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Le veneur épuisé ?

Tel Sisyphe hissant son rocher vers le sommet d’une colline jamais atteint, le veneur du XXIème siècle doit inlassablement expliquer et réexpliquer à ses contemporains ce qu’est la chasse à courre. Wikipedia, « l’encyclopédie libre » en ligne auquel se réfère désormais quiconque cherche une première information, ne l’y aide pas, puisqu’il définit la chasse à courre comme « un mode de chasse ancestral qui consiste à poursuivre un animal sauvage… jusqu’à son épuisement ». Outre que dans la France des 35 heures et du burn-out, l’épuisement a mauvaise presse, on est en droit de trouver la définition légèrement orientée, et, de toute façon, incomplète.

Dit-on de Rafael Nadal, vainqueur de Roland Garros en octobre dernier, qu’il a « épuisé » Djokovic en trois sets ? Ou de Tadej Pogačar, vainqueur du Tour de France 2020 qu’il a épuisé ses concurrents ? il leur a fallu d’autres qualités pour s’assurer la victoire ; celles qui font d’eux de grands sportifs. L’épuisement a deux caractéristiques : il est largement partagé par l’ensemble des protagonistes d’une activité, quelle qu’elle soit, et il est insuffisant à la définir.

Alors oui, dans toute activité physique, on se fatigue et il suffit d’avoir participé à une seule chasse à courre dans sa vie pour savoir que cette fatigue est largement partagée par les hommes, les chiens, et les chevaux quand on les utilise. Cette fatigue, en revanche, n’est pas toujours le fait de l’animal chassé, et la plupart des animaux qu’on a « laissé coucher en forêt » y sont restés d’avoir su fatiguer les chiens avant de l’être eux-mêmes.

Si la vènerie est bien la confrontation de deux aptitudes physiques, celle de la meute et celle de l’animal chassé, le défi qui se joue est celui de la ruse de l’animal et de la capacité des chiens, servis par les hommes, à la déjouer. Et c’est bien cet aspect-là de la vènerie qu’il nous appartient d’expliquer. Pourquoi les animaux rusent, comment ils ont appris, quelles sont ces ruses, quelle part est faite à l’inné et à l’acquis. Comment les chiens les déjouent, comment les hommes tentent de les y aider. L’émerveillement du veneur face au travail des chiens guidés par un flair incomparable, sa curiosité insatiable à observer l’intelligence de l’animal chassé, son comportement et l’instinct de conservation qui préside à tous ses actes, la connaissance de la faune sauvage à la fois profonde et jamais satisfaite qu’il en acquiert.

En définissant ainsi la vènerie, on explique ce qui nous y attache si intensément. On fait aussi, peut-être, toucher du doigt à des gens moins familiers du monde sauvage, l’intérêt de sa fréquentation, telle que la conçoit le veneur.

Alors bien sûr, au bout, il y a la mort – une fois sur quatre – lorsque les chiens déjouent les ruses de leur animal de meute. Au titre de la gestion des espèces, cette mort est programmée, à courre ou à tir. Et la beauté du combat, sa loyauté vis-à-vis de l’animal, la rencontre sans égal de la faune sauvage qu’il offre, et la communion de ceux qui y participent font de notre mode de chasse une expérience exceptionnelle. Soyons heureux d’être veneurs, et surtout, épuisons-nous à une chose : le faire comprendre !

NB : pour ceux de nos lecteurs qui en auraient l’idée, modifier la définition dans Wikipedia n’est pas chose aisée. Faîtes-nous partager votre expertise.

Hommage à Alex Guiard

Mercredi 16 décembre, un jeune veneur de 26 ans est décédé dans un accident de la circulation à Bordeaux, alors qu’il partait pour la chasse. La Société de Vènerie présente ses condoléances les plus sincères à sa famille. Sa sœur Laure nous livre son témoignage, en mémoire d’Alex.

Peu de vous le connaissaient, car il était discret. Ceux qui ont eu la chance de croiser son chemin peuvent le dire : du haut de ces 26 ans, sa maturité, sa prestance et son accomplissement étaient impressionnants.

Je revois encore l’admiration que nos chiens lui vouaient, la lueur puissante dans leurs regards, lorsqu’il rentrait dans le chenil, parce qu’eux savaient. Alex allait les guider à pied ou à cheval.

La chasse qu’il aimait était la plus difficile ! Du bois le matin de bonne heure à démêler les traces laissées par le sanglier dans la nuit, aux longs rapprochés, aux laisser courre interminables riches de longs forlonger, de nombreux relancer où seule la nuit ou la prise pouvait l’arrêter. La forêt, les dunes landaises étaient le territoire qu’il affectionnait le plus, notre territoire le plus complexe, celui qui le faisait vibrer. Dans cette forêt résonneront à jamais ses « hophophop ». Je ne doute que du haut de son grand Buzz, il ne cessera de guider comme il disait « nos guerriers ».

