Idées reçues sur la chasse à courre

La chasse aux a priori

L’univers cynégétique se heurte fréquemment à une certaine opposition, souvent construite sur des a priori. Il est temps de les déconstruire et de revenir à la réalité du terrain. Partons à la chasse à courre…

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LA VÈNERIE S’INSCRIT DANS NOTRE ECOSYSTÈME

Le propre de l’animal sauvage, est que sa survie dépend de sa capacité à vivre en état de stress. Il est parfaitement adapté à son milieu et aux activités humaines qui s’y déroulent.

Lorsque les veneurs et leurs chiens prennent place en forêt, les animaux sauvages se mettent en mouvement car ils ont identifié la menace et la fuient. C’est leur instinct qui les guide. En revanche, ce qui inquiète véritablement l’animal et met en défaut son système de défense, c’est ce qu’il n’identifie pas, ce qu’il n’interprète pas, ce qui le surprend. Paradoxalement, le vrai dérangement provient de celui qui cherche à s’immiscer dans la nature de l’animal, de l’approcher au plus près sans être vu, de lui soustraire ce qu’il a de plus enraciné : sa nature sauvage. 

L’article R.425-2 du Code de l’Environnement prévoit, selon les départements puisque c’est le Préfet qui décide, le nombre minimum et le nombre maximum d’animaux à prélever annuellement en fonction de leur sexe, leur âge, leur poids. Chaque meute chasse donc un animal particulier. Toutefois, il arrive que des chiens chassant le sanglier, par exemple, se mettent à courir après un chevreuil.  Ils  sont alors immédiatement arrêtés par les veneurs et remis sur la voie de l’animal distingué par le maître d’équipage. De même, instinctivement, les chiens s’orientent vers les animaux vulnérables, blessés ou malades car plus faciles à prendre. Ils participent ainsi à l’équilibre cynégétique. Telle est la loi de la nature. Le plus fort vainc le plus faible. Loi qui se vérifie bien au delà de la chasse à courre…

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L’ANIMAL TRIOMPHE SOUVENT

La vènerie est un mode de chasse naturel où l’homme n’intervient que pour encadrer le travail des chiens et harmoniser leurs personnalités. Trois fois sur quatre, l’animal chassé échappe à la meute qui le poursuit. Les veneurs sont très attachés à ce que rien n’entrave ce combat équilibré entre la meute et l’animal et que ce dernier ait ainsi autant de chance d’échapper que d’être pris.

Dans la grande majorité des cas, l’animal chassé, on l’a vu pour les animaux de petite vènerie comme pour ceux de grande vènerie, échappe aux chiens grâce à la façon dont il parvient à se jouer de la meute, grâce à son endurance.  Bien évidemment, courir des heures durant devant des chiens occasionne chez l’animal une grande fatigue accompagnée de crampes musculaires. Comparables à celles d’un marathonien. Il lui faut du temps pour s’en remettre mais il s’en remet.

Parfois, c’est la mort qui l’attend. La mort, c’est aussi la vie qui se perpétue de génération en génération chez les animaux vivant dans nos forêts, dans nos campagnes. Occulter la mort, c’est occulter la vie. Cependant, l’animal chassé n’a pas conscience de sa propre fin. Il est vivant. Il n’est plus vivant. C’est inéluctable. C’est la nature même de la vie.

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LA VÈNERIE EST UN SPORT D’ÉTHIQUE

Les veneurs coordonnent l’acte naturel de prédation entre les animaux eux-mêmes. L’animal sauvage utilise sa capacité de résistance au stress, gage ordinaire de sa survie. Et s’il échappe aux chiens, c’est qu’il s’est adapté, au fil de son évolution, à la prédation. Avant, ses prédateurs naturels étaient les ours ou les loups. Aujourd’hui, ce sont les chiens de vènerie. La lutte d’un animal sauvage tels que le chevreuil ou le sanglier pour sa survie est la même. Seuls changent les acteurs. Cette adaptation de l’animal chassé se traduit par une résistance physique et des ruses développées au fil de l’évolution de l’espèce,  compliquant le travail des chiens. Toutefois, c’est bien cette complexité qui fait  de la vènerie un mode de chasse singulier, éthique, naturel et équitable.

S’il y a une chose dont l’animal a parfaitement conscience, c’est qu’il est pourchassé. Un cerf ou un lièvre ne déploierait pas autant de ruses s’il pensait que le prédateur ne le chassait qu’à vue. Il va donc courir et soit il échappe, ce qui arrive plus de trois fois sur quatre, soit il ne peut plus échapper à cause de sa résistance physique. Auquel cas, il est dans le même état qu’un marathonien après une course. Quant à la mort, c’est une notion conceptuelle, absente dans l’imaginaire de l’animal.

