Actualités12 mai 2026

Protéger le vivant

Dans la lettre d’information des chasseurs d’avril, Willy Schraen, président de la FNC, propose un éditorial dont les idées nous ont paru mériter d’être partagées ; nous le reproduisons ci-après in extenso :

« À la question : « quelle est la place de l’homme dans la nature ? » la réponse est de plus en plus idéologique et progresse dans le débat public. Dans cette vision du monde, l’animal serait innocent, pur et victime. L’humain serait coupable, dominateur et cruel. La chasse et l’élevage seraient donc condamnables, comme la gestion de la faune sauvage !

Autrement dit, l’homme devrait disparaître de la nature.

Une vision portée par certaines figures de la cause animale et de l’écologie. Mais cette vision n’est pas de l’écologie. C’est une misanthropie écologique, car la nature ne fonctionne pas ainsi. Elle repose sur des équilibres complexes, sur la naissance, la prédation et la régulation.

Vouloir effacer ces réalités, c’est trahir le vivant lui-même.

Aujourd’hui, certains récits tentent même de réinventer la nature. Mais un prédateur qui ne chasse plus n’est plus un prédateur. Et une nature sans prédation n’est plus un écosystème. C’est un décor de film ou de publicité. »

La nature repose sur la naissance, la prédation et la mort, dit-il ; c’est tout à fait exact. Et la vènerie donne, de la prédation, l’image la plus authentique et, sans doute, la plus insupportable pour ces « figures de la cause animale et de l’écologie » qu’évoque Willy Schraen.

Ainsi l’ébauche programmatique pour la présidentielle 2027 d’un important parti politique affiche, dans son chapitre 15, une vision bien différente, en voulant « protéger le vivant pour protéger les humains. » Et parmi les mesures urgentes à envisager dans ce but, figure l’interdiction de la chasse à courre. On veut espérer que ce chapitre 15 ne dépasse pas le stade de l’ébauche. Car il confond punch line et analyse, moraline de bisounours et philosophie. Protéger le vivant pour protéger les humains n’est ni plus ni moins qu’une énorme sottise. Protéger contre quoi, contre qui ? Contre le cycle de la nature, qui veut que, depuis la nuit des temps, des animaux en mangent d’autres ; que le chat mange la souris, le lion la gazelle, et le héron la carpe ? Contre l’homme peut-être, au nom de ce que Willy Schraen qualifie de « misanthropie écologique » ?

La responsabilité de l’homme vis-à-vis du vivant est d’une tout autre nature que ces jérémiades ; elle tient tout entière dans la connaissance et le respect des espèces animales, non pour les sacraliser mais pour préserver leur intégrité. Et cette intégrité inscrit notamment chaque espèce dans la chaîne alimentaire à la place dans laquelle elle s’est développée ; cette place n’est pas la même que celle des humains à laquelle elle ne doit pas être comparée, sous peine de sombrer dans un anthropomorphisme de mauvais aloi pour juger des animaux et de notre relation avec eux.

Et puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, finalement, considérons que notre rapport aux animaux doit être envisagé distinctement, selon qu’ils appartiennent à la faune sauvage, à des espèces domestiques, ou que ce sont des animaux de labeur.

Willy Schraen invite nos contemporains à délaisser les décors de film et à réinvestir l’écosystème, dont le chasseur connaît, mieux que quiconque, les caractéristiques. Le projet est ambitieux mais la vérité de la nature est bien à chercher de ce côté-là.


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