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Premier concours virtuel de chiens d’ordre

Votre équipage et sa meute peuvent participer à la première édition du International Virtual Hound Show (IVHS) du 17 juillet jusqu’à mi-aout 2020.

L’objectif de ce concours de chiens virtuel qui réunit les associations de Vènerie du monde entier est de construire une communauté plus forte. En profiter aussi pour enrichir, moderniser et partager notre patrimoine culturel à travers notre passion pour le chien. Plus que simplement participer à cette manifestation en y exposant leurs meilleurs sujets, les équipages contribuent à l’élaboration de « hunting with hound », un annuaire de veneurs international.

En résumé, une exposition canine de chiens d’ordre en ligne pour souder la communauté des veneurs à travers le monde !

Pour tout connaître de ce concours, cliquez sur ce lien

Pour découvrir les classements du concours virtuel, cliquez sur ce lien

 

Chasse à courre et photographie

Les photos de vènerie sont une composante du patrimoine culturel de la chasse à courre.

Au même titre que la peinture et la sculpture, le 8ème art offre son témoignage sur la beauté de notre passion, la grâce de ses animaux, l’enthousiasme des veneurs, la vigueur de leurs chiens, l’endurance de leurs chevaux et l’amitié fraternelle qui unit tous ses adeptes.

Consciente de ce rôle particulier et primordial de la photographie pour la promotion de la chasse à courre auprès du plus grand nombre, la Société de Vènerie a lancé, cette année à nouveau, un grand concours photos dont les inscriptions seront closes le 14 juin. Pour tout savoir sur ce concours et y prendre part vous aussi, cliquez sur ce lien.

Le fonds documentaire réunit à ce jour compte des milliers de photos et de nombreuses vidéos.

Pour le valoriser au mieux, la Société de Vènerie vient d’acquérir un nouvel outil de gestion de sa photothèque.

Les photographes membres d’Objectif Vènerie ou qui aspirent à le devenir y trouveront toutes les facilités pour y déposer leurs photos. Pour toute information sur ce nouveau service, cliquez ici.

Fornet, ce chien exceptionnel

Chaque équipage a, ou a eu, « son chien ». Le meilleur ! Celui dont on parle pendant longtemps, dont on se souvient, dont on cite les exploits pendant des années. Nous n’échappons pas à cette règle. Fornet a été un chien incroyablement doué pour son métier de chien de meute.

Métier ? Non, plutôt une passion viscérale.

Rapide, intelligent, de change … Surtout de change ! Il présentait toutes les caractéristiques du chien exceptionnel. Il aurait pu être un peu plus gorgé. Petit défaut presque insignifiant par rapport à ses autres immenses qualités. Autre détail : C’était un Fox Hound, pas un Poitevin !

Et puis surtout, il y avait son caractère. Cette manière de nous regarder au rendez-vous, quasiment de nous haranguer en posant ses deux pattes avant sur le dos d’un copain pour prendre la hauteur qu’il avait déjà depuis longtemps ! « Eh les gars, vous parlez trop ; on est là pour chasser ». Voilà ce qu’on ressentait en le voyant faire.

Avant la chasse, lors des promenades d’entraînement, même chose. Au milieu de la meute, la tête basse, pas un écart … On s’apercevait à peine de sa présence. Son message était clair : « C’est sympa vos balades de chiens-chiens mais on ne pourrait pas plutôt chasser ? Moi je suis prêt ».

Effectivement, toujours prêt, toujours svelte, Fornet n’avait pas de temps à perdre. Très réservé, il avait une mission à accomplir : trier, chasser et prendre son cerf. Le reste ? Cinéma !

Je me souviens l’avoir vu arriver par la voie, en tête bien sûr, s’apercevoir au saut de l’allée que les copains étaient bien derrière, faire une large volte histoire d’attendre la meute, et repartir de plus belle, en meute mais toujours en tête. Une double … Un défaut … Pas de problème, je démêle !

Lors de notre dernière chasse de Saint-Hubert le 9 novembre dernier, Bien-Aller l’a mis en relais en nous disant : « J’ai voulu lui faire un dernier cadeau ». On avait compris.

Quelques semaines plus tard, en triant les chiens un samedi matin avant de partir à la chasse, Fornet n’était pas le long du muret pour demander à venir. Là aussi, Bien Aller a compris.