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LES VENEURS, À CHEVAL SUR LE BIEN-ÊTRE ANIMAL

Le cheval, au même titre que le chien, sont les partenaires du veneur. Il leur voue une attention et un affection sans borne car sans eux, point de chasse. La vènerie est une discipline à part entière de la Fédération Française d’Équitation. Particulièrement sensibles au bien-être animal, les veneurs ont édité leur propre manuel « Guide des bonnes pratiques du cheval de chasse » (cliquez pour télécharger le guide) et organisent chaque année des stages de formation à l’équitation, les soins, l’alimentation et l’éthologie du cheval de chasse avec le célèbre Nicolas Blondeau. La saison de chasse s’étend du 15 septembre au 31 mars en vertu de l’article R.424-4 du code de l’environnement. Les chevaux de chasse sont donc au repos, en pâture, d’avril à août, période au cours de laquelle ils sont remis progressivement en condition afin de bien démarrer la saison suivante. Qui veut voyager loin ménage sa monture !

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LA VÈNERIE EST SOUMISE À UNE REGLEMENTATION STRICTE

Par delà les règles s’appliquant à la chasse en France, la vènerie est régie par l’arrêté ministériel de 1982 et par un règlement intérieur.

Lorsqu’un animal chassé, suivi par la meute sort du territoire de chasse, la règle stricte, donnée par la Société de Vènerie, est de rappeler immédiatement les chiens afin de les garder en zone autorisée. La chasse est arrêtée et les membres de l’équipage tenus à l’écart. Le maître d’équipage met tout en oeuvre pour faire repartir l’animal afin qu’il regagne librement la forêt. Le propriétaire peut s’opposer à ce que l’animal soit extrait de sa propriété, le maître d’équipage lui fait alors signer une décharge et requiert la présence de la force publique. Le propriétaire peut accepter que la suite de la chasse se fasse sur sa propriété mais il n’existe pas de « droit de suite » d’office accordé aux veneurs, une autorisation est donc nécessaire. 

La Société de Vènerie veille et s’engage à ce que toutes ces consignes soient respectées.

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LA VÈNERIE EST POPULAIRE

Comme le disait Albert Einstein, « il est plus difficile de briser un préjugé qu’un atome. » De fait, la vènerie a été longtemps l’apanage des rois, des aristocrates puis d’une certaine grande bourgeoisie. Il ne faut néanmoins pas oublier que la révolution française s’est déroulée en 1789, il y a plus de deux cent ans.

Qui se passionne aujourd’hui pour la chasse à courre ? Tout le monde. Jeunes et moins jeunes. Femmes et hommes. Suiveurs et veneurs. 10 000 personnes pratiquent la vènerie dans 70 départements français.  Les veneurs se regroupent au sein d’un équipage, majoritairement régi par la loi de 1901 sur les associations, mené par le maître d’équipage voire un piqueux et formé d’un comité. Les veneurs détiennent le permis de chasser délivré par la Fédération de la Chasse en vertu de l’article L 423-1 du code de l’environnement. Eux et eux seuls ont donc le droit de faire des actions de chasse comme arrêter les chiens, sonner les fanfares ponctuant les péripéties de la chasse…. Le profil du veneur est varié, ce sont des hommes, des femmes appartenant à des catégories socio professionnelles très larges : profession libérale, retraités, employés, agriculteurs, fonctionnaires, étudiants, 50 % des veneurs ont moins de cinquante ans. Parallèlement aux veneurs, 100 000 personnes participent régulièrement aux chasses à courre sans contrepartie financière. Ce sont les suiveurs. Là encore, leur profil est éclectique :  CSP +, classe moyenne, ouvriers, médecins… tout le monde se confond dans une passion commune que l’on suit en voiture, à vélo et même  en courant selon sa forme physique, ses moyens, son âge, sa disponibilité. Chasser à courre, c’est se retrouver, papoter, partager un pique-nique, s’entraider… Chasser à courre, c’est la convivialité, et c’est bien cela qui en fait depuis toujours un rendez-vous populaire.

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LA VÈNERIE EST INTERNATIONALE

Nous chassons à courre sur presque tous les continents du monde et notamment en Angleterre (malgré la loi d’interdiction de chasser à courre en 2004, les anglais perpétuent cette tradition en pratiquant le drag hunting), en Irlande où il y a autant d’équipages qu’en France (400 équipages), au Canada, aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle Zélande.

Les animaux chassés à l’étranger sont essentiellement le renard, le coyote, le cerf et parfois le lynx (États-Unis).

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