Stop aux idées reçues !

Idée reçue n°1

LA VÈNERIE EST CRUELLE

FAUX, la cruauté supposant une volonté délibérée de faire souffrir, cela n’a rien à voir avec la vènerie. Les veneurs ne font que d’organiser et ritualiser l’acte naturel de prédation entre les animaux eux-mêmes. L’animal sauvage utilise sa capacité de résistance au stress, gage ordinaire de sa survie, son instinct et ses aptitudes physiques pour déjouer la meute de chiens qui le poursuit. Trois fois sur quatre, il échappe d’ailleurs à ses poursuivants.

La chasse à courre n’est qu’une reconstitution d’un acte naturel avec un prédateur, le chien en l’espèce, contre un animal sauvage qui va au cours d’un laisser-courre déployer son instinct de survie en utilisant de très nombreuses ruses qui nous passionnent.

Il y a une chose dont l’animal a parfaitement conscience, c’est la manière dont il est suivi. Un animal que cela soit un cerf ou un lièvre ne déploierait pas autant de ruses s’il pensait que le prédateur ne le chassait qu’à vue. Il va donc courir et soit il échappe, ce qui arrive plus de deux fois sur quatre, soit il ne peut plus échapper à cause de sa résistance physique. Auquel cas, il est dans le même état qu’un marathonien après une course.

Nous n’avons jamais entendu dire d’un marathonien qu’il souffrait le martyr ! Certes il était épuisé, fatigué, il a des crampes, ses muscles se raidissent, se tétanisent. Il en est de même pour l’animal chassé à courre. Retenez aussi que l’animal ne se voit pas mourir, car il n’est pas capable de se projeter sur l’avenir. La mort est une notion conceptuelle qui est complètement absente dans l’imaginaire d’un animal.

Idée reçue n°2

LES VENEURS NE PRENNENT PAS SOIN DE LEURS CHEVAUX

FAUX, le cheval au même titre que le chien est le partenaire du veneur. Il lui voue une attention et un affection sans borne car sans monture point de chasse ! La vènerie est une discipline à part entière de la Fédération Française d’Équitation dont elle respecte les consignes et avis. Les veneurs sont particulièrement sensibles au bien-être animal. Ils ont d’ailleurs édité leur propre manuel « guide pratique du cheval de chasse » et organisent chaque année des stages de formation à l’équitation, les soins, l’alimentation et l’éthologie avec le célèbre Nicolas Blondeau. Qui veut voyager loin ménage sa monture !

Idée reçue n°3

LES VENEURS ONT TOUS LES DROITS

FAUX, par delà les règles s’appliquant à la chasse en France, la vènerie est régie par l’arrêté ministériel de 1982 et par un règlement intérieur qui ne peut être enfreint. Les veneurs ne peuvent chasser que là où ils ont droit, sont très respectueux de la propriété privée, qu’il ne traversent que si les propriétaires ou ayant droit les y ont autorisés. Contrairement à une idée répandue, le droit de suite n’existe pas !

Lorsqu’un animal est chassé et que la meute sort de son territoire de chasse, la règle stricte donnée par la Société de Vènerie est de rappeler immédiatement les chiens et de les faire sortir au plus vite et d’arrêter la chasse. Au cas où un animal tiendrait les abois sur une propriété privée sur laquelle il n’y a pas d’autorisation, ou se situant en zone urbaine, celui-ci est automatiquement gracié sauf demande contraire du propriétaire.

Si un animal tient les abois devant un pavillon par exemple, la chasse est arrêtée, les chiens sont retirés et les membres de l’équipage tenus à l’écart mais surtout le maître d’équipage va faire en sorte de faire partir l’animal pour qu’il puisse regagner sereinement la forêt et éviter ainsi tout accident. Si le propriétaire s’oppose à ce que l’on fasse sortir l’animal de la propriété, le maître d’équipage fait signer une décharge et requiert la présence de la force publique. Lorsqu’un équipage ne respecte pas ces consignes, il y a automatiquement une enquête menée par la Société de Vènerie.

Un délégué de la Société de Vènerie va donc sur place, se fait expliquer par tous les ayants droits ce qu’il s’est passé (boutons, propriétaires, riverains, gendarmes témoins) et rédige un rapport très circonstancié. A la suite de cette enquête, le maître d’équipage est convoqué devant la commission de contrôle et d’arbitrage, composé de six veneurs expérimentés (représentant les six animaux chassés). A la suite de ce conseil, les sages formulent éventuellement une proposition de sanction au président, et c’est lui seul qui prendra la décision finale. Il y a quelques années à la suite d’un incident de ce genre, un équipage de cerf a été contraint d’arrêter de chasser pendant un mois, de terminer la saison en noir et d’enlever au maître d’équipage la responsabilité de servir l’animal. L’équipage a accepté cette sanction. La Société de Vènerie vous le voyez fait sa propre police et responsabilise ses troupes.

Idée reçue n°4

L’ANIMAL DE CHASSE N’A AUCUNE CHANCE

Faux ! Trois fois sur quatre, l’animal échappe à ses poursuivants. La vènerie est un acte de chasse naturel où l’homme n’intervient que pour encadrer le travail des chiens. L’animal sauvage va tout au long de la journée utiliser son instinct naturel, ses aptitudes à la course comme à la ruse pour déjouer le travail des chiens et ainsi échapper à son prédateur ancestral. Il n’est donc pas étonnant qu’il échappe à ses poursuivants dans la majorité des laisser-courre. Les veneurs sont très attachés à ce que rien n’entrave ce combat équilibré entre la meute et l’animal et que ce dernier ait ainsi autant de chance d’échapper que d’être pris.

