, à la fin d’un monde qu’ils poursuivent de leur vindicte depuis longtemps. Selon eux en ce début de XXIème siècle, dans « le monde d’après », « il est temps de… », « il y a urgence à… », « on ne pleut plus tolérer que… ». Suit, chez les opposants à la chasse à courre, un cortège de poncifs qui mêlent la tradition, l’aristocratie (sic), la cruauté, la souffrance, les châteaux, l’invasion, le ras-le-bol, les privilèges, la biodiversité, l’éthique et la morale, pour abolir les uns, dénoncer les autres, et louer les troisièmes ; chacun remettra les bons verbes en face des bons poncifs. Toute cette phraséologie est sous-tendue par ce que le philosophe Robert Redeker nomme le « despotisme victimaire », très en vogue, qui veut que certains se posent en représentants de victimes – animales en la circonstance. Affirmer qu’on « défend des victimes » est sensé imposer l’attention médiatique et politique et créer le buzz sur les réseaux sociaux, avec une complaisance démagogique. Le XXème siècle aura vu mourir tant de millions de victimes – humaines celles-ci – de la barbarie, que le terme-seul est devenu un qualificatif commode pour qui veut justifier sa petite idéologie et s’imposer en « homme de bien ». « Ainsi apparaît la victime postmoderne. Dans cette configuration, se donner en spectacle en tant que victime, c’est attirer à soi, séduire. C’est vouloir engloutir l’autre par la séduction de la souffrance et de l’injustice. C’est tenter de frapper de mort sociale ceux que l’on dénonce. Derrière le masque de la victime se cache un formidable appétit de puissance et de destruction… En particulier, s’emparer du pouvoir de censurer et d’empêcher. » (Robert Redeker)

62 parlementaires ont ainsi rallié la tribune du député Loïc Dombreval qui réclame la fin des chasses traditionnelles ; soyons assurés que nombre d’entre eux ne connaissent pas ces pratiques et auront innocemment souscrit à des allégations bien-pensantes en n’y voyant pas malice.

Plus récemment, le lancement du Referendum d’Initiative Partagée pour les animaux a suscité l’émotion légitime des veneurs puisqu’une des six interdictions qu’il préconise est celle de la chasse à courre. Engagé par trois multimillionnaires des hautes technologies et un journaliste sulfureux, ce RIP qui prétend sauver un milliard d’animaux, cache ses véritables intentions derrière la fausse barbe du « bien-être animal ». Ignorant sciemment la fraternité qui unit pratiquants, sympathisants et riverains de la chasse à courre dans nos campagnes, ils rejettent notre type de chasse, la plus écologique qui soit pourtant, puisqu’elle reproduit le cycle de la prédation naturelle.

A l’heure où nous publions cette chronique, ce sont 117 parlementaires qui se sont déclaré prêts à soutenir ce referendum ; il en faut 185 pour que la procédure s’engage. Il dépend de chaque veneur que cette initiative prenne fin. Chacun de nous est en mesure d’informer son député comme son sénateur des véritables motivations de ce RIP pour les animaux, véritable fourre-tout compassionnel qui cache – mal – son aspiration à un monde animaliste ; celui que rejettent 99% de nos concitoyens. L’avenir de la vènerie a besoin de chacun de nous.

Premier concours virtuel de chiens d’ordre

Votre équipage et sa meute peuvent participer à la première édition du International Virtual Hound Show (IVHS) du 17 juillet jusqu’à mi-aout 2020.

L’objectif de ce concours de chiens virtuel qui réunit les associations de Vènerie du monde entier est de construire une communauté plus forte. En profiter aussi pour enrichir, moderniser et partager notre patrimoine culturel à travers notre passion pour le chien. Plus que simplement participer à cette manifestation en y exposant leurs meilleurs sujets, les équipages contribuent à l’élaboration de « hunting with hound », un annuaire de veneurs international.

En résumé, une exposition canine de chiens d’ordre en ligne pour souder la communauté des veneurs à travers le monde !

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