« Ça nous permet d’informer et d’éviter les critiques » : 1.500 chiens seront présents à la Sange pour démocratiser la chasse à courre
Pour la 29e édition de la fête de la Sange, qui se tient du 11 au 13 septembre, les chenils vont envahir le parc du château de Sully-sur-Loire. L’occasion pour les associations qui s’en occupent de se faire connaître et de démentir certains préjugés.
Du 11 au 13 septembre, Sully-sur-Loire vivra au rythme de la 29e édition de la fête de la Sange. Pour ce rendez-vous incontournable du monde rural, de la chasse et de la pêche, un record est annoncé : 59 chenils seront présents.
Environ 1.500 canidés animeront le parc du château et avec eux des associations de vénerie »qui viennent d’un peu partout », rapporte Christophe Léveillé, co-président de la fête de la Sange.
Catherine Poisson, maîtresse d’équipage du rallye de la Brie, viendra avec une cinquantaine de chiens de meute anglo-français. L’association, pour laquelle est secrétaire, vient chaque année depuis la création de l’événement.
Elle a donc vu l’évolution de la fête. « Au début, c’était vraiment porté sur la chasse et puis ça s’est élargi sur toute la ruralité », rappelle-t-elle. Aujourd’hui, chasseurs à tir, pêcheurs, chasseurs au vol, équipages de vénerie et passionnés de nature se retrouvent à Sully-sur-Loire.
« C’est très mélangé et bon enfant. On papote entre nous, avec des gens qu’on n’a jamais l’occasion de croiser parce qu’on a notre travail à côté. »
Le rallye de la Brie participe à énormément d’événements à Fontainebleau, en Bretagne, en Touraine et en Normandie. « Il y en a tellement qu’on ne participe pas à tous, sinon on serait pris tous les week-ends », plaisante Catherine Poisson.
Mais la Sange reste un incontournable puisque, de par l’affluence de visiteurs, elle est l’occasion pour les associations d’aller à la rencontre d’un public qui connaît parfois mal leur activité. « On se fait connaître du grand public et on leur apporte les informations qu’ils n’ont pas. »
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Catherine Poisson déplore la désinformation qui entoure leur activité. « La Société de vénerie tient absolument à ce qu’on développe les informations pour faire connaître notre passion », souligne-t-elle. Une passion qu’elle inscrit dans une longue tradition : « En France, les Romains chassaient de la même façon dont on chasse, avec des chiens courants. »
La volonté d’expliquer est d’autant plus importante que la vénerie reste une pratique controversée. « Ça nous permet d’informer et d’éviter les critiques, estime-t-elle. Quand les gens savent ce qui se passe, ils critiquent beaucoup moins. »
Elle insiste également sur le cadre dans lequel se pratique la chasse à courre. Son équipage chasse dans le massif de Lorris, en forêt d’Orléans.
« Nous sommes adjudicataires de l’Office national des forêts. Les gens se figurent qu’on chasse gratuitement, qu’on s’amuse et qu’on fait ce qu’on veut. Pas du tout. C’est réglementé. »
Avec son association, Catherine Poisson dispose de deux jours par semaine pour traquer.
Et évidemment pas toute l’année puisqu’une période de chasse est fixée par arrêté préfectoral. Cette année, elle débutera le dimanche 20 septembre et courra jusqu’au dimanche 28 février. Elle commencera par le faisan, le lièvre suivra une semaine plus tard. Les chevreuils et sangliers sont, quant à eux, chassables depuis le 1er juin, sous conditions.
Pendant trois jours dans le parc du château, les chiens seront donc au centre de l’attention. Les équipages les installeront dans les chenils mis à leur disposition par le comité d’organisation et resteront à proximité pour répondre aux visiteurs. « Les gens les regardent. On est devant les chenils pour donner des informations, s’il faut, sur l’élevage du chien », détaille la maîtresse d’équipage.
Des présentations seront également organisées sur un « ring » pour la grande vénerie (à cheval) et la petite (à pied). Les chiens participeront aussi à des concours de beauté.
C’est surtout pour cet aspect-là que les organisateurs les font venir en aussi grand nombre. « On les expose parce que ce sont des beautés, des chiens qui sont là pour représenter une race, explique Christophe Léveillé. Il y a des juges qui viennent pour leur donner des primes. C’est pour ça qu’on amène des chiens. » Les visiteurs pourront ainsi découvrir les animaux, les observer et même les approcher.
La rencontre avec le public ne s’arrête d’ailleurs pas à la manifestation. Au fil des éditions, certains visiteurs ont souhaité aller plus loin et découvrir la chasse de l’intérieur.
« Ça nous a permis d’avoir des gens qui sont venus nous contacter pour suivre, après, des chasses. On a beaucoup de demandes du type “On vous a vu à la Sange, est-ce qu’on pourrait voir de plus près ?” »
Les équipages les invitent alors à venir découvrir leur passion directement sur le terrain.
Un public bien spécial apprécie tout particulièrement la présence de ces petites bêtes poilues : les enfants. « Il y a énormément d’enfants qui adorent la vénerie parce qu’ils sont avec les chiens et les chevaux tout le temps. » Ça tombe bien puisque 500 scolaires sont attendus tout au long de la journée vendredi.
J’y vais. Dans le parc du château de Sully-sur-Loire. Dès 10 heures. Tarifs : 5 euros le vendredi, 8 pour le pack week-end.

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