Idée reçue n°5

LA VÈNERIE PERTURBE LA NATURE

FAUX, une fois de plus cet argument est le point de vue d’une posture très citadine et faisant montre d’une grande ignorance ! Le propre de l’animal sauvage est que sa survie dépend de sa capacité à vivre en état de stress. Lorsque l’on chasse le brocard l’été, on s’aperçoit que les animaux sont continuellement aux aguets et nerveux.

Ils relèvent la tête continuellement, ils sont en alerte, ils utilisent leurs sens pour se défendre. Les animaux sauvages sont capables de s’adapter à leurs milieux, aux dérangements comme aux accidents climatiques. Prenons pour exemple un territoire situé en Indre-et-Loire dans lequel chassent deux équipages de cerf et trois groupes de chasseurs à tir. Ce territoire est chassé aux chiens courants pratiquement tous les jours de la semaine. Or c’est l’un des territoires les plus giboyeux que je connaisse. Combien de fois j’ai pu observer en début de saison, alors que nous chassions un cerf, d’autres congénères continuer de bramer alors que la meute passait à moins de cinquante mètres d’eux.

Ici les animaux sont habitués, cela ne les inquiètent nullement. A l’inverse, ayant chassé pendant plusieurs saisons en Bourgogne dans une très belle chasse de grand gibier, j’ai pu observer le contraire. Lorsque, en fin de saison, l’équipage de cerf local venait chasser sur ce territoire, effectivement les animaux peu habitués aux chiens courants, au son des trompes et aux cavalcades des chevaux s’empressaient de débucher pour quitter les lieux !

En résumé, les animaux sauvages s’adaptent parfaitement à leur environnement. En forêt d’Orléans, Compiègne, Tronçais, Bercé et bien d’autres, plusieurs équipages chassent simultanément sans que cela n’affecte en rien l’état des populations d’ongulés sauvages. En revanche pour pousser mon propos plus loin, ce qui inquiète l’animal, c’est ce qu’il n’identifie pas, ce qu’il ne peut pas interpréter, ce qui le surprend et met en cause sont système de veille ! Le vrai dérangement, c’est paradoxalement le ramasseur de mues, le ramasseur de champignons, ou parfois le chasseur photographique qui ne respecte rien en voulant s’approcher au plus proche des animaux.

L’animal est surpris et en subi un incontestable stress. A l’inverse lorsque les traqueurs claquent la portière de leurs véhicules, les animaux se mettent en mouvement car ils ont identifié la menace, dans tous les cas ils sont en alerte. Lorsque vous surprenez un animal, celui-ci est désorienté, c’est cela le vrai dérangement.

Au reste en début de saison, les forêts domaniales sont vidées à cause des humains qui rentrent continuellement dans les enceintes pour approcher les cerfs au brame ou ramasser des champignons, et cela est bien pire qu’une meute de chiens, soyez-en certains !

Idée reçue n°6

LA VÈNERIE EST UN SPORT DE RICHE

Comme le disait Albert Einstein, « il est plus difficile de briser un préjugé qu’un atome. » De fait, la vènerie a été longtemps l’apanage des rois, des aristocrates puis d’une certaine grande bourgeoisie. Il ne faut néanmoins pas oublier que la révolution française s’est déroulée en 1789, et que nous sommes en 2017.

Depuis les années cinquante en France, la majorité des équipages sont en association. Chaque association a ainsi des membres, les boutons qui paient une cotisation annuelle destinée à couvrir les frais de fonctionnement de l’équipage. Si c’est un équipage de lapin, la cotisation ne coutera presque rien car il ne suffit que de six chiens pour chasser et il n y a pas besoin de louer un territoire.

Pour un équipage de lièvre on comptera 300 euros, pour un équipage de chevreuil 800 à 1 500 euros et pour un équipage de cerf ou un vautrait de 1 500 à 5 000 euros. En effet, dans ce cas précis, l’équipage est obligé de louer un territoire de chasse (environ 30 000 euros de loyer par an).

Il faudra évidemment qu’il s’occupe de 100 à 150 chiens au chenil mais aussi de toutes les infrastructures lui permettant une bonne organisation de l’équipage (camionnettes, chevaux, etc.)

Ce budget est réparti entre le nombre de boutons. Quand les gens disent que la chasse est un privilège du point de vue de son coût, ce n’est pas vrai. En effet, 2 000 euros par an correspond à une semaine au Club Med ou au ski et de très nombreuses personnes dépensent ce type de budget annuel pour des loisirs. Enfin et pour conclure, aucun autre loisir en France ne permet une telle mixité.

Vous retrouvez à la chasse l’électricien, le boulanger, le chauffagiste, l’avocat ou le PDG, toutes les professions sont représentées. Il n’y a pas de plus grande mosaïque sociétale qu’en vènerie !

Idée reçue n°7

LA VÈNERIE EST INTERDITE DANS TOUS LES PAYS

FAUX, on chasse à courre sur presque tous les continents et notamment en Angleterre (malgré la loi d’interdiction de 2004), en Irlande où il y a autant d’équipages qu’en France, au Canada, aux États-Unis, en Australie, et en Nouvelle Zélande. Les animaux chassés à l’étranger sont essentiellement le renard, le coyote, le cerf et parfois le lynx (États-Unis).

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