« On rentre en vénerie comme on rentre en religion » : ils présentent une pratique de chasse méconnue
La Presse de la Manche – samedi 5 avril 26
La chasse à courre au lièvre était présentée au public le dimanche 22 mars 2026 à Rocheville (Manche). Entretien pour l’occasion avec Christophe Rollet, maître d’équipage.
Le dimanche 22 mars 2026, sur le terrain privé de la société de chasse de Rocheville, sociétaires, membres de l’AFACCC, amis et curieux rassemblaient plus d’une centaine de personnes venues de tout le département et de Bretagne, découvrir ce qu’est « la petite vénerie ».
« On rentre en vénerie comme on rentre en religion »
Alexis Simon, le président de l’AFACCC 50, et Yvon Padet, le secrétaire de l’AFACCC 50 et sociétaire à Rocheville, expliquent : « C’est une méthode de chasse fort méconnue dans le département et que nous avons voulu faire découvrir aux sociétaires de Rocheville sur invitation du président de la société de chasse locale, Jean-Daniel Sitolle. Pour la démonstration, nous avons fait appel à un équipage de chasse à courre au lièvre venu du Loiret composé de treize chiens courants. »
Entretien pour l’occasion avec Christophe Rollet, maître d’équipage des « Échos de la Fontaine ».
Pourriez-vous nous expliquer ce qu’est la chasse à courre au lièvre ?
C’est une pratique de chasse ancestrale exercée sans fusil et à pied avec des chiens spécialement « créancés » pour le lièvre, c’est-à-dire habitués à chasser exclusivement sur un animal donné.
Vous êtes venus faire découvrir cette pratique de chasse ?
Il n’existe pas d’équipage de petite vénerie (chasse du petit animal) et même de grand animal dans votre département parce que l’environnement ne s’y prête pas. Il y a trop de routes et peu d’espaces. C’est pourquoi, sur invitation, nous sommes venus faire découvrir cette pratique de chasse méconnue avec mon équipage appelé « Les Échos de la Fontaine » composé d’une meute de 13 chiens de race anglo-français créancés pour le lièvre.
Comment va se dérouler cette matinée de chasse ?
Je ne connais pas le territoire de chasse qui s’étend ici sur 300 hectares. Cependant, le but est de montrer au public comment travaillent les chiens. Le maître d’équipage dirige les chiens sur le territoire. C’est une chasse pratiquée tout en finesse. Lorsque les chiens ont relevé la trace du lièvre, ils se mettent à sa poursuite. Le lièvre court très vite (pointe à 65 km/h), il a cette capacité à disparaître. Souvent, les chiens perdent la trace et s’arrêtent. C’est à ce moment qu’intervient le maître d’équipage pour prendre la bonne décision et diriger les chiens dans telle ou telle direction. On dit à ce moment que l’on fait les rentrants et les retours, on essaye de relever les défauts. La chasse reprend, cela peut durer deux à trois heures. Quatre fois sur cinq, le lièvre gagne, c’est ce qui fait la beauté de cette chasse naturelle.
Vous partez donc à pied ?
C’est une chasse qui se pratique à pied et sans fusil qui remonte à l’origine des temps. Le lièvre court très vite, mais sur une courte distance (1 km environ), ce qui nous permet de revenir sur les chiens fréquemment arrêtés, perdant la trace du lièvre très rusé. On reconnaît un bon maître d’équipage à sa capacité de remettre les chiens en chasse. Aujourd’hui, le lièvre a un avantage certain sur moi, car il connaît bien son territoire.
Les élections municipales 2026 Suivez toutes les actualités des municipales 2026 dans une seule newsletter. S’inscrireDurant près de 2 h 30 de chasse, le nombreux public put ainsi apprécier le travail des chiens puis entendre le son aigu de la pibole (instrument sonore en laiton voire en corne de vache), sonnant le rappel des chiens.
Soudain, un chevreuil certainement dérangé par les bruits part à travers champs. Un des suiveurs intervient : ce n’est pas le gibier que nous cherchons. Au bout de 2 h 30 de chasse, le constat fut simple, pas vu de lièvre, mais les chiens ont bien travaillé.
Cependant, la chasse à courre jouit d’une mauvaise réputation.
C’est exact. La chasse à courre au cerf pratiquée à cheval stigmatise les tensions. La chasse à courre pratiquée à pied sur le petit gibier (le lapin, le lièvre ou le renard) est une pratique méconnue du grand public. On se doit de la faire découvrir comme une chasse propre, sans plomb, laissant toute la chance à l’animal.
De notre correspondant Jean-Jacques BACZYNSKI
par Redaction E De La Manche
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