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Les fanfares

 

 

 

    
 
Elles constituent un véritable code de communication. Chaque air a une signification précise que la puissance de l'instrument porte à la connaissance des autres veneurs. En 1723, le marquis Dampierre commence la série d'une trentaine de fanfares qui seront largement utilisées mais seulement publiées en 1778. Par la suite, d'autres fanfares viennent compléter cette série. Le roi Louis XV en personne compose quelques fanfares de chasse et la marquise de Pompadour "la Fontenoy". Les fanfares de chasse sont réparties en 3 catégories :
 
. Les fanfares d'animaux : elles concernent tous les gibiers de vènerie. C'est ainsi qu'on trouve toutes les "têtes du cerf": daguet, 2ème tête, 3ème tête, 4ème tête, dix-cors jeunement et dix-cors royale.   
Les fanfares de circonstances : elles ponctuent le déroulement de la chasse. Elles sont nombreuses et correspondent toutes à une information qui permet aux veneurs de suivre et comprendre à distance la situation précise dans laquelle la chasse évolue. Quelques exemples : le point du jour, le départ pour la chasse, l'arrivée au rendez-vous, le lancer, le changement de forêt, la vue, le vol-ce-l'est (trace laissée par l'animal), le bat-l’eau, le relancé à vue, l'hallali courant, le retour de chasse, la retraite de grâce,... Les temps modernes ont même vu apparaitre le passage du chemin de fer !
 
Les fanfares de personnes, d'équipage et de lieux-dits : chaque équipage possède sa propre fanfare, soit qu'elle ait été composée pour l'équipage lui-même, pour son maître ou pour un lieu. Bien sûr, de nombreuses fanfares sont dédiées à des veneurs et divers endroits. 
 
Dus à philidor l'aîné, les premiers airs de chasse remontent à 1705. Il faudra attendre 1723 pour que le Marquis de Dampierre commence à écrire les fanfares qui sont la base du patrimoine musical de l'instrument. Il écrit en 1923, le Vol ce l'Est, le Débucher, le Bât l'eau, l'Hallali et la Retraite prise. Il signe encore quelques fanfares de résidence ainsi que des fanfares personnelles. Depuis lors, trois milles fanfares de chasse ont été homologuées par la Fédération Internationale des Trompes de France (F.I.T.F), gardienne de l'orthodoxie, entendez du "tayaut".

En dehors de la chasse, la trompe s'intègre à l'orchestre, d'abord à Versailles avec Jean-Baptiste Lully, puis sur les bords de la Tamise avec Haendel ou en Allemagne avec Mozart et Teleman. L'habitude franchit la période baroque et le romantisme puisqu'on retrouve notre instrument dans la partition du "Freischütz" et dans "Tannhaüser" pour illustrer l'arrivée de l'équipage du landgrave Hermann.
 
Même fidélité de la part des peintres. Ce sont d'abord les importants panneaux, à vocation décorative, confiés à Martin des Batailles pour Versailles. Alfred de Dreux et Carle Vernet nous montrent comment se place une trompe d'Orléans tandis qu'avant eux, Jean-Baptiste Oudry nous laisse l'œuvre la plus importante concernant notre sujet. Il s'agit d'un "Bat-l’eau en vue de Saint-Germain" conservé à Toulouse.Aujourd'hui, ce sont quatre mille sonneurs répartis dans deux sociétés qui illustrent cet instrument que ce soit en forêt ou à l'occasion de concours.
Pour écouter les fanfares de votre choix, en ligne, cliquez ici.