Christophe Posty

700 millions de visiteurs dans les forêts françaises

La forêt française reçoit chaque année 700 millions de visites. C’est ce qu’a déterminé une étude de l’Office National des Forêts en 2017. 9 Français sur 10 vont en forêt au moins une fois par an. La forêt est le 2ème espace naturel préféré des Français, juste derrière la campagne. Ces chiffres appellent plusieurs commentaires.

Il faut d’abord se réjouir de voir l’immense majorité de nos contemporains partager ce goût de la forêt qui fait battre le cœur des veneurs. A pied, à cheval ou à vélo, déambuler, courir, galoper ou pédaler sous les frondaisons est un bonheur partagé par la plupart. Sentiment de liberté, de temps arrêté, d’authenticité loin du béton des villes et du goudron des routes, griserie des espaces naturels et rêverie au milieu d’arbres plusieurs fois centenaires qui en ont tant vu. Il y a probablement un peu de tout cela dans ce goût de la forêt.

Les forêts ont une quadruple fonction : produire du bois, protéger la biodiversité, protéger contre les risques naturels et, pour les forêts domaniales, accueillir du public. Les chasseurs contribuent de façon déterminante à la protection de la biodiversité, en assurant notamment l’équilibre entre la présence d’une faune sauvage et les activités sylvicoles et agricoles ; ils accomplissent une mission de service public.

Si le promeneur a toute sa place en forêt, il n’y a pas toutes les libertés. Le respect de la propriété privée constitue le premier impératif ; la forêt privée représente les trois quarts des espaces boisés en France qui ne sont pas « à tout le monde ». Et si la forêt domaniale est un bien commun, c’est aussi le cas du château de Chambord ou du musée du Louvre ; pour autant, on n’y accède pas sans suivre des règlements ; il en va de même de la forêt domaniale dont l’accès est réglementé, afin de garantir sa préservation.

Le promeneur est aussi invité à la prudence, et notamment l’automobiliste. Le risque de collision avec le grand gibier est réel ; dans la France entière, les sociétés d’assurance ont reçu la déclaration de 65 000 collisions véhicule/grand gibier en 2017 (180 par jour !), ces collisions prenant parfois un tour dramatique pour les conducteurs ou leurs passagers.

Enfin ces excellents chiffres de fréquentation mettent en lumière une des nombreuses contrevérités dont les opposants de la chasse se sont fait une spécialité dans leur obsession incessante de manipuler l’opinion. D’aucuns aimeraient faire croire que nos contemporains sont terrorisés à l’idée de se promener dans des forêts que des chasseurs frénétiques accapareraient au mépris du droit des gens. On voit qu’il n’en est rien et que les non-chasseurs s’y pressent en nombre. Et ce n’est pas les « 1 Français sur 10 » qui ne vont jamais en forêt qui démontreront le contraire ; après tout, on a bien le droit de préférer le pavé des villes aux sentiers des bois…

« La forêt, c’est encore un peu du paradis perdu. Dieu n’a pas voulu que le premier jardin fut effacé par le premier péché. » Marcel Aymé

Trompe et confinement

Ainsi donc, nos concitoyens urbains renouent curieusement vers 20h00 avec l’ancestral rite du « charivari », inversé cependant quant à sa motivation, s’agissant présentement d’honorer le personnel soignant et non de le blâmer.

Souhaitant donc me rallier à ce soutien civique aux intervenants de première ligne, je me décidai à une remise en lèvres avec mon fils, encouragé par le maire et les voisins ruraux. En milieu d’après-midi de ce samedi, nous nous dirigeâmes vers une petite vallée boisée, en bordure de rivière, au centre de l’exploitation familiale, éloignée des habitations non agricoles.

Quelle ne fut pas notre surprise de voir une voiture « débouler » dans nos dessertes agricoles privées, un inconnu vociférant en descendre, traversant les parcelles, faisant fi des clôtures, des chevaux et de mon chien qui, tout comme moi, apprécie peu ce genre d’intrusion sur son territoire ! Ses propos décousus, son agressivité, ses yeux brillants aux pupilles dilatées, laissaient peu de doute sur l’état du conducteur. Il nous sembla comprendre, dans un flot d’insultes et de menaces, que nous le dérangions ! Nous en étions à deux doigts d’en venir aux mains, quand il voulut « plier nos instruments ».