Quelques anecdotes me reviennent. Plus de 70KM dans les pins et nous attendions tous les deux que les cavaliers nous retrouvent, sans savoir nous-mêmes où nous nous trouvions ; alors que nos chiens ne cessaient de maintenir leur animal et que la nuit nous rattrapait il avait toujours espoir. La fois où, encore mineur, sa botte s’est retrouvée avec des séquelles d’un hallali complexe, ou lors d’un bat l’eau pour lequel il trouvait que pagayer avec une pelle était plus efficace, toutes les fois où il descendait de cheval car le territoire ne permettait pas de servir les chiens à cheval, et même là il arrivait à être devant nous. Nos relancés improbables, nos hallalis inattendus resteront nos souvenirs les plus forts.

L’absence d’Alex crée l’immensité du vide, comme frère, binôme, moitié, allié, mais aussi fils, ami, veneur, maître, cavalier, pompier, collègue. Il ne suffit pas d’être âgé ni d’être d’une taille très importante pour être un grand homme ; il en était la preuve !

Loisir et nécessité

Dans la note émanant du ministère de la Transition Ecologique en date du 31 octobre, qui donnait des instructions relatives à la pratique de la chasse dans la période de confinement, une notion est venue taquiner la susceptibilité des veneurs. La note distinguait en effet la chasse-loisir de la régulation. Certains ont cru y voir la sombre perspective d’une réduction future de nos activités à la seule régulation. Rien de tel n’est concevable, et ce pour trois raisons :

  1. Tout d’abord, le raisonnement ne tient pas, car il tend à confondre la cause et la conséquence. La régulation, dont presque personne ne semble remettre en question la nécessité, n’est que la conséquence d’une activité de loisir, qui s’appelle la chasse, qui mobilise chaque année plus d’un million de pratiquants, lesquels y consacre un budget de 3 milliards d’euros. Aucun de nous ne se lève le matin en disant qu’il part réguler ; nous partons nous adonner aux plaisirs de la chasse, et contribuons, par voie de conséquence, à la nécessaire régulation des espèces. L’unique alternative consisterait à confier cette mission à des fonctionnaires payés pour la mission. Quel intérêt de priver ainsi des pratiquants de leur passion et de grever un peu plus le budget de l’Etat ?
  2. Nous vivons dans une société des loisirs ; la réduction du temps de travail offre à nos contemporains la possibilité de se livrer à des activités variées hors du temps contraint pour assurer leur subsistance ; c’est assurément un progrès social. Le délassement que les temps de loisirs procurent délivre de la fatigue et du surmenage. Il développe aussi la vie émotionnelle, facteur du développement de la personnalité. Il est, par conséquent, cocasse qu’on envisage de voir disparaitre la chasse loisir, deuxième pratique sportive juste derrière le football et devant le tennis. Qu’adviendra-t-il dès lors des autres sports qui comptent moins d’adeptes ? Doit-on interdire la pétanque et ses seulement trois cent mille pratiquants ? le parachutisme qui n’en compte que soixante mille et s’avère proportionnellement beaucoup plus accidentogène que la chasse ?
  3. A moins qu’on veuille définitivement considérer que « tuer des animaux, c’est mal ». Cette idée typiquement antispéciste se heurte à la dure réalité qui veut que, pour se hisser au sommet de la chaîne alimentaire, l’Homme a tué et continue de tuer des animaux, qui, eux-mêmes, s’entretuent. L’idée chrétienne qui imprègne heureusement notre société – tu ne tueras point – doit s’entendre comme « tu ne tueras point d’autres hommes ». On ne saurait mettre sur le même plan les animaux que nous tuons depuis la nuit des temps pour nous alimenter et nous protéger. En ce sens, la chasse est dans les gênes des hommes qu’elle a façonnés. Sa pratique au XXIème siècle, outre qu’elle porte témoignage de ces origines, ne se conçoit que dans le respect d’une éthique qui doit animer chacun d’entre nous.

On peut peut-être vivre sans chasser, quoiqu’on chasse depuis la nuit des temps. On peut aussi vivre sans voiture, sans téléphone portable et sans télévision, dont, assurément, les hommes se sont passés durant l’essentiel de leur présence sur la terre. Mais, à quoi bon ? Le génie humain a conçu tout cela ; il relève d’une éthique de la responsabilité d’en user avec mesure.

Décidément non, lorsque la note ministérielle évoquait la nécessité de réguler, ses auteurs ne sous-entendaient à aucun moment le projet de réduire la chasse à cette seule activité. Et si d’aventure ils l’envisageaient, ils y auront renoncé à la lecture de ces lignes.

Teapot, cette chienne exceptionnelle !

Remarquable ? C’est-à-dire que l’on remarque, qui se distingue des autres, qui est exceptionnel ;

Les chiens de lapin doivent être courageux (il en faut du courage pour se faufiler dans les ronces ou les ajoncs !), créancés bien sûr (chez nous, il y a plus de gros gibier que de lapins !), très fins de nez (la voie du lapin est très légère), mais surtout, avoir la passion et l’intelligence de la chasse, penser « lapin » et, si possible, avoir une belle gorge. En somme être parfaits ! Autant dire que l’on n’a pas ce chien tous les jours.

