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La trompe de chasse

 

    
 
 
La vènerie, une chasse à cor et à cri
 
La trompe de chasse est indissociable de notre mode de chasse. Sans elle, le laisser-courre perdrait assurément une partie de son âme ; Véritable instrument de musique, elle est  aussi pendant la chasse le moyen utilisé par les veneurs pour communiquer entre eux et appuyer les chiens. Dès l'Antiquité, on a vu apparaitre les premières trompes ordinairement en airain. Ces instruments accompagnaient plutôt les cérémonies religieuses. La Trompe métallique formée d'un long tube enroulé sur lui-même et muni d'un pavillon s'est développée grâce à la musique d'orchestre; elle n'est apparue à la chasse que vers 1680. Ses caractéristiques, bien que de tonalités et de longueurs variables, lui permettaient un langage largement plus riche que celui du cor.
Jadis, pour communiquer, on utilisait le cor, fabriqué en bois, en corne ou en métal. Les messages ou cornures sur deux tons étaient rudimentaires. Vers 1680, afin de donner plus de faste à la vènerie royale, on emprunte les grandes trompes de la Chapelle de Versailles dont les possibilités musicales sont infiniment plus riches. C'est à partir de 1705 que le marquis de Dampierre précise les caractéristiques de la trompe de chasse et compose une série de fanfares destinées à sonoriser les laisser-courre. "Quand Dampierre eut sonné toute la cour fut étonnée".

D'abord accordée en do et proche de la trompette de cavalerie, elle prend le ton que nous lui connaissons dès 1705 en étant dès lors accordée en ré. La même année, elle acquiert sa longueur actuelle de 4,545 mètres mais d'abord enroulée sur un tour et demi avec un diamètre de 73 centimètres. Ce modèle est appelé "à la Dampierre" en souvenir du célèbre auteur des fanfares. En 1729, l'instrument est enroulé sur deux tours et demi avec un diamètre de 55 centimètres : ce modèle est dit "à la Dauphine". La trompe dites "d'Orléans", celle employée de nos jours, apparait vers 1818 : elle offre les mêmes caractéristiques que les précédentes mais sur 3 tours et demi, son diamètre n'étant plus que de 35 centimètres. Dampierre compose dès 1923 toute une série de fanfares destinées à devenir le code de communication de la vènerie.Un instrument de musique mais aussi un outil de communication

On distingue plusieurs types de ''fanfares''.
 
Les fanfares de chasse (fanfares d'animaux ou de circonstance)
Les fanfares de Maîtres, ainsi appelées par ce qu'elles ont été écrites pour une personne en particulier;
Les fanfares de lieux (en général attachées à une forêt)
 
Mais la trompe est aussi un instrument de musique à part entière, et à ce titre elle est utilisée en musique sacrée,( les messes de St Hubert) et en concert.
Son étonnant pouvoir de séduction lui permet de pénétrer les cœurs les plus hermétiques et souvent de faire découvrir à un public moins averti, un monde qu'il n'aurait jamais entrevu sans la trompe.
 
La fabrication de la Trompe de Chasse
La Trompe appartient à la famille des cuivres. Elle se compose d'un tube régulièrement tronconique en métal fin (pratiquement toujours du laiton). Le tube se termine par une partie conique évasée : la pavillon. La fabrication, toujours artisanale, n'a guère varié depuis des siècles. La Trompe est composée de plusieurs sections emboîtées les unes aux autres pour former la longueur désirée. On distingue le tube d'embouchure, les tubes successifs enroulés sur eux-mêmes et le dernier tube se terminant par le pavillon. Tout se réalise à partir d'une feuille de métal. Dans le procédé traditionnel, les tubes sont enroulés dans des gabarits puis cintrés et le pavillon est chaudronné à la main par martelage précis lui donnant sa forme définitive.
 
La technique instrumentale
Comme pour tous les instruments à vent, le souffle est une force motrice employée pour animer la colonne d'air dans le corps de la Trompe. C'est la vibration des lèvres sur le bord de l'embouchure qui produit le son. Ce son est alors amplifié par l'appareil sonore que constitue la Trompe. La modulation des notes est réalisée uniquement par le jeu du souffle et des lèvres. De plus, la langue permet la prononciation des notes et la réalisation d'un artifice sonore unique en son genre : le tayaut, qui n'appartient qu'à la Trompe de Chasse.