Mon invitation à lui faire respecter ses distances, précisant que nous pouvions être « infectés », fit germer une lueur de lucidité dans son esprit perturbé et le fit reculer de plusieurs pas, puis repartir « bougon » d’où il était venu. Et nous de continuer notre séance ! Je ne soupçonnais pas la très modeste puissance de ma trompe capable de créer tant d’émoi à une telle distance et à l’intérieur d’une maison…

J’en référai au maire qui, ne comprenant pas non plus, me promis d’agir. Une brève investigation me permit de comprendre qu’il s’agissait d’un néo-rural, résident récent d’un lotissement, supportant mal les agriculteurs qui préparent leurs terres, et autres désagréments campagnards, dont les chasseurs.

Je ne fus donc guère étonné de voir l’estafette de la maréchaussée s’arrêter dans ma cour le lendemain. Elle menait l’enquête de voisinage, pour bien peu de chose, mais principe de précaution oblige. Cet entretien me permit d’apprendre que j’avais sonné toute la journée ; c’est bien connu, tout comme les pianistes, les sonneurs, surtout les amateurs, sont capables de répéter 8 heures par jour. Moi qui trouve déjà très compliqué de sonner quelques dizaines de minutes !

Les gendarmes m’ont bien évidemment confirmé que, parfaitement dans mon droit, je n’enfreignais aucune règle. Ils se devaient cependant de m’alerter du climat particulièrement tendu qui régnait en ce moment, surtout entre voisins. Ils m’ont confié s’être déplacés notamment parce que j’étais chasseur, détenteur d’armes et, à ce titre, considéré comme relevant d’une population sensible en cas de crise ou d’agressivité de voisinage.

La peur, source d’anxiété, l’aigreur et le ressentiment, sur fond de jalousie, font ressortir les instincts primaires ; untel ne supporte plus les bruits des enfants de son voisin, tel autre interpelle un fumeur sur son balcon, lui qui n’en a pas ; malheur au chanceux propriétaire de pavillon qui ose passer la tondeuse ou préparer son potager. Pire, le « 17 » recevrait bon nombre d’appels en délation pour qui sort plusieurs fois son chien, ou fait ses courses en plusieurs étapes, sans parler des menaces sur le personnel soignant qui ose rentrer chez lui.

Comme disait Sartre : « l’enfer c’est les autres ».

J’ai lu que la colère montait, notamment sur les réseaux sociaux, fustigeant une romancière qui décrit son confinement à la campagne : les premières fleurs, les dernières gelées du matin, les arbres bourgeonnants… De l’indécence pour les uns de la violence pour les autres. Où il semble que d’avoir un horizon, dans toutes ses acceptions, soit un privilège de classe, un reflet de la vie, comme il en a finalement toujours été ! A bien y réfléchir, l’impropre expression de « distanciation sociale » devient pour certains de « l’humiliation sociale ».

Au 12ème siècle, Averroès, philosophe, théologien, juriste et médecin, qui devait s’y connaitre sur le sujet, écrivait déjà : « L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence ». Sentence maintes fois remaniée, y compris par Yoda dans un Star Wars ; la jalousie n’est-elle pas fille de cette ignorance ?

Sursum Corda !

 

Bruno Jehanne

Veneur breton

Chasseur et Youtuber : même combat

« L’espérance est un risque à courir » disait Georges Bernanos. Youtube nous en fournit la démonstration. Depuis quelques semaines, un nouveau « Youtuber » a fait son apparition sur la toile ; pour les moins familiers des réseaux, on précisera que le Youtuber est un chroniqueur qui présente ses points de vue dans des vidéos postées sur Youtube ; il fait le pari que ses idées et leur mise en situation seront suffisamment attractives pour lui valoir de nombreux « followers », entendez de l’intérêt pour ses réflexions. Ce nouveau format a laissé le champ libre à un nombre considérable de racoleurs d’une bien-pensance préformatée, nouveaux Don Quichotte pourfendant à l’envi, la maladie, la pauvreté, la pollution, la guerre, l’injustice et la mort. Nous les dénonçons régulièrement, en ceci qu’ils opposent à notre pratique des arguments fallacieux reposant essentiellement sur le mensonge et la manipulation de l’émotion.