Quand je repense à toutes les chiennes que j’ai élevées (on ne garde que les femelles), plusieurs me viennent à l’esprit. Celle que je choisis aujourd’hui pour illustrer ce propos s’appelait « Teapot ». Elle avait toutes les qualités que j’ai citées. D’excellentes origines de lapin de chez Philippe Boisseau, elle était bien dans le standard du Beagle.

Quand elle n’était pas à la chasse, elle avait presque l’air lymphatique. Souvent en liberté dans la cour, nous la surnommions  » le nain de jardin ». Elle pouvait rester assise au même endroit, là où l’on prépare la soupe, sans bouger pendant un temps infini, comme perdue dans ses pensées ou dans ses rêves. Mais attention, le jour de chasse, c’était un tout autre chien. Difficile de lui mettre son collier tellement elle se tortillait d’impatience. Première montée dans le camion pour partir, dernière au retour ! Teapot rapprochait à merveille. A peine descendue, elle avait déjà le nez par terre. Elle lançait un lapin rapidement et ne le lâchait plus. Mais malgré cet enthousiasme, elle restait très appliquée, ne surallant pas la voie, ne se laissant pas distraire. C’était souvent elle qui relevait les défauts compliqués. Elle avait cette intuition propre aux chiens remarquables : on avait l’impression qu’elle réfléchissait, toujours avec ce flegme qui la caractérisait. Quand les autres s’agitaient ou se décourageaient, elle respirait les feuilles une à une, les retournant parfois avec son petit nez. C’était un spectacle ! Tout le monde retenait sa respiration. Personne n’avait le droit, bien sûr, de la déranger.

Les lapins ne sont pas des animaux de grand parcours certes, mais ils ont le don pour emmêler leurs voies, passant plusieurs fois dans leur voie chassée, perturbant inévitablement les chiens. Teapot avait cette intelligence d’avoir compris cette ruse. Elle nous a souvent tirés de l’embarras. Un jour, alors que tout le monde voulait abandonner – cette fois-ci, c’est fichu ; on remet les chiens en meute pour rentrer – il manque Teapot. Plus perspicace que les autres (chiens et humains compris), elle n’a pas capitulé : toujours appliquée, elle a démêlé les voies, centimètre par centimètre.

Elle était du genre « Beagle cogneur », voix puissante que l’on reconnaissait bien. Inutile de dire qu’une telle chienne ne s’est jamais laissée tenter par la voie d’un sanglier ou d’une biche. Oui Teapot était excellente, mais ce qui la rendait remarquable c’était aussi sa « personnalité ». Son regard, ses yeux d’or nous parlaient, nous suppliaient parfois :  » alors, on y va ? » Nos chiens sont très proches de nous au lapin, les miens naissent à la maison, la complicité en est renforcée. Teapot avait ce caractère à la fois intelligent et affectueux qui jusifie l’adage : « le chien est le meilleur ami de l’homme ».

Lors d’une chasse, après une brillante saison, Teapot a eu un AVC. Mourir à la chasse, remarquable !

Liberté & vènerie

Le contexte délétère actuel invite à retrouver toute la beauté de la chasse à courre. Mais au-delà, en lisant tous les arguments pour la défendre avec intelligence, une image résolument moderne de la vénerie apparaît. En effet, derrière toutes les « raisons de ne pas interdire la chasse à courre », une idée essentielle et au cœur de la vocation du veneur, se dessine. Cette idée est celle de la liberté.

Pour le philosophe, la liberté se définit positivement comme le pouvoir propre à l’homme d’être la cause première de ses actes et de choisir entre le bien et le mal. Par ses décisions, le chasseur agit strictement selon cette définition. Il convient dès lors de se demander dans quelle mesure les attaques contre la chasse en général et contre la vénerie en particulier, menacent en réalité la liberté. Si à travers elle, la liberté est fragilisée, la défense de la chasse dépasse alors le seul cercle des chasseurs, pour intéresser toutes les personnes attachées au bien commun.

Au fondement des attaques contre la chasse se trouve une volonté liberticide, consciente ou non. La passion pour la cause animale, parfois sincère, révèle surtout une détestation pour l’Homme et une ignorance encore plus grande de sa liberté. Ce n’est pas tant la chasse en elle-même qui est visée que son exercice par des hommes libres. A cet égard, l’exemple du canton de Genève est édifiant. Après un accident, une votation populaire a décidé l’interdiction de la chasse dans le canton en 1974. Les bénéfices écologiques sont présentés aujourd’hui comme indéniables, à relativiser toutefois en raison de la physionomie urbaine du canton. Pourtant, le sort des animaux est demeuré le même. Après comme avant, les animaux sont toujours tués. La seule différence réside dans la personne qui exerce le droit de donner la mort. Après l’interdiction, ce sont des fonctionnaires, personnes neutres et sans visage, qui assurent la régulation des populations animales, bel euphémisme administratif au demeurant. Ce ne sont plus des hommes, attachés à la terre de leur pays, conscients intuitivement du fragile équilibre construit au fil des siècles entre les activités humaines et la nature, qui s’associent librement pour le préserver. Si la chasse, comme la liberté, peut être encadrée par la loi, s’en remettre à l’Etat et à son administration pour l’exercer, revient à renoncer à croire en l’homme et en sa capacité à choisir entre ce qui est bien et mal. En un mot, à être libre.

