Merci Aymeric !
L’actualité de ce début de saison était assez calme ; si l’on excepte les quelques derniers « militants/Mohicans » obstinés à nous harceler, nos 350 équipages chassaient sereinement dans 70 départements de France, et le chroniqueur se demandait quel épisode viendrait lui fournir matière à chroniquer.
Et ce 13 octobre, Aymeric Caron apparut avec une nouvelle proposition de loi « visant à abolir la chasse à courre, à cor et à cri. » Il présente sa proposition avec le concours de Sandrine Rousseau, dont on a pu apprécier, il y a peu, la fièvre anti-chasse, incitant ses supporters à s’opposer sur le terrain aux chasseurs ; elle fait, depuis lors, l’objet de poursuites judiciaires de la Fédération Nationale des Chasseurs. En appui de sa proposition de loi, le député Caron use des sempiternels rengaines, maintes fois mises à mal, mais dont il ne se lasse pas d’abuser. Il évoque tout d’abord un cerf poursuivi qui « a traversé la route, paniqué, se blessant en sautant par-dessus une voiture », précisant que « les passagers sont indemnes, mais qu’il aurait pu en être autrement. » L’art de faire beaucoup avec peu, d’autant plus quand on les met en regard des véritablement graves événements qui ont eu lieu récemment dans toute la France !
Le député Caron fonde ensuite son argumentation sur « les souffrances indicibles infligées aux animaux, les atteintes à la sécurité publique, et les conflits d’usage », tous arguments si souvent démentis. La souffrance animale ? c’est celle qui voit les espèces sauvages se confronter pour vivre dans des espaces ouverts, la chaine alimentaire, ni plus ni moins. Les atteintes à la sécurité publique ? il en existe hélas de plus patentes qui fournissent aux médias une actualité quotidienne ; en réalité, nulle part moins qu’en vènerie n’existent une atteinte à la sécurité publique ou des conflits d’usage ; les veneurs veillent à leur intégration harmonieuse dans leur environnement.
Avec le président du parti « La Révolution écologique pour le vivant (REV) », qu’il a créé en 2018, élu sous les couleurs de cette formation politique et apparenté au groupe La France Insoumise (LFI), on n’échappe pas au couplet sur la lutte des classes, dans lequel il dénonce « une pratique en grande partie réservée à l’aristocratie et à la bourgeoisie ». C’est bien mal connaître la sociologie de nos équipages – ou feindre de la méconnaître – ce que des études anciennes (La chasse à courre : ses rites et ses enjeux, une enquête sociologique publiée en 1993 par les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot) ou plus récentes (enquête CSA – 2023) ont depuis longtemps infirmé.
Un peu d’anthropomorphisme pour assimiler la poursuite de l’animal chassé à la condition humaine ; une once de compassion pour nos chiens et nos chevaux, dont on sait qu’ils sont l’objet de tous nos soins, ne serait-ce que pour leur permettre d’exprimer le meilleur de leurs capacités à la chasse.
Le vétérinaire comportementaliste Thierry Bédossa vient apporte sa contribution, affirmant que « pour l’écrasante majorité (de nos chiens), c’est une vie captive, encagée, sans sociabilisation avec l’Homme », preuve qu’il n’a jamais mis un pied dans un chenil où nos chiens vivent en meute, proches de l’homme, et certainement plus heureux de cette vie communautaire que sur de moelleux canapés de salons, desquels leurs congénères ne s’échappent, deux fois par jour (au mieux !), que pour faire en laisse le tour du pâté de maison.
On appelle à la rescousse Allain Bougrain-Dubourg, impayable président de la Ligue de Protection des Oiseaux, qui déclarait en 2021 que des chiens de meutes vivaient « une vie faite de maltraitances physiques et psychologiques » ; on l’invite, lui-aussi, à visiter nos chenils, qu’il ne connaît pas plus que Thierry Bédossa. Et One Voice, et AVA, et 30 millions d’amis, et Pierre Rigaux ! toutes les officines animalistes vivant grassement de l’émotion en carton qu’ils vendent à des publics naïfs, réunies au grand complet dans la proposition de loi du député Caron ; ils sont tous là.
L’élu achève sa péroraison en affirmant que « dans une société de plus en plus attentive à la condition animale, à la lutte contre la torture animale…, à la protection de la biodiversité et à l’apaisement des usages de la nature, la chasse à courre apparaît comme un vestige d’un autre âge. » Soit, mais ce « vestige d’un autre âge », si l’on veut bien s’y intéresser sans a priori – ce que l’on ne saurait demander à notre homme – coche toutes les cases de l’attention à la condition animale, de la lutte contre la torture animale, de la protection de la biodiversité, et d’un usage apaisé de la nature.
D’autres que les veneurs se lasseraient de répondre aux inepties d’Aymeric Caron et de ses comparses ; camarades, continuons le combat contre la désinformation animaliste !
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