Mais voici qu’apparaît Richard-Sur-Terre, nouveau Youtuber barbu, à la trogne sympathique, dont la tonalité du discours retient d’abord l’attention par sa sérénité et son humour. Les vidéos qu’il produit sont bien construites ; leur argumentation vise juste. Chasseur à tir et chasseur à l’arc, Richard-Sur-Terre s’interroge sur les ressorts de ce qu’il n’hésite pas à appeler la « haine anti-chasse ». Et le moins qu’on puisse dire est qu’il « remet l’église au milieu du village ».

Il porte sur nos opposants un regard acéré, pointant le fait qu’ils se construisent dans le combat pour le combat, dont il dénonce l’incohérence manifeste. Leur engagement, faussé par une vision utopique de la nature, est porté par la cybertribalité, un concept dont il détaille le cortège d’idéologie sans nuance et de dissonance cognitive. Il dénonce la dictature de l’empathie, substitut commode à une véritable connaissance des choses, qui permet une représentation simplifiée du monde et des prises de position d’autant plus assénées qu’elles sont ignorantes des mille composantes de la réalité.

Il exprime avec une grande sensibilité les ressorts de notre passion de chasseur, les valeurs qu’elle porte, la part de vérité qu’elle contient. Il évoque l’histoire de l’évolution de l’humanité et la place qu’y prend notre spécificité d’omnivores dans la conquête des espaces. Il souligne un rapport à la mort faussé par une société qui magnifie la jeunesse, dans le vain espoir d’une vie éternelle. Les êtres vivants se mènent une guerre permanente, dans laquelle les humains en général et les chasseurs en particulier doivent jouer leur partie avec éthique et responsabilité. Richard-Sur-Terre trouve dans la chasse un retour aux sources, un rapport à la nature et à la prédation qui relèvent de l’équilibre ancestral (pour ne pas dire éternel) des choses.

Vous l’aurez compris, Richard-Sur-Terre nous a conquis par la justesse et la pédagogie de ses propos, à découvrir dans les vidéos qu’il a déjà réalisées et auxquelles cet édito vous donne accès en bas de page. Il nous reste maintenant à emmener Richard-Sur-Terre à la chasse à courre, qu’il ne connaît pas encore. Il vit dans une région magnifique où elle est très active ; il n’aura donc que l’embarras du choix, dans lequel nous nous efforcerons de le guider. Gageons que notre mode de chasse – mode de vie – saura le séduire !

> Richard sur terre : Les chasseurs sont-ils sadiques ?

> Richard sur terre : Comment répondre à la haine anti-chasse ?

> Richard sur terre : Chasseurs : pourquoi les anti-chasses se trompent ? 

> Richard sur terre : Lettre ouverte aux anti-chasses et à l’attention de tous les autres 

Covid-19 : manifestations annulées et reportées

Les conditions de confinement qu’impose l’épidémie de coronavirus occasionnent des annulations et des reports d’événements liés à la vènerie.

  • Annulations :
    • Chasse & Nature en fête à Fontainebleau, les 30 & 31 mai 2020
    • Championnat de France du Cheval de Chasse à Fontainebleau, les 30 & 31 mai 2020
  • Reports :
    • Assemblées Générales des équipages et des veneurs, prévues le 30 mai 2020 à Fontainebleau
    • Game Fair à Lamotte Beuvron, prévu du 12 au 14 juin 2020
    • Pour ces deux événements, des lieux et dates sont à l’étude ; ils se préciseront en fonction des conditions de sortie de confinement.

Les manifestations à caractère régional sont, elles-aussi, impactées par les circonstances ; leurs organisateurs vous fourniront toute précision.

Le monde en défaut

S’arrêter de longues minutes à écouter bruire la nature. Fouler et refouler inlassablement le même kilomètre. Être attentif à une branche qui frémit, un chien qui hume, un cheval sur le qui-vive. Attendre qu’il se passe enfin quelque chose… Le temps du confinement serait-il bien connu du veneur : le temps du défaut ?

L’épidémie de coronavirus a eu raison de notre fin de saison de chasse. Peut-être donnera-t-elle raison à notre vie de chasseurs.

Rat des villes autant que rat des champs, je suis bien placé pour savoir que l’épidémie est arrivée par ceux, et d’abord à ceux, qui prennent l’avion aussi facilement que le métro – mais rarement la voiture. Ces citoyens du monde à qui le monde, pour une fois, le rend bien. Ces gens de tous horizons qui, pour plusieurs semaines, n’en ont plus qu’un devant les yeux. Presbytes de toujours contraints soudainement à la myopie.

