Recevez chaque mois la newsletter en vous inscrivant ici

Affaire Elisa Pilarski : statut de témoin assisté pour le maître d’équipage

La juge d’instruction du tribunal judiciaire de Soissons, en charge du décès d’Elisa Pilarski survenu le 16 novembre en forêt de Retz, a fait droit à la demande de Maître Guillaume Demarcq, avocat de Sébastien van Den Berghe, maître d’équipage du Rallye la Passion, de bénéficier du statut de témoin assisté.

Depuis la mort tragique d’Elisa Pilarski, Sébastien van Den Berghe est publiquement présenté par plusieurs opposants à la chasse à courre comme ayant vraisemblablement une part de responsabilité dans le décès de cette jeune femme, survenu le 16 novembre dans la forêt de Retz.

Son avocat, Maître Guillaume Demarcq, spécialisé en droit pénal, précise : « C’est une satisfaction. Le statut de témoin assisté permettra à Monsieur van Den Berghe de devenir partie à la procédure et de se défendre judiciairement. Rappelons qu’à ce jour, il n’est pas mis en cause par la justice. » En l’état actuel de l’enquête, aucun élément ne démontre l’implication des chiens de chasse à courre dans le décès de cette femme.

Pierre de Roüalle, président de la Société de Vènerie, indique : « La décence élémentaire impose de ne pas instrumentaliser cette terrible mort. Accuser un homme ou la chasse à courre, sans aucune preuve, est aussi bas qu’illégal. Pour ma part, je fais pleinement confiance à la justice pour faire toute la lumière sur ce drame ».

Régulièrement interrogé sur le comportement des chiens de vènerie, Pierre de Roüalle ajoute « nos 30 000 chiens de chasse à courre sont dressés pour obéir en toute circonstance à l’Homme. Ils sont d’un contact très affectueux avec les enfants comme avec les adultes (et même avec les opposants anti-chasse). Au cours des 18 000 journées de chasse à courre organisées chaque année à travers 70 départements, jamais aucun accident corporel humain impliquant des chiens de vènerie n’a été relevé ».

Polémique après la mort d’un cerf en forêt de Laigue

Polémique après la mort d’un cerf : la Société de Vènerie dénonce une dérive antispéciste et anthropomorphique qui refuse toute régulation de la faune sauvage

Samedi 4 janvier 2020, l’équipage de Rivecourt a chassé et pris un beau cerf. La chasse s’est déroulée normalement et en toute légalité. Ce cerf fait partie des 62.000 cerfs tués chaque année pour maintenir les populations sauvages dans une densité compatible avec l’agriculture et la sylviculture. La chasse implique la mort d’un animal. S’en émouvoir, c’est refuser la régulation de la faune sauvage tout en niant le principe même de la prédation.

La question n’est pas de savoir si ce cerf est beau ou non, mais s’il a été chassé légalement. Contrairement à ce qu’avance l’association AVA, l’équipage a parfaitement respecté tant la loi que le règlement intérieur de la vènerie.

Lors d’une chasse à courre, la meute de chiens chasse comme le ferait une meute de loups : elle poursuit un animal pour le prendre. Si elle change d’animal pendant la chasse, elle se fatigue avant lui. C’est une des raisons pour lesquelles l’animal chassé à courre est pris une fois sur quatre. Contrairement à ce qu’affirme AVA, l’équipage n’a donc en aucun cas « changé » d’animal pour chercher un plus beau trophée. Il est courant qu’en tout début de chasse à courre, plusieurs animaux se lèvent avant que la meute en sélectionne un. Elle tentera dès lors de ne suivre que celui-ci.

Pierre de Roüalle, président de la Société de Vènerie, précise : « A force de méconnaître les lois de la nature et de la prédation, à force de délires anthropomorphiques, on finit par dire n’importe quoi.  La chasse joue un rôle majeur dans la régulation des espèces ongulées. »

Pourquoi chassons-nous ?

Question saugrenue au premier abord, mais en fait plus compliquée qu’elle n’y paraît.

Je ne parlerai pas ici du besoin de réguler les populations d’animaux sauvages sous peine de voir nos forêts et cultures dévastées. En effet, nous accomplissons par nécessité de nombreuses tâches sans y trouver le même plaisir que celui que nous éprouvons à courir derrière nos chiens. De la même manière, si le but était uniquement utilitariste, notre approche ne serait évidemment pas la bonne, tant le « rendement » est faible.

