Majorité et tyrannie
Édito d’Antoine Gallon
Nous sortons d’une période électorale au cours de laquelle des majorités se sont constituées pour gérer nos communes et l’époque paraît propice à s’interroger sur la question de la majorité pour la vènerie. Sondages à l’appui, une internaute (DP Nathalie) se prévalait récemment sur Instagram d’une prétendue majorité pour demander que la pratique de la vènerie soit interdite. Une majorité de Français y seraient favorables. Sondage pour sondage, il en est un qui ne souffre aucune contestation : 99% des Français n’ont jamais poussé la porte d’un chenil de vènerie ; cela laisse à supposer que 660 000 d’entre eux en auraient visité un, ce qui est sans doute surévalué. Les sondés ne connaissent donc rien du sujet qu’ils prétendraient pourtant voir interdire.
Mais revenons à la notion de majorité et à ses décisions que notre internaute voudrait souveraines. Gare Madame aux conséquences d’une telle exigence ! Au nom de la tyrannie de la majorité, on fermerait bientôt les opéras et les bibliothèques (que la majorité de nos concitoyens ne fréquentent pas), on n’aurait jamais aboli la peine de mort et on envisagerait sérieusement de la rétablir (la part de ceux qui y sont favorables se rapproche de la majorité) ; enfin on supprimerait ou diminuerait à tout le moins les impôts (les sondages sont sur ce point unanimes).
De cette tentation de la tyrannie majoritaire résulterait une oppression des groupes minoritaires : discrimination, exclusions, censure, interdictions.
Fort heureusement, une communauté nationale ne se gère pas par voie de sondages, qui ne reflètent qu’un sentiment momentané. La représentation parlementaire, pour imparfaite qu’elle soit, exerce sur l’ensemble des questions qui concernent notre société une action législative qui constitue un filtre salutaire entre l’émotion de nos concitoyens et la conduite du pays.
A la tyrannie de la majorité, s’oppose un droit des minorités. A l’intolérance grandissante vis-à-vis d’opinions ou de pratiques différentes, répond une énergie décuplée de leurs adeptes. L’expérience vécue nous conforte dans cette attitude militante. Combien de personnes qui ont simplement accepté de visiter un chenil en sont ressorties étonnées, séduites, ou, a minima, ébranlées dans leurs convictions erronées, forgées par la propagande et/ou l’ignorance ?
***
Et puis tiens, on vous prend au mot. Que gagnerait la société à l’interdiction de la chasse à courre ?
- La sécurité des promenades en forêt n’a jamais été mise en question par la chasse à courre, qui n’utilise pas d’armes à feu, hormis dans des circonstances très particulières où l’animal chassé peut être tiré ; il est alors arrêté et à quelques mètres seulement du tireur, réduisant d’autant tout risque. Rappelons aussi que le territoire forestier français est privé à 75%, et qu’à ce titre, le « promeneur du dimanche » n’est pas autorisé à s’y inviter sans l’autorisation expresse de son propriétaire.
- La faune sauvage dont la gestion est un enjeu crucial pour assurer un bon équilibre entre sa densité et les activités humaines ne s’en trouverait pas gérée différemment, puisque la régulation des animaux attribués à la chasse à courre seraient transférée à la chasse à tir.
- La fréquentation des forêts, déjà en sensible diminution au cours des dernières années malgré les aménagements qui y sont effectués pour le grand public, chuterait encore du nombre des passionnés qui assistent régulièrement aux laisser-courre et qui en seraient privés.
En revanche, ce qui serait perdu est significatif.
- Les races de chiens courants spécialement élevés pour ce mode de chasse ne perdureraient pas, car elles n’auraient plus d’utilité et sont difficilement éducables en « chiens de maison. »
- La connaissance des espèces sauvages chassées par la vènerie diminuerait de l’expertise abrogée des veneurs.
- La faune sauvage perdrait de solides défenseurs, les veneurs. Ils sont les premiers à militer pour une préservation de la faune sauvage dans les massifs où ils chassent, et se désespèrent, localement, de la désertification de certains territoires.
- Enfin, le patrimoine culturel que constitue la vènerie d’hier et d’aujourd’hui serait voué à disparaître à terme.
Alors bien sûr, les adeptes de la table rase, de la déconstruction et du reniement de nos racines s’en trouveraient sans doute satisfaits ; mais, eux, à coup sûr, ne sont pas majoritaires…
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