Rat des champs autant que rat des villes, je n’ai pas hésité très longtemps lorsqu’il a fallu choisir entre tourner en rond dans quelques mètres carrés ou regagner ma campagne natale. Plus d’un million de Parisiens en ont fait autant, qui ont su se rappeler, en pleine crise, qu’ils avaient des racines quelque part. D’autres, sans doute, (re)découvrent ce qui, à nous, veneurs, est familier : le rayon d’action tracé à la vigueur des mollets, la nature en plein réveil de printemps, le plaisir d’un bon repas, la joie de journées en famille. Une sorte de rappel à la modestie pour l’homme universel et connecté, pour une société qui ne cesse jamais d’accélérer et que quelques molécules de matière vivante suffisent pourtant à mettre à l’arrêt. Au passage, a-t-on entendu personne prendre la défense du virus et refuser qu’on le combatte, au nom d’une soi-disant égalité entre les espèces ?

Les réfugiés du covid découvrent peut-être aussi autre chose : un mois à la campagne, sans cinéma, sans bar à chaque coin de rue, avec une bande passante qui décourage rapidement de télécharger le prochain épisode d’une série… Laissons-les mariner un peu et – qui sait ? – peut-être sera-t-il temps, fin septembre, de leur rappeler que la vènerie est aussi un spectacle auquel tiennent bien des gens qui, dans nos contrées, n’en ont pas beaucoup d’autres. Et – qui sait encore ? – peut-être accepteront-ils que les rats des champs, qui les ont accueillis sans discuter en pleine débandade, ont encore le droit qu’on ne leur impose pas le mode de vie des rats des villes qui ont fui le leur.

Activités humaines et grands ongulés

Le résultat des prélèvements des grands ongulés pour la saison de chasse 2018/2019 vient d’être publié :  747 367 sangliers, 586 462 chevreuils et 65 275 cerfs pour l’ensemble du territoire français. Sur dix ans, ces chiffres sont en augmentation de 31% pour le sanglier, 20% pour le chevreuil et 35% pour le cerf. Que signifient-ils ?

Rappelons, tout d’abord, que la caractéristique première de la faune sauvage réside dans le fait que l’Homme n’en contrôle pas la reproduction. Lapalissade diront les uns ; pas les antispécistes les plus acharnés qui rêvent d’une régulation des naissances de la faune sauvage par castration chimique. Que resterait-il de sauvage à des animaux ainsi traités par l’Homme ? Nos idéologues hallucinés ne le précisent pas.

Faute de réguler les naissances donc, les prélèvements sont une nécessité sous nos latitudes pour assurer la cohabitation des activités humaines agricoles, forestières, routières (collisions) et même urbaines et la conservation d’une faune sauvage dans des espaces ouverts. Le polémiste Rémi Gaillard semblait s’émouvoir récemment que la chasse du sanglier demeure ouverte dans plusieurs départements en mars. C’était vouloir ignorer que la prolifération invasive de ces animaux y met littéralement en péril la production agricole, et, de ce fait, l’alimentation des Hommes.

La justification des prélèvements étant ainsi démontrée, rappelons aussi que les chasseurs en assurent la tâche, qualifiée, à juste titre, de mission de service public.

Hormis le sanglier, dont les cycles de reproduction ont connu, au cours des dernières années, un dérèglement qu’explique partiellement la douceur de nos hivers, le chevreuil et le cerf font l’objet de plans de chasse décidés par arrêté préfectoral sur avis des Conseils Départementaux de la Chasse et de la Faune Sauvage, aux vues des comptages effectués chaque année en mars. Ces plans de chasse, instaurés il y a 40 ans, ont permis une augmentation des populations d’animaux sauvages comme le démontre l’évolution des prélèvements sans diminution globale des populations, évaluées chaque année, au contraire. Il n’y a à cela rien de paradoxal, car cette régulation, strictement réglementée, n’est pas destinée à éradiquer les espèces mais plutôt à favoriser leur implantation en fonction des capacités nourricières de chaque massif.