Si interdire la chasse revient à interdire la liberté, il est dès lors très dangereux d’être contre. Il est possible de ne pas aimer la chasse mais être positivement contre est impossible. Cela revient à nier la liberté. Elle est bien trop fragile, pour être imprudemment négligée. Souvenons-nous du mot de Thucydide : « le bonheur est une question de liberté et la liberté une question de vaillance ». Pour qu’elle vive, la liberté exige de faire preuve d’une force patiente et d’une grande prudence. Ce n’est que sur le temps long que se récoltent les fruits de ce travail quotidien et parfois ingrat, fait d’instruction et d’éducation. Abandonner une seule fois par facilité cette exigence, c’est renoncer à une richesse incomparable mais inaccessible tout de suite. C’est vrai pour la liberté comme pour le laisser-courre. Ces vertus sont au cœur de la vie d’un veneur et il est impossible en réalité, de les distinguer de celles d’un homme de bien. Perdre un des derniers lieux où la liberté se vit, serait une catastrophe incommensurable et ne devrait laisser personne indifférent.

Hugo, le nez au vent

Dans nos vallons, Hugo, grand Anglo-Français et fin limier, quête puis requête, espérant humer une de ces subtiles senteurs asphaltées. Que le temps soit à la grappille des abeilles, à la pluie qui sans cesse se déverse, ou à la tombée des flocons jonchant les arêtes, il explore sous des saules ou des Sudètes*.

Dans nos vallons, Hugo porte fièrement en son prénom, une âme de garçon.
Il acquiesce de nombreuses câlineries contredisant ainsi avec sa prestance et sa nonchalance. Approchant sa truffe pour tenter de chérir ou de remercier peut-être, en glissant un petit coup de langue, il laisse paraître son œil borgne de naissance, blanchi partiellement.
Il épanche, toujours de la même manière, son dépit, son entrain ou sa colère. De son regard, il fixe l’être qui lui est le plus cher, s’exprimant dans son langage que nul Homme, par le passé, n’eut déchiffré.

Dans nos vallons, Hugo, le nez au vent, s’exhale hardiment : « AOOOOOH » ! D’un ton rocailleux, la voix, se laissant porter par le vent, stagne et s’oppose au silence qui en devenait presque pesant.
Maîtres, piqueux et boutons le savent, devant lui, ils sont là, les sangliers qu’ils eurent tant désirés.
Comme un modèle, un patriarche, un véritable chef de clan, il attend patiemment. Il attend, pour l’épauler, que ses compagnons de meute le rejoignent pousser de joyeuses menées.

Dans nos vallons, Hugo demeure et demeurera, un chien de foi, un chien des bois, un chien d’abois.

Le vieux Hugo, chien des « grands devants », appartient à l’un de mes proches amis passionnés. Il est le fruit de générations d’élevage, de sélections génétiques et de dressage. L’amour qu’il émet se ressent à travers lui et ne manquent que les mots pour qu’il le retranscrive…

Déc[O]uplons les savoirs de la nature. J’accour[R]e.

*variété de Mélèze (Larix Decidua)

Et si la vènerie avait tout compris ?

A l’heure où le mal être collectif de notre pays fait battre le pavé à des millions de français et les pousse à s’inventer des causes parfois absconses pour redonner un sens à leur existence, la vénerie poursuit son laisser-courre joyeusement, affermie par une tradition assumée qui lui permet d’être résolument tournée vers l’avenir parce que profondément ancrée.

Il faut en effet constater gravement ou légèrement selon l’humeur ou le caractère, que les repères de notre pays chéri, oserais-je dire : de notre Patrie, s’effritent sérieusement, laissant çà et là un drôle de champ de bataille au fond du cœur et une confusion certaine dans la tête de nos enfants. Quand on ne sait plus d’où l’on vient, comment savoir où l’on va et qui l’on est ? Quand il n’y a plus de fierté et de beauté, en somme plus de grandeur, que reste-t-il à l’homme ?

Alors quoi de plus naturel au fond que l’existence même de nos chers AVA, pour ne prendre qu’eux. Car en mal d’identité, ils se communautarisent ; en mal d’autorité, ils tyrannisent ; en mal de nature, ils « artificialisent » une écologie ; en mal de beauté et d’élévation ils se créent une idéologie, un combat. Pour eux ce sont tant de tâtonnements sans réponse véritable, sans justesse, finalement sans bonheur. Ce sont tant de certitudes douteuses et de mensonges consentis. Une quête souffrante du bonheur, alors que pourtant tout est là à portée de la main.

