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Fornet, ce chien exceptionnel

Chaque équipage a, ou a eu, « son chien ». Le meilleur ! Celui dont on parle pendant longtemps, dont on se souvient, dont on cite les exploits pendant des années. Nous n’échappons pas à cette règle. Fornet a été un chien incroyablement doué pour son métier de chien de meute.

Métier ? Non, plutôt une passion viscérale.

Rapide, intelligent, de change … Surtout de change ! Il présentait toutes les caractéristiques du chien exceptionnel. Il aurait pu être un peu plus gorgé. Petit défaut presque insignifiant par rapport à ses autres immenses qualités. Autre détail : C’était un Fox Hound, pas un Poitevin !

Et puis surtout, il y avait son caractère. Cette manière de nous regarder au rendez-vous, quasiment de nous haranguer en posant ses deux pattes avant sur le dos d’un copain pour prendre la hauteur qu’il avait déjà depuis longtemps ! « Eh les gars, vous parlez trop ; on est là pour chasser ». Voilà ce qu’on ressentait en le voyant faire.

Avant la chasse, lors des promenades d’entraînement, même chose. Au milieu de la meute, la tête basse, pas un écart … On s’apercevait à peine de sa présence. Son message était clair : « C’est sympa vos balades de chiens-chiens mais on ne pourrait pas plutôt chasser ? Moi je suis prêt ».

Effectivement, toujours prêt, toujours svelte, Fornet n’avait pas de temps à perdre. Très réservé, il avait une mission à accomplir : trier, chasser et prendre son cerf. Le reste ? Cinéma !

Je me souviens l’avoir vu arriver par la voie, en tête bien sûr, s’apercevoir au saut de l’allée que les copains étaient bien derrière, faire une large volte histoire d’attendre la meute, et repartir de plus belle, en meute mais toujours en tête. Une double … Un défaut … Pas de problème, je démêle !

Lors de notre dernière chasse de Saint-Hubert le 9 novembre dernier, Bien-Aller l’a mis en relais en nous disant : « J’ai voulu lui faire un dernier cadeau ». On avait compris.

Quelques semaines plus tard, en triant les chiens un samedi matin avant de partir à la chasse, Fornet n’était pas le long du muret pour demander à venir. Là aussi, Bien Aller a compris.

Christophe Posty