Pour se rapporter à l’article de Charles Stepanoff publié dans la précédente lettre des amis de la vènerie, la nature n’est pas cet « univers séparé de la vie sociale et des traditions humaines » dont rêvent nos détracteurs, mais un espace d’activités humaines dans lequel les Hommes, dont les chasseurs, s’attachent à préserver la présence de grands ongulés. Notre devoir d’Homme n’est pas, contrairement à la conception des animalistes, « une responsabilité parentale à l’égard d’animaux vus comme des enfants » mais une gestion raisonnée de la faune sauvage que nous voulons voir durablement implantée dans nos espaces ruraux.

Un mot enfin sur la situation de confinement sans précédent que nous vivons depuis quatre semaines maintenant. Jean Giono situe son roman, « Le Hussard sur le toit », dans la Provence de 1832, en proie aux ravages d’une épidémie de choléra. Giono disait de son livre : « Le choléra est un révélateur, un réacteur chimique, qui met à nu les tempéraments les plus vils ou les plus nobles ». On fera rapidement le constat qu’il en va de même du coronavirus. Gageons que les veneurs s’attacheront à prouver qu’ils sont parmi les plus nobles, que leurs opposants auront vite fait de démontrer qu’ils sont les plus vils, et que l’opinion saura s’en rendre compte.

Amis de la vènerie, portez-vous bien !

Prenez soin de vous et de vos proches !

Chers amis,

La chaleureuse convivialité qui nous réunit derrière nos chiens durant plus de six mois chaque année a été brutalement interrompue par une crise sanitaire exceptionnelle. Vous avez été nombreux à exprimer votre soutien à nos recommandations successives et je vous en remercie.

Cette crise sanitaire est d’une ampleur et d’une violence inouïes. Elle ramène l’homme à sa vulnérabilité face à la suprématie des « éléments ». Elle va bousculer l’ordre mondial et créer des désastres humanitaires, économiques et sociaux que l’on peut redouter. Il faut, malgré tout, affronter cette épreuve avec courage, détermination et solidarité comme l’ont fait nos ainés dans des circonstances parfois encore plus tragiques.

Un jour viendra où cette crise sera maîtrisée.
La vènerie nous réunira alors à nouveau.
Que cette perspective nous aide à supporter vaillamment le confinement qui s’impose à tous.

Le bilan de la saison écoulée est l’objet exclusif de cette lettre des amis de la vènerie. Il souligne les contrastes saisissants qui caractérisent les conditions de la pratique de la chasse à courre. C’est pour moi l’occasion d’attirer l’attention de chaque veneur sur sa responsabilité individuelle qui engage notre avenir collectif. Seuls notre sens de l’éthique et le respect strict de notre environnement nous permettront de chasser à courre durablement.

Prenez soin de vous et de vos proches !

Spécial élections : témoignages de veneurs conseillers municipaux

A la veille du premier tour des élections municipales, nous avons posé trois questions à cinq veneurs conseillers municipaux ou maires de leur commune. Leurs réponses sont encourageantes.

Que pensent vos administrés de vos activités de veneur ?

Christian (Maine et Perche) : « Je ne fais pas mystère de mon activité de veneur mais le contexte ne me donne pas souvent l’occasion d’échanger sur ce sujet. J’en parle principalement avec les chasseurs à tir nombreux dans la commune qui s’intéressent à la vie cynégétique en général. Lors de mes conversations sur la chasse, je rencontre une curiosité pour la vènerie. Cela ne préjuge en rien de leur opinion mais on peut imaginer une certaine bienveillance, de la part des chasseurs en tout cas. »

Jérôme (Nouvelle Aquitaine) : « Ils n’en pensent que du bien ; notre implication au sein de notre conseil municipal est historique comme notre chenil au milieu de notre exploitation agricole très voisine de notre village. Toutes nos vieilles familles du village sont très au courant de notre activité et souvent présentes pour quelques-uns à nos laisser-courre. Concernant les nouveaux habitants, il y a toujours de la pédagogie à faire, beaucoup de questionnement sur les différents bruits du chenil et en expliquant la vènerie dans son ensemble tout se passe bien. Pour l’instant nous ne connaissons aucun problème autour de chez nous. Les a priori négatifs contre cette pratique sont très souvent inversés et oubliés lors de la visite du chenil et une invitation à un laisser-courre. Je leur dis souvent que je peux comprendre leurs critiques mais à une seule condition de venir découvrir et ensuite on en rediscute. La majorité du temps, les préjugés sont oubliés et les gens demandent à revenir. »

