Tamarin, un chien d’exception dans la voie du lièvre

A l’Equipage LEVESCAULT, nous chassons presque exclusivement avec des chiennes. Cependant, lorsqu’il faut vous conter une vie de chien, c’est TAMARIN qui me vient immédiatement à l’esprit.

Magnifique chien, à mes yeux, mais pas pour ceux de mon ami Gérard GENICHON, juge qualifié entre autres, pour la race Anglo-Français de Petite Vènerie, qui le déclassa (et il avait raison) lors d’une présentation à Breil. Peut-être parce qu’il y avait un peu de sang angevin dans ses veines d’ailleurs…

TAMARIN avait toutes les qualités requises pour devenir un excellent chien de vènerie. Même s’il n’était pas très typé Français, comme se doit de l’être l’AFPV, il était néanmoins très bien construit, robuste et léger à la fois, avec de bons aplombs. Fin de nez, intelligent, perçant et appliqué quand il le fallait, passionné de chasse, sûr, tenace, il faisait les chemins et le goudron, et se créança dès sa deuxième saison. Les amateurs de belles gorges françaises auraient été déçus, sa voix aigüe (héritée de son sang anglais) se reconnaissait entre toutes. Je ne l’ai en revanche jamais vu marquer le change, ni lui ni un autre de nos chiens d’ailleurs. Peut-être parce que je ne le suis pas toujours moi-même.

J’avais une confiance absolue en lui, notamment au moment de lancer ou du relancer. Il quêtait avec application comme ses congénères, mais dans ces instants s’il se mettait à crier légèrement, l’un de ces cris presque discrets qui veut dire « stop ! arrête-toi ! il est là ! », alors nous nous immobilisions et attendions que le capucin gicle au milieu de la meute, car, en effet, il était bien là !

Il était remarquable et remarqué de nos amis veneurs de lièvre avec qui nous couplions, ce qui lui vaudra le bonheur de faire connaissance avec de nombreuses lices hors de chez lui ! Tout lui était pardonné, même le fait une nuit de novembre d’avoir déchiqueter l’intérieur d’un van tout neuf après avoir sailli une Landaise.

Passionné de chasse, il l’était vraiment, pas toujours ménagé, car lorsque l’on a la chance d’avoir un aussi bon chien, on a du mal à le laisser au chenil. Il allait jusqu’au bout de lui-même à chaque chasse ; il n’abandonnait jamais, jamais fatigué jusqu’à la fin de sa carrière.

Ma femme souhaitait le voir terminer sa vie chez nous à la maison, mais un 31 mars après avoir pris son lièvre et en attendant de retraiter, il se coucha dans le fossé. Il retraita difficilement, aux ordres comme ses compagnons, et ce fut sa dernière chasse car dans le courant du mois d’avril il rejoignit le paradis des chiens. Je garde en mémoire cette image de TAMARIN, couché dans un fossé, et ironie du sort, au moment où j’écris ces quelques lignes, je réalise que notre prochaine chasse aura lieu sur ce même territoire. Si l’occasion m’en est donnée, au gré de la chasse de dimanche prochain, je repasserai certainement près de ce fossé. Je reverrai sa jolie tête et j’entendrai probablement sa voix.

Ce fut un bon étalon car sa descendance fut aussi excellente. Son sang coule encore aujourd’hui dans les veines de notre meute et, en sa mémoire, un petit TAMARIN est né l’été dernier et rentrera en meute à l’automne. Puisse-t-il être aussi exceptionnel !

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