La vraie question est donc pourquoi aimons nous chasser avec des chiens courants ? Et pourquoi sommes nous prêts à supporter tous les sacrifices qui y sont liés ?

Chacun pourra trouver une réponse différente et personnelle, la mienne est que cette chasse nous maintient en contact direct avec la nature. Les modes de vie modernes ont éloigné la plupart d’entre nous de la réalité naturelle. Ainsi plus de 85% de la population française vit aujourd’hui en habitat urbain, étant de facto exclue du milieu naturel. Pour compenser ce « manque », beaucoup s’offrent ce qu’ils pensent être un grand bol de nature en randonnant sur des chemins balisés ou en pique niquant dans un coin de forêt. Mais ces ersatz ne sauraient satisfaire ceux qui souhaitent encore prendre part à la vie sauvage.

La vénerie nous offre une occasion unique de manifester l’instinct de prédation ancré dans chaque individu depuis l’origine de l’humanité. A tous ceux qui prônent à tout bout de phrase le « retour aux sources », je pense que nous avons trouvé le plus fort, deux fois par semaine pour les plus chanceux !

L’immersion dans le monde sauvage est totale, et c’est ici la loi de la nature qui règne. Nous savons tous que celle-ci est souvent belle, mais également dure, loin des clichés véhiculés par les Bambi et autres inventions dont des générations d’enfants ont été abreuvées. Les nombreux documentaires animaliers mettant en scène fauves de la savane ou autres rapaces des montagnes, toujours filmés dans des paysages à couper le souffle, nous le rappellent à chaque épisode. La vénerie ne fait rien d’autre que réunir les conditions pour qu’une telle prédation sauvage se déroule dans nos forêts.

Certes, la pratique contient une certaine violence, car ici le combat n’est pas simulé et les adversaires ne se serreront pas la main à l’issue d’une lutte feinte. Mais il n’y aura pas non plus de triomphalisme déplacé de la part du veneur après une belle chasse, simplement une immense satisfaction d’avoir vu ses chiens l’emporter sur les ruses et la force de l’animal chassé.

La singularité du veneur tient au fait qu’il accepte la nature dans son entièreté c’est-à-dire aussi dans ses aspects les plus durs, en l’occurrence une lutte à mort entre deux espèces animales.

Photo : Robert Bordier, Objectif Vènerie

Chasse à courre et propriété privée

La question du droit de propriété est intimement liée à la chasse à courre, qui se pratique en territoire ouvert. Cela signifie qu’un animal chassé peut diriger sa course hors des limites du territoire où il est attaqué, et la chasse partir dans des propriétés riveraines.

Qu’en est-il des règles en usage dans ces circonstances très habituelles ? Comme toute pratique cynégétique, la chasse à courre est encadrée par des règles strictes. En matière de propriété privée, les règles sont simples : le propriétaire ou l’exploitant d’un territoire autorise ou n’autorise pas le passage de la chasse à courre sur ses terres. S’il ne l’autorise pas, les chiens sont repris aussi vite que possible et la chasse arrêtée. Il appartient à l’organisateur de la chasse ou à celui qui l’accueille de connaître les volontés de ses voisins.

Il en est ainsi pour les nombreux équipages qui chassent exclusivement en territoire privé (90% des équipages). Il en va de même pour les équipages qui louent des forêts domaniales. Ces forêts domaniales sont, par définition, entourées de propriétés privées ; il appartient, là-aussi, aux équipages qui les louent de connaître les volontés de leurs riverains et de les respecter, sauf à encourir les poursuites de ceux qui y seraient opposés.

Nos opposants avides de mises en scènes mélodramatiques stigmatisent désormais le passage des équipages dans les propriétés privées. C’est, encore une fois, la démonstration de leur totale ignorance de la chasse à courre, de ses usages et de la réalité du monde rural.

Après avoir tenté d’émouvoir le grand public avec la mort d’animaux dont la régulation encadrée et contrôlée est une nécessité, ils utilisent désormais l’épouvantail de la propriété privée bafouée. Ce serait risible si ça ne risquait d’induire le grand public dans de fausses idées diffamatoires.