Bruno (Nouvelle Aquitaine) : « À priori, ni chaud ni froid. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ne m’en tiennent pas rigueur puisque je suis maire depuis vingt-cinq ans ! Je n’ai jamais eu de piqueur, je trie mes chiens et les récupère à pas d’heure quand ils manquent. Je conduis mon camion, paie de ma personne. Cela aide pour détruire l’image d’Epinal du seigneur d’autrefois. »

Véronique (Bretagne) : « Dans une commune rurale, la chasse fait partie intégrante de la vie de la commune. Les habitants comprennent parfaitement bien le rôle des chasseurs dans la gestion des espèces tels que les sangliers, renards, ragondins…. Les chasseurs font donc partie de la vie de la commune. Cela se vérifie d’ailleurs par leur présence fréquente lors des manifestations estivales. Mais la chasse « loisir » est plus difficilement comprise et acceptée par les nouveaux habitants et les nouvelles générations. Concernant la vènerie, peu de mes concitoyens connaissent ma passion ; certains la soutiennent pour sa beauté, la présence des chevaux, la beauté des tenues des veneurs, la sagesse et gentillesse de la meute et les fanfares de trompe. Les autres l’ignorent par désintérêt. »

Quelles facilités, rencontres, opportunités vous offrent vos fonctions d’élu pour défendre la chasse à courre ?

Louis (Bourbonnais) : « Le statut de maire facilite tous les contacts auprès des administrations et services de l’Etat : sénateurs, députés, préfète, sous-préfète, comcom, gendarmeries, RG, DDT, louveterie, FDC.  Le maire, identifié comme veneur, se révèle être un interlocuteur plus accessible pour tout ou partie des instances citées. Un exemple : je suis identifié d’abord en tant que maire par les services de Gendarmerie – locaux et départementaux.  Un autre exemple : celui de la comcom qui réunit les maires, tous riverains du massif forestier et qui en profitent pour poser des questions à propos de notre mode de chasse. »

Christian (Maine et Perche) : « La fonction d’élu facilite les prises de contact avec les autres élus députés, sénateurs, maires, conseillers départementaux et aussi fédérations départementales de chasse. Les rencontres sont une occasion de défendre la vènerie de manière conviviale, car les élus sont également intéressés par la vie de la circonscription. Vis à vis des services de l’Etat (préfecture, gendarmerie notamment), ma fonction d’élu et de responsable de la communication de la Vènerie me désigne naturellement comme leur interlocuteur privilégié. »

Jérôme (Nouvelle Aquitaine) : « Les facilités sont très simples : une ouverture directe et très facile sur tous les élus de notre département et tous les services administratifs au-dessus de nous (préfet, ainsi que tous les services de l’administration, gendarmerie, etc.). Le fait d’être un élu à la plus haute marche de sa commune reste une responsabilité que toutes les instances respectent énormément. La fonction et l’autorité de maire permettent une meilleure écoute qu’une personne quelconque. »

Bruno (Nouvelle Aquitaine) : « Nous ne chassons qu’en territoire privé. Le fait d’être vice-président de notre Communauté de Communes (27 municipalités) permet de tutoyer tous les maires et de bien connaître présidents de sociétés de chasse, propriétaires et régisseurs. Ils sont évidemment tous au courant de notre passion. Aucun commentaire agressif jamais, la plupart indifférents, beaucoup rigolards, pas dangereux, « t’es fou », « t’as vu le temps », « vous êtes des malades ». Excellents rapports avec la Fédération, admirative du nombre de jeunes qui nous suivent, avec nos sénateurs, avec la gendarmerie. Autant d’occasions d’évoquer une vènerie discrète et bien élevée, méthode de chasser comme une autre, intégrée sur notre territoire, immense. »