Nos opposants, sans le comprendre, admettent que les veneurs semblent libres et heureux, qu’une cohésion forte est présente malgré le faisceau des différences sociales, qu’une passion semble les émouvoir ensemble. C’est parce que la vénerie est forte de ses racines incarnées dans des usages immuables. Autrefois aristocratique, elle élève aujourd’hui en offrant à tous son élégance, refusant inexorablement le nivellement par le bas. La vénerie est une continuité naturelle entre l’ancien temps et le nouveau, sans rupture, sans révolution, sans blessure. La vénerie lie les hommes entre eux autour d’une passion, autour d’un mystère, celui de la vie et de la mort. En conservant une structure fondée sur l’autorité (auctoritas en latin signifie : faire grandir) avec les maîtres d’équipage, et des repères que sont les rites (traditions, fanfares, tenues…), elle offre un cadre propre à l’épanouissement, qui loin de restreindre la liberté en offre un précieux écrin.

Enfin, elle est un rattachement à la terre, celle qui est sous nos pieds, si près de nous, celle qui ne ment pas, celle avec laquelle on ne peut tricher sans en payer les conséquences. Celle qui rythme le temps des hommes par ses saisons, celle enfin qui offre la vie et qui la reprendra.

J’aime la vénerie pour la chasse bien sûr, cette quête époustouflante et incertaine, cet ensemble d’engagement, d‘art et de savoir qui fonde l’amour mystérieux du veneur. J’aime la vénerie pour l’élégance et la courtoisie de ses rendez-vous, le bon sens et la vérité paysanne. J’aime la vénerie enfin car elle est un vecteur formidable d’éducation, par la transmission de valeurs essentielles, à mes petites têtes blondes. Elle contribue à en faire des Français debout dans le monde et des hommes humbles sur la Terre.

C’est donc aussi parce que la vénerie est l’un des nombreux repères qui manque à notre société qu’elle doit vivre. Chasser à courre, c’est résister, durer et offrir un avenir plus radieux à nos enfants.

QUO VADIS ? « Où vas-tu ? » demandait Saint Pierre à Jésus alors sur la voie Appienne. Si l’on ne sait pas toujours où va le monde, une chose est sûre, samedi, moi, je serai à la chasse !

Contrastes

La journée du samedi 31 octobre aura été, pour tout veneur, une journée de contraste. Deuxième jour du reconfinement, elle concrétisait, tout d’abord en ce début de week-end, la grande déception de chacun de nous, privé de chasse pour plusieurs semaines. Certes, pareille circonstance s’était déjà produite, par temps de neige par exemple. Mais alors toute la vènerie française ne se trouvait pas ainsi immobilisée ; il restait encore la possibilité d’aller visiter des équipages situés dans des régions au climat plus clément. En ce 31 octobre, pas d’échappatoire. Caresser ses chiens, nettoyer son matériel, et relire les comptes-rendus des premières chasses semblaient les seules issues proposées au veneur.

Mais en fin d’après-midi, une nouvelle vint tempérer, si ce n’est dissiper totalement, cette morosité. La presse picarde annonçait : les « deux vétérinaires mandatés par la justice ont conclu que seul le chien qu’Elisa Pilarski promenait alors est à l’origine de sa mort. » Le 3 novembre, le résultat des tests ADN tant attendu confirmait la totale innocence des chiens de meute dans le drame de Retz. Ainsi donc se trouvait officiellement vérifiée l’affirmation que nous ne cessions de marteler depuis ce funeste 16 novembre 2019 où la malheureuse jeune femme trouva la mort en forêt dans de si épouvantables circonstances : les chiens de vènerie sont incapables de s’attaquer à l’homme. Nous les faisons naître, nous les élevons, nous les nourrissons, nous les soignons ; leur relation avec l’être humain est forte et empreinte de confiance et d’affection. Leur dressage pour en faire des chiens d’ordre implique une rigueur qui exclut toute cruauté, tous sévices, et renforce la relation homme-chien.

A dires d’expert, il semblerait même que le chien est naturellement aimable avec l’homme ; seul un dressage spécifique de son maître ou l’angoisse qu’il lui transmet développent son agressivité et sa dangerosité. Hélas, le pauvre Curtis semble en avoir eu son compte, les deux experts vétérinaires déclarant même que « son dressage contre nature relève d’une forme de maltraitance animale. »

Ces éléments d’appréciation du comportement du chien semblent avoir échappé à nos opposants. Aveuglés par leur obstination à nous nuire, ils ne cherchent pas plus à comprendre le comportement des chiens que la chasse à courre elle-même. Brigitte Bardot, ne fixant aucune limite à son outrance, accusait nommément la vènerie d’être responsable de la mort de la jeune femme dans un courrier adressé dès le lendemain du drame à la ministre de la transition écologique d’alors, Elisabeth Borne ; ce courrier est d’ailleurs toujours consultable en ligne sur le site de sa fondation.

Assurément l’idéologie animaliste a sa part dans le climat de haine qui se développe actuellement en France, que le gouvernement prend très au sérieux, et dont on sait désormais qu’il fait des ravages qui endeuillent trop souvent la France dans la période actuelle.

