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Chambord 2012
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La vènerie du cerf

Avec plus de 100 000 têtes, le cerf gagne du terrain. Malgré une très forte progression des prélèvements nationaux qui ont été multipliés par quatre en moins de trente ans, la population française de cerf élaphe continue de s'étendre. C'est surtout dans la moitié du sud du pays et en montagne qu'il est le plus net. Alors que l'on dénombrait 385 unités de gestion départementales en 1995, on en compte aujourd'hui près de 440. Dans le même temps, les prélèvements cynégétiques annuels sont passés de 20 000 à 35 000 têtes. Finalement, près de la moitié de la superficie forestière française est aujourd'hui occupée et il est probable que l'effectif national avant naissance approche voire dépasse les 100 000 individus, ce qui correspond à une densité moyenne de 1.5 à 1.7 têtes par km2 de forêt occupée.

 
RALLIE TOURAINE
 
 
Délire de chasse, vènerie du cerf
 
 
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LE CERF, FIGURE EMBLéMATIQUE DE LA vèNERIE
 

Cette formidable évolution a débuté il y a près de 50 ans où il était peu représenté à l'époque dans notre pays. C'est sur ce constat que les responsables forestiers et cynégétiques ont alors réalisé de nombreux repeuplements. L'écologie de l'espèce étant très souple, elle a pu s'adapter rapidement à ces nouveaux habitats où elle s'est fortement multipliée. Mais cette évolution a parfois des revers. Particulièrement sensible aux perturbations de tout genre, le cerf peut concentrer ses effectifs sur de petites unités qui lui assurent la protection ou le minimum de désagrément. Grand consommateur compte tenu de sa taille, il peut alors mettre à mal les productions agricoles et les jeunes peuplements forestiers. Le phénomène est évidemment exacerbé quand d'autres herbivores sauvages partagent le même habitat. Le cerf a donc globalement une mauvaise réputation. Sur les secteurs occupés de longue date, souvent fortement dégradés par des générations d'herbivores, l'adoption d'une politique cynégétique efficace a généralement permis la maîtrise des effectifs. Mais sur les secteurs plus récemment colonisés, la grande disponibilité en habitats favorables et l'absence ou la relative faiblesse des dégâts n'incitent pas les gestionnaires à stopper la colonisation. Parfois, c'est aussi l'insuffisance des connaissances sur la situation de l'espèce qui expliquent la politique conservatrice et la progression des effectifs.

 

A ce jour, plusieurs questions restent posées. En premier lieu, les connaissances sur la dynamique de l'espèce et les outils de son suivi sont encore insuffisantes. Chercheurs