Véronique (Bretagne) : « En tant que vice-présidente du Conseil Départemental des Côtes d’Armor, chargée de l’environnement, j’ai été amenée de très nombreuses fois à soutenir la chasse et plus particulièrement la vènerie. Le département des Côtes d’Armor a la particularité d’être propriétaire d’un massif forestier sur lequel un partenariat existe avec la fédération départementale des chasseurs pour la gestion du gibier. Sur ce massif tous les modes de chasse sont pratiqués. Ma passion pour la vènerie a, localement, été le sujet de nombreuses attaques et le prétexte trouvé par les extrémistes de tous bords pour s’offrir des tribunes médiatiques. Mais cela reste sans conséquence ; la très grande majorité des costarmoricains ne s’intéressent aucunement à la vènerie. Devant les élus régionaux, départementaux, et les agents du conseil départemental, je ne cache pas ma passion pour la vènerie, et la chasse plus généralement, et n’hésite jamais à la rappeler. Cela me permet parfois d’adapter certaines mesures qui auraient pu être prises, dans le domaine de l’environnement, par le département voire la région.  J’ai ainsi pu demander à ce que les associations de chasseurs soient présentes dans la mise en place de structures qui pourront avoir un rôle important pour notre avenir, telles que l’Agence Bretonne de la Biodiversité. Par ailleurs, j’ai beaucoup plus facilement la possibilité de rencontrer les députés, sénateurs de mon département ou autres, et d’être écoutée, voire parfois entendue ! »

Quel message essentiel faîtes-vous passer sur la vènerie, dans le cadre de vos fonctions d’élus ?

Louis (Bourbonnais) : « Un message de normalité d’un mode de chasse strictement encadré qui apporte des retombées économiques sur le plan local et qui participe à la régulation du cheptel pour le plus grand bien des cultures environnantes. Le maire-veneur, puisqu’il est de son rôle de faire respecter la loi, apporte sa pierre à la légitimité de la chasse à courre. Sans doute plus aisé dans un milieu rural que dans le milieu péri-urbain. »

Christian (Maine et Perche) : « Par mon comportement, j’essaie de communiquer les valeurs de la vènerie, comme l’attention portée aux animaux, la connaissance de la nature, la courtoisie, la mixité sociale. Pour moi, être veneur oblige. »

Jérôme (Nouvelle Aquitaine) : « Faire découvrir nos traditions. A chaque fois, l’objectif est simple : faire comprendre nos valeurs et nos coutumes, afin d’être défendus, le cas échéant. Les messages sont simples : nous sommes de la terre depuis plusieurs générations, nous sommes très simples et accessibles. Une pratique très noble, l’amour de nos animaux, de nos chiens et de nos chevaux. »

Bruno (Nouvelle Aquitaine) : « Désamorcer immédiatement, par une visite, toute rumeur de contrariété ou de doléance à l’égard de l’équipage. Si besoin, pour le grand public, quelques explications argumentées, bien connues : ponction hypothétique de la vènerie sur le cheptel, jamais eu autant de grand gibier, nécessité de réguler puisque plus de grands prédateurs, brassage des populations permettant une bonne génétique, respect et célébration de l’animal à la curée. »

Véronique (Bretagne) : « La vènerie est un mode de chasse comme tous les autres ; elle doit être respectée en tant que tel. Elle permet la conservation et le développement de races de chiens, et de chevaux. Elle génère une réelle activité économique. Mais le message le plus important pour moi est que la vènerie est une chance ; elle permet de conserver et transmettre des traditions ancestrales mais surtout des valeurs humaines. Elle fait partie intégrante de notre patrimoine.  Face à de nouvelles générations qui ont perdu leurs repères, qui s’opposent à toute forme de contrainte et d’autorité, nous sommes fiers de voire nos enfants vouloir perpétuer ces traditions, cette école de la rigueur et de l’humilité devant la nature. »

Chasser en Amazone : le stage

En 2020, le stage est organisé à Breil (49) par Antoinette de la Bouillerie (Brevet fédéral d’initiation bénévole de la monte en Amazone) et animé par Laurent Mézailles, enseignant spécialisé et expert fédéral de l’équitation en amazone. Les amazones bénéficient de cours théoriques et pratiques. Elles travaillent sur le plat et sur l’obstacle.

Il débutera le jeudi de l’Ascension, 21 mai, à 14 heures et se terminera le samedi 23 mai à 18 heures. Selon la disponibilité des stagiaires, cette formation pourra être suivie durant deux jours et demi, deux jours ou un jour.

Le niveau « galop 4 » est requis pour participer à ce stage.

Les cours théoriques abordent la position, la sellerie, la compréhension de l’équitation, les spécificités du cheval de chasse. C’est une excellente préparation pour le Championnat de France du Cheval de Chasse qui comporte notamment un classement en amazone.

Renseignements et inscription (gratuite mais obligatoire) auprès de la Société de Vénerie : cmeheust@venerie.fr