Mais nos opposants auront fait montre d’un tel aveuglement fanatique dans cette affaire, qu’ils se trouvent profondément décrédibilisés. Leur parole est durablement entachée du soupçon de mensonge. Ce mensonge, qui, avec la calomnie et la manipulation, constituent les armes habituelles de leur harcèlement prohibitif. L’opinion publique est désormais fixée sur le crédit qu’elle doit accorder à leurs allégations.

Reste la mort d’une femme et de l’enfant qu’elle portait, tués par la bêtise d’hommes qui, eux, ne chassent pas à courre.

Si ça branche, c’est que c’est bon !

« Si ça branche, c’est que c’est bon ! »

Se lever avant l’aurore, la bouche brumant encore par ce temps quelque peu clément. Crépitante et scintillante, la couche blanchâtre qui jonche le sol prédit le déroulé de cette longue journée.

Seul pour trouver la brisée, le bouton s’en remet à la symbiose et à son instinct naturel pour observer les traces de la gambade nocturne du ragot se nourrissant. Déjouer le hourvari, identifier les boutis ou trouver la souille de cet animal si intelligent sont les objectifs afin de rapporter une attaque précise et détaillée.

Deux fidèles compagnons, dont les paroles ne sont qu’une encyclopédie, un véritable recueil de méthodes de dressage et d’histoires de chiens courants, sont impatients.

Deux fidèles compagnons, dont la passion n’est marquée que par l’amour de la chasse et du sanglier, s’empressent de mettre sur cette voie froide, très froide, quelques fins limiers.

Les valets s’appliquent, divaguent méthodiquement et s’expriment d’un ton rauque. Le défilé s’annonce à la fois compliqué et prometteur… Soudain, survient le défaut, une ruse, nul ne sait sa volonté, qui ralentit la quête déjà bien engagée. Au retour, barre, rattache – chacun est libre de cette expression – sur la dernière odeur criante qui fût marquée.

Une chienne s’éloigne, quête, sillonne et s’applique. Sans plus attendre, confiant et déterminé, l’un des deux compères fait raisonner sa joie : « Si ça branche, c’est que c’est bon ! ». Avec un entrain sans pareil, la meute embraye et contrecarre ainsi les crochets de ce sus scrofa jusqu’aux abois.

Le rapprocher est une phase cruciale et passionnante. Les chiens ayant les capacités de pratiquer cela constituent le prolongement du corps et de l’esprit de leur maître. La fusion des deux êtres reflète le travail exceptionnel et quotidien de personnes véhémentes.

Déc[O]uplons les savoirs de la nature.
J’accour[R]e.

Vènerie et cohésion sociale

A l’heure de l’apogée du divertissement de masse et des nouvelles technologies, des contenus dématérialisés et illimités accessibles depuis chaque domicile, les moyens de mobilité permettent toujours plus de déplacements, plus loin, plus vite, plus souvent. Les quelques 80% de la population française urbanisée sont reliés, par la fibre optique et les achats en ligne, à l’infinité du savoir de l’humanité.

Ces sources quasi-obligatoires accélèrent l’évolution vers un modèle de pensée préétablie et un mode de vie idéalisé. Ce nouveau standard de vie veut gommer les différences de pouvoir d’achat, faire disparaître les limites environnementales ville-campagne, proposer une nouvelle vie identique à chaque individu homme ou femme et bientôt animal. Les français n’ont jamais été autant étrangers à leur propre culture, coupés de leurs terroirs, de leurs racines et des traditions populaires. Les individus n’ont jamais été aussi isolés, en situation de fragilité émotionnelle ou de perte de repères. La mobilité débridée, la communication logorrhéique dématérialisent aussi la vraie rencontre, l’activité collective.

Nous arrivons ces dernières années face au constat d’une fracture dans la société française. Un fossé semble s’être creusé entre riches et pauvres, entre les habitants des campagnes et ceux des agglomérations urbaines. Sports bourgeois et loisirs populaires sont de nos jours bien compartimentés. Chacun mène son existence environné de ses pairs sans réellement fréquenter ni même connaître les riverains de son propre peuple issus d’autres milieux. L’incompréhension et la défiance se révèlent dans les manifestations violentes dont nos rues ont été le théâtre ces derniers mois et dans le ton des discussions sur les réseaux sociaux.

Rares sont devenues les vraies activités qui, comme la chasse à courre, mêlent avec autant de force une si large palette de la population, d’un extrême à l’autre de l’échelle sociale.

Les sociologues de renom Pinçon-Charlot ont mené une vaste enquête de terrain en suivant des équipages de la France entière au fil de plusieurs saisons. Leur étude démontre de manière frappante les liens humains formidables créés et entretenus tout au long de l’année par les équipages de grande et petite vènerie mêlant « des ducs et des ouvriers, des banquiers et des cantonniers, des jeunes et des vieux, des hommes et des femmes. »[1]

En France, en ce début de XXIe siècle, veneurs ruraux et habitants des villes partagent leur grande connaissance de la nature au service d’une chasse loyale, ouverte à tous, dans une rare atmosphère de convivialité.

