Il fabrique des trompes de chasse
La vie est parfois simple comme une annonce. Celle parue dans la presse en 2000, qui émanait de Gilbert Cornelius, un fabricant de trompes de chasse alors installé à Sury-près-Léré. Et à laquelle a répondu Frédéric Verplancke, un jeune homme qui venait alors de passer un bac environnement dans un lycée agricole de la Nièvre.
Une réponse à une offre d’emploi qui a façonné sa destinée professionnelle, puisqu’un quart de siècle après avoir tenté sa chance, Frédéric Verplancke consacre sa dextérité à la fabrication, mais aussi à la restauration, de cet instrument.
Il a appris son métier, sur le tas, durant plusieurs années auprès de Gilbert Cornelius, à qui il a repris l’entreprise en janvier 2009, après s’être installé juste avant au lieu-dit la Touzauterie, à Dampierre-en-Crot.
Différencier trompe et cor de chasse
C’est dans ce havre de paix au coeur du Pays Fort que Frédéric Verplancke fabrique désormais à son compte cet instrument qu’il « a toujours adoré ». La trompe de chasse est utilisée, comme son nom l’indique pour la chasse à cour, mais également en tant qu’instrument de musique.
Et parler de trompes de chasse, c’est commencer par établir une distinction avec le cor de chasse, avec lequel des amalgames sont souvent réalisés : « Les deux instruments ont le même aspect avec un pavillon et des tubes enroulés sur trois tours et demi, précise Frédéric Verplancke. Mais une trompe de chasse est accordée en ré et fait 4 mètres et demi de longueur. Alors que le cor de chasse est accordé en mi-bémol et fait 30 à 35 centimètres de moins de longueur. Et la trompe de chasse ne s’accorde pas bien avec d’autres instruments de musique en raison de son accord en ré, alors que le cor de chasse est un instrument d’orchestre qui est fait pour jouer dans les fanfares, avec les clairons et les trompettes. »
La grande partie de son activité concerne la musique
Frédéric Verplancke propose cinq modèles différents. Il fabrique surtout des trompes de chasse pour la musique, ce qui représente 90 % de son activité : « Ce sont des trompes légères qui sont faites pour ceux qui font des concours et font partie d’un groupe de trompes. L’autre modèle est utilisé pour la vénerie avec un métal plus épais et plus résistant au choc. »
L’artisan dampierrois réalise une soixantaine d’instruments par an, avec 25 à 30 heures de travail pour chacun. Il propose au total huit pointures différentes, de la trompe qui retient le plus d’air à celle qui en retient le moins. Il offre la possibilité également de réaliser un écusson sur la trompe de chasse afin d’en faire un instrument unique.
Selon Frédéric Verplancke, il existe sept fabricants de trompes de chasse dans toute la France. L’Hexagone est vraiment la patrie de la trompe de chasse : « C’est un instrument de culture et de patrimoine français, estime Frédéric Verplancke. Il n’y a quasiment qu’en France que ça existe. C’est un instrument à part entière qui ne ressemble à aucun autre, c’est un univers difficile à copier. »
Des clients de toute la France
Les clients du fabricant de Dampierre-en-Crot viennent de toute la France. L’emplacement géographique de son atelier, possède plusieurs atouts : « Les acheteurs de 95 % des trompes que je vends viennent ici, indique Frédéric Verplancke. Être situé au centre de la France est un avantage et ici, c’est un cul-de-sac, il n’y a aucun bruit parasite, il y a un bon son pour que les personnes puissent essayer les instruments. »
L’artisan du Pays Fort fournit également en matériel de nombreux participants aux concours organisés par la Fédération internationale des trompes de France : « Il existe des concours dans la France entière, mais aussi en Belgique, au Luxembourg ou encore en Allemagne. Et deux années sur trois, le champion de France a une trompe qui vient d’ici. » l
Pratique : trompes cornelius : 02.48.58.67.34. E-mail : contact@trompe-cornelius.com ; site internet : trompe-cornelius.com.
guillaume.faucheron@centrefrance.com
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