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Lettre ouverte à nos prédateurs

Depuis que le monde est monde, sur cette terre, se joue, minute après minute, un immémorial Opéra dramatique entre prédateurs et proies, un oratorio solennel entre la vie et la mort au sein de cette nature fabuleuse que nous dégradons à petits feux par nos appétits vaniteux de domination.

Il n’est que de visionner ce magnifique film-documentaire « La Griffe et la dent » de François Bel et Gérard Vienne, sorti en 1976, dont cet extrait ou encore ce document : « Question de survie : bataille de prédateurs – Animaux » et, plus stressant encore, ce passage d’images, diffusé sur une grande chaîne de télévision en plein dimanche après-midi d’un cerf chassé et dévoré par des loups, ou pire cette vidéo de dragons du Komodo dévorant un cerf vivant, intitulé Komodo dragon eating a deer alive.

Aujourd’hui, certains de nos concitoyens cherchent à éluder cette idée même d’anéantissement en se prenant pour de petits dieux qui nous parlent « d’homme augmenté » et même d’éventualité de l’immortalité ; on n’utilise même plus les mots « mort » ou « décédé », on dit « il est parti », « elle nous a quittés ». Refusant d’assumer la reconnaissance de ces « cruelles beautés », retranchés dans leurs villes forteresses et coupés de leurs racines, certains font de temps en temps quelques petites escapades guerrières pour contester cet ordre des choses ; mais il est bon de leur rappeler, ce que j’ai déjà écrit de nombreuses fois, que la vénerie ou l’art de forcer un animal avec des chiens courants est pratiquée depuis la nuit des temps, quand la domestication des chiens qui descendent du loup fut accomplie ; la vénerie, qui en est une ramification, fut un art spécifiquement français codifié au Moyen Âge (cf. le Livre de chasse de Gaston Phébus) et en ce sens est unique au monde. Elle fait partie de nos traditions et a irrigué toute notre littérature en passant par les arts picturaux et la musique. A ce titre, elle doit être défendue et mériterait de figurer au patrimoine de l’UNESCO. Et si le mot patrimoine est issu du latin patrimonium, c’est-à-dire, l’héritage, le bien de famille transmis, il faut aussi en intégrer l’acception qu’en a faite François Puthod de Maison-rouge, en 1791 devant l’Assemblée nationale « L’orgueil de voir un patrimoine de famille devenir un patrimoine national. »

Quoi qu’il en soit, rien à faire ; ils n’arriveront pas à nous culpabiliser, nous les veneurs, comme tentent de le faire certaines de nos pseudo-élites vis à vis de notre Histoire Nationale ! Nous avons tout fait pour encadrer correctement notre activité, et c’est seulement quand le paradis terrestre aura été définitivement institué sur terre que nous envisagerons de remettre fondamentalement en question cette affinité pour la vénerie. En attendant, nous invitons ces terroristes anti-vénerie à mener une campagne contre les automobilistes qui ne respectent pas les panneaux de limitation de vitesse liés aux passages affichés de gibier, considéré comme « res nullius », après les avoir incités à prendre connaissance des souffrances atroces qu’endurent les animaux, tapés par des véhicules, avant qu’ils aillent mourir dans quelque coin caché. Qu’ils se renseignent aussi de savoir ce qui se passe, à grande échelle, dans certains laboratoires avec les animaux servant de cobayes pour mettre au point des produits pharmaceutiques ou de beauté. Et puis qu’ils aient le courage de dénoncer l’abattage rituel, notamment représenté par les viandes dites Halal et Casher et la cruauté inacceptable envers le vivant qui en découle (où l’étourdissement avant la mise à mort n’est pas obligatoire et les animaux des espèces bovine, ovine et caprine sont immobilisés par un procédé mécanique jusqu’à leur saignée mortelle), sans parler des abattages clandestins !

D’autres beaux combats, pour nos « chevaliers noirs », pourraient être la lutte contre les atteintes à la biodiversité à cause de la pollution, de la destruction des habitats et des milieux naturels, de l’exploitation excessive, voire la destruction, de ses ressources et celle contre le « banditisme environnemental, appelé aussi braconnage, et qui prend des proportions d’autant plus inquiétantes que les mesures prises contre ces pratiques semblent ne pas être assez efficaces. Il faut savoir que la part du braconnage dans l’économie mondiale occupe la 4e place dans le classement mondial des marchés criminels juste derrière la drogue, la cybercriminalité et la traite d’êtres humains.

Et puis il y a aussi plein d’autres petites actions qu’ils pourraient mener, si leur prétention à défendre la cause animale était vraiment sincère, comme empêcher le moto-cross dans les enceintes ou veiller à l’errance des animaux comme les chiens ou les chats qui font énormément de dégâts au moment de la période de reproduction, participer à la mise en place de corridors biologiques sécurisés pour le déplacement du gibier, casser la glace dans les périodes hivernales, disposer des pains de sel pour couvrir les besoins en sodium ou de zones d’affouragement de qualité, etc.

Mais tout ce prêchi-prêcha risque bel et bien de partir en fumée, si l’on veut bien admettre que tous ces redresseurs de torts cherchent, surtout et en réalité, à faire l’évènement et créer du buzz médiatique pour rallier des militants à leur cause « tête d’épingle » d’éradication de la chasse à courre, en regard de toute les actions d’envergure qu’ils pourraient mener pour défendre véritablement la cause animale ! En réalité ce sont des activistes radicaux qui conduisent une action politique qui relève du fantasme à savoir la conviction que les animaux ont des droits au même titre que les humains, niant pour ces derniers leurs différences à savoir leurs capacités à imaginer des solutions, à les formuler et à les communiquer à leurs autres compagnons terriens. Reprenant le concept marxiste d’exploiteurs/exploités, ils le plaquent sur la relation hommes/animaux ; certains ultras allant même jusqu’à soutenir qu’il leur faut s’en tenir au « tout ou rien » en refusant tout principe même de l’amélioration de la réglementation, lequel s’il était accepté, en termes d’amélioration du bien-être des animaux, rendrait plus compliqué, par inégalité des droits, toute abolition de cette domination des bêtes, dont le gibier, par les hommes, dont les chasseurs. On comprend mieux ainsi alors l’origine de ces attitudes et comportements sectaires de cette tribu des « antispécistes* » qui empoisonne tant celle des veneurs…

*le spécisme est une idéologie qui postule une hiérarchie entre les espèces, spécialement la supériorité de l’être humain sur les animaux et, par extrapolation, suggérant de mauvais traitements ou l’exploitation des animaux.