A l’heure où elle n’a jamais été aussi décriée, incomprise, menacée, la vènerie porte, plus que jamais, un message à transmettre : la preuve d’une possible réconciliation de nos rapports sociaux.

Notre société devrait trouver dans cette institution vivante qui a traversé les âges une invitation à connaître et estimer nos riverains, renouer une proximité avec la nature, à s’émerveiller devant la vie du monde sauvage, retrouver la douceur et la courtoisie dans nos rapports humains, à nous réconcilier avec notre patrimoine culturel et les valeurs oubliées de notre vieille civilisation.

[1] PINÇON, Michel, PINÇON-CHARLOT, Monique, La chasse à courre. Ses rites et ses enjeux, Paris, Payot et Rivages, 1993, p. 155 (réédition, Paris, Petite Bibliothèque Payot, n° 269, 1995, 308 p.).

L’ignorance et les milliardaires au secours de l’animalisme

Incontestablement, le Referendum d’Initiative Partagée pour les animaux stagne. Cela tient à sa conception-même. Il additionne, en effet, les sujets les plus variées au nom du bien-être animal. Les interdictions qu’il projette sont lourdes de conséquences économiques, sociales et patrimoniales ; elles remettent aussi en cause certains des acquis fondamentaux de la République.

Avec complaisance, l’exposé des motifs en appel aux incendies qui ont ravagé l’Australie en 2019, au Covid-19, à l’inévitable quoique confuse « promotion de la biodiversité », et aux prétendues attentes des Français en matière de bien-être animal – qui serait contre ? Ce préambule geignard annonce une série d’interdictions qui touchent indistinctement des domaines d’activité complexes. Les expérimentations animales, l’élevage, les spectacles d’animaux non-domestiques et la chasse à courre sont des sujets évidemment méconnus du grand public tant dans leur pratique, que dans leurs incidences économiques, sanitaires et/ou sociétales. Le but bien senti de cette manipulation est de soulever l’émotion du citoyen attendri, soudainement promu juge souverain, grande tendance contemporaine.

Ne nous leurrons pas ! Les milliardaires qui soutiennent ce projet ne se sont pas soudainement découvert une passion pour les animaux, ni une détestation des pratiques qu’ils entendent interdire ; ils en ignorent tout. Gageons qu’il y va là de leur intérêt bien senti.

Concernant l’interdiction de la chasse à courre suggérée par ce RIP, l’exposé des motifs en donne cinq raisons qui sont autant de contre-vérités. Démonstration est ainsi faite de l’ignorance totale des instigateurs du RIP en matière de vènerie. La chasse à courre serait archaïque, cruelle, couteuse, sans utilité sociale, et ne contribuerait pas à la nécessaire régulation des espèces. Toutes ces affirmations ont en commun d’être totalement fausses.

  1. La chasse à courre n’est pas archaïque. Avec près de 400 équipages, 10 000 pratiquants et plus de 100 000 sympathisants, la chasse à courre n’a, au contraire, jamais été aussi prospère qu’aujourd’hui.
  2. La chasse à courre n’est pas cruelle. En reproduisant le cycle de la prédation, elle est, au contraire, le mode de chasse le plus naturel qui soit. Dans le monde réel, les prédateurs mangent les proies : les chats mangent les souris, et les lions mangent les phacochères. Tom et Jerry, le Roi Lion et Pumba appartiennent, eux, au monde magique de Disney, pas à la vraie nature. La cruauté, c’est placer des êtres sensibles dans des conditions que leurs aptitudes physiques et sensorielles ne leur permettent pas d’affronter, comme laisser son chat dans une voiture en plein soleil ou enfermer son chien dans un espace clos sans nourriture pendant plusieurs jours. Rien de tel dans la confrontation entre nos chiens de meute et les animaux qu’ils chassent dans un espace libre.
  3. La chasse à courre n’est pas couteuse. Tout au contraire, il y en a pour toutes les bourses. Être membre d’un équipage qui chasse le lapin coute 100 € par an ; la cotisation peut monter jusqu’à 4 000 € pour chasser le cerf. Et c’est ne rien dire des centaines d’emplois induits par la chasse à courre (piqueux, maréchaux-ferrants, vétérinaires, pensions de chevaux, etc.) ou des 100 000 sympathisants qui suivent gratuitement chacune des 18 000 chasses à courre organisées chaque année à travers 70 départements français.
  4. L’utilité sociale de la chasse à courre est certaine. Elle a été démontrée par deux chercheurs du CNRS, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, dans leur ouvrage « La chasse à courre. Ses rites et enjeux. » (Paris, Payot, 1993). Citons une seule phrase, extraite de leur ouvrage : « La vènerie est un fait social « total », dans la mesure où il parle de la vie, de la mort, de la nature, de la sauvagerie, de la tradition, du sacré, des rituels, de l’art, de la spiritualité, de la philosophie et des rapports sociaux ».
  5. La contribution de la chasse à courre à la nécessaire régulation des espèces n’est effectivement pas importante car l’animal chassé – comme dans tout acte de prédation naturelle – sort victorieux de sa confrontation avec la meute trois fois sur quatre. On notera cependant deux nuances : ce mode de chasse entretient l’instinct sauvage des espèces chassées ; les veneurs ne représentant qu’à peine 1% des chasseurs, leur contribution aux prélèvement totaux est proportionnelle à leur nombre.

