Tradition et écologie




                 
La technique du courre, consistant à prendre un gibier avec une meute de chiens courants, est connue depuis deux millénaires. Quand on relit les traités de chasse écrits au cours des âges, on est frappé de voir que bien peu de choses ont changé dans les méthodes employées jusqu'ici. C'est que la Vènerie s'ordonne autour du chien dont les aptitudes naturelles ne changent pas, et des espèces chassées, dont les défenses ne varient pas d'avantage. Elle constitue, avec la chasse au vol et la chasse sous terre, la forme de chasse la plus naturelle : elle repose sur la mise en œuvre d'animaux dont l'instinct joue le rôle décisif. L'homme encadre des chiens et peut les aider, il ne peut pas se substituer à eux.       

Au cours d'une journée de chasse, un équipage chasse en principe un animal et un seul. Cet animal dispose, sur son terrain, de très nombreux moyens de défense qu'il sait fort bien utiliser, et qui, en moyenne, lui donne 4 chances sur 5 de l'emporter. Dès lors, il n'est pas étonnant que, dans le prélèvement total effectué par la chasse (plusieurs millions d'animaux prélevés) sur les espèces concernées, qui sont toutes en progression, la proportion imputable à la Vènerie (3 800 animaux sur 13 000 journées de chasse) soit faible (le cerf), très faible (le sanglier, le chevreuil), voire insignifiante (renard, lièvre, lapin). 
                                        

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