Des qualités essentielles
La 1ère QUALITE d'un chien de vènerie : le sens de la COLLECTIVITE
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Au chenil, il ne doit pas être agressif avec ses congénères et admettre la vie en groupe. Et à la chasse, il ne doit pas être individualiste et comprendre qu'il est un élément d'un tout, ayant son rôle à jouer à un moment donné compte tenu des circonstances. Si la qualité première d'une meute est de chasser en paquet - on a l'habitude de dire qu'au saut d'une allée il ne doit pas s'écouler plus d'une minute entre le passage du premier chien et du dernier - à l'inverse, chaque chien, dans le paquet, doit avoir sa spécificité pour remédier aux défaillances des autres.
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Tous les chiens d'un découplé ne peuvent avoir la même qualité. C'est ainsi qu'il y a le chien de rapprocher qui chasse la voie haute; le chien de chemin, le chien d'eau, le chien de plaine, le chien de fourré, le chien cogneur et surtout le chien de change. Aussi, deux types de chiens doivent être éliminés de la meute : celui qui ne chasse que pour lui, à plus forte raison s'il ne crie pas ou peu; et celui paresseux, qui se contente de suivre les autres, quelquefois de loin, sans prendre aucune initiative. Il en va de même, mais ce sont souvent les mêmes, du chien trop vite qui a toujours une ou deux enceintes d'avance sur les autres, ainsi que du chien trop lent qui traîne derrière en se récriant sur la voie chassée. Les trente ou cinquante chiens découplés doivent demeurer regroupés de l'attaque à la prise, quelles que soient les difficultés du parcours.
2ème qualité : être SOUMIS à l'homme
Un chien peut être chasseur sans pour cela être totalement fou et n'accepter aucune contrainte de l'homme. Précisément parce qu'elle est une chasse collective, la chasse à courre ne peut se pratiquer que dans la discipline, l'ordre et la rigueur. Aussi bon soit-il, n'a aucune valeur le chien qui n'entend pas se soumettre aux exigences du maître. Celui qui refuse d'être en meute, qui n'accepte pas de suivre les chevaux pour se rendre à la brisée, qui ne répond pas à son nom et celui qui, une fois parti, est inarrêtable. Un tel chien, aussi brillant soit-il, n'a pas sa place dans un équipage car il crée une perturbation qui, très souvent, contamine l'ensemble de la meute. Il vaut mieux avoir des chiens un peu froids et réservés que des chiens trop chasseurs et incontrôlables.
3ème qualité : être de CHANGE
L'une des ruses essentielle d'un animal de vènerie est, durant la chasse, de retrouver des congénères identiques et de les livrer aux chiens en ses places et lieux. Cette ruse renouvelée plusieurs fois garantit l'échec car pour être forcé, un animal doit être couru pendant une période suffisamment longue, correspondant à la durée d'une journée de chasse. Si les chiens changent d’animal, c'est au veneur de lui faire comprendre en le remettant sur la voie de l'animal de chasse. Mais heureusement, le chien à un don supérieur à celui de l'homme, c'est sa faculté olfactive : si le veneur constate le change en voyant l'animal, le chien réagit avec son nez. Chaque animal chassé ayant sa propre odeur, dès que le chien constate qu'il ne perçoit plus le même sentiment, il sait que ce n'est plus le même animal qu'il chasse. Le chien de change s'arrête de chasser. Il peut alors avoir 2 réactions possibles : soit revenir derrière le cheval du veneur pour l'avertir de l'erreur, c'est le chien de change vaincu; soit rechercher au milieu des animaux de change son animal de chasse et le retrouver : c'est le chien de change convaincu. Il est vrai que l'aptitude au change est conditionnée non seulement par les qualités du chien mais aussi par celle de la voie.
La 4ème qualité : avoir du NEZ
Ce qui permet au chien de poursuivre l'animal de chasse, c'est qu'il perçoit l'odeur laissé par l'animal chassé. C'est ce que le veneur appelle la voie. Or, celle-ci est extrêmement variable : phénomène qui reste inexpliqué, il est cependant constaté qu'elle dépend de la nature du sol, de la direction du vent, de la température extérieure et de l'hygrométrie de l'air. Mais la qualité de la voie dépend aussi de l'animal chassé et de la phase de la chasse : c'est ainsi qu'un renard a une voie plus fugace qu'un sanglier et c'est ainsi que plus va la chasse plus s'atténue voire disparait le sentiment du lièvre ou du chevreuil. Pour chasser à courre, il faut donc des chiens qui ont du nez quelques soient les circonstances du laisser-courre. Les veneurs savent bien, aussi bons soient leurs chiens qu'il y a certains jours où il n'y a aucune voie et qu'il vaut mieux rentrer au chenil.
Un chien d’ordre doit être CRIANT
La musique des chiens est non seulement l'un des attraits de la chasse à courre pour l'homme mais elle est nécessaire à la pratique de la vènerie. C'est le vacarme des chiens qui permet à l'homme de les situer, de les suivre, de les contrôler. Le cri des chiens varie selon les phases du laisser-courre : il est rare lors du rapproché, éclatant au moment de l'attaque, hésitant dans le change, glapissant dans le bât l'eau, clairsemé au fourré, triomphant dans les abois. D'ailleurs chaque chien a sa propre voix : le vrai veneur à la seule écoute de ses chiens est capable de les reconnaître. Mais de la voix point trop n'en faut, elle ne doit être utilisée qu'avec discernement, raison et justification. Est encore plus néfaste que le chien silencieux, le chien qui ne se récrie sur rien, celui qui se récrie au delà de la voie ou sur la voie qu'il a déjà chassée. L'extrême rareté du chien parfait, c'est-à-dire celui qui possède toutes les aptitudes énoncées ci-dessus, justifie le découplé de plusieurs dizaines de chiens pour prendre un animal. Chacun d’entre eux ayant une ou deux spécialités fait que l'addition de toutes permet d'avoir un lot de chiens parfait. Ce que doit rechercher le veneur n'est pas d'avoir des chiens possédant tous le même don mais d'avoir des chiens ayant des compétences diverses et complémentaires. Le veneur doit connaître la valeur de chacun de ses chiens et, dans leur découplé, construire son équipe du jour en fonction des difficultés du territoire.