Nous chassons des animaux qui ne sont pas en voie de disparition. Nous le faisons selon un mode de chasse écologique qui ne blesse pas les animaux. Nous perpétuons une pratique millénaire, détentrice d’une connaissance approfondie et quasi-exclusive de la faune sauvage et de ses comportements. La vènerie constitue une opportunité unique pour l’homme contemporain occidental d’une rencontre authentique avec la faune sauvage.

« La vérité est à construire, comme l’amour, comme l’intelligence. Rien n’est donné ni promis en effet, mais tout est possible à qui accepte d’entreprendre et de risquer. C’est ce pari qu’il faut tenir à l’heure où nous étouffons sous le mensonge, où nous sommes acculés contre le mur. Il faut le tenir avec tranquillité, mais irréductiblement, et les portes s’ouvriront. » Albert Camus

La vènerie sous terre dans la tourmente

L’Association Française des Equipages de Vènerie Sous Terre (AFEVST) a tenu son assemblée 2020 à La Boue dans un contexte particulièrement tendu. Depuis longtemps ce mode de chasse, trop mal connu et peu compris, a fait l’objet de critiques. Trop longtemps, notre vènerie sous terre a pâti d’une image déplorable issue de déterrages menés sans foi ni loi, guidés par la recherche de l’efficacité à tout prix pour répondre à de pressantes sollicitations du monde agricole ou des gestionnaires de territoires à petit gibier.

La communauté des veneurs sous terre en a une conscience aigüe et un travail de fond a été engagé.  L’AFEVST a donc préconisé des pratiques de la vènerie sous terre particulièrement exigeantes en termes de respect des chiens, du gibier et de son environnement. Depuis 2013, chaque Maître d’équipage doit s’engager à les respecter en signant la charte AFEVST. A ce jour, 100% des Maîtres d’équipages reconnus sont signataires de la charte.

En 2014, ces principes prônés par notre association ont été introduits dans la réglementation : la chasse doit ainsi se dérouler sans blesser l’animal de chasse avec l’usage de pinces non vulnérantes pour la prise, les terriers doivent être remis en état proprement, pour servir l’usage d’une arme s’impose. Cette réglementation a encore été renforcée en 2019 notamment pour éviter qu’un  animal pris ne soit exposé inutilement aux morsures des chiens. Depuis juillet 2019, ces différentes règles applicables à la chasse (vènerie sous terre) s’imposent aussi aux opérations de destructions du renard.

L’AFEVST se montre intransigeante avec ceux qui ne respectent ces règles. Tout équipage contrevenant se voit retirer son certificat de vènerie et fait l’objet d’un signalement à l’OFB en charge de la police de la chasse. Dans les cas les plus graves, l’AFEVST n’hésite pas à demander le retrait de l’attestation de meute délivrée par les DDT.

Pour autant, les menaces grondent sur la vènerie sous terre comme sur la vènerie, les chasses traditionnelles et bien des activités en lien avec la nature et les animaux. Le RIP pour les animaux est un défi majeur qui appelle la mobilisation de tous. Parallèlement, faisant fi des réalités, des parlementaires font leurs choux gras sur le thème de la souffrance animale. Ils prétendent légiférer sur leurs légendes urbaines. Mais, la vènerie sous terre traîne un autre boulet qui lui est particulier. Celui des dates d’ouverture et de fermeture de la chasse sous terre du blaireau, la période dite complémentaire.

En effet, la période de mise-bas est plus précoce en saison que pour le grand gibier. Elle est centrée sur février. En conséquence, sa chasse ferme plus tôt (15 janvier) et peut ouvrir plus tôt sur décision du Préfet (15 mai). Chaque année, ce ne sont pas moins de 75 consultations publiques qui sont organisées dans les départements concernées. Nos détracteurs mobilisent abondement contre l’ouverture de la période complémentaire de vènerie du blaireau au 15 mai. Leurs arguments sont peu recevables mais, inlassablement assénés, ils usent les services de l’Etat.

La communauté des veneurs sous terre s’est mobilisée largement pour mettre en avant la qualité de nos pratiques dans le respect du gibier et de son environnement. Cette mobilisation s’est élargie à l’ensemble du monde de la chasse avec une solidarité croissante notamment en association avec les initiatives louables de la Société de Vènerie. Enfin, l’AFEVST a proposé plusieurs documents à l’attention des élus, des fédérations des chasseurs, du grand public permettant d’éclairer objectivement la réalité de ce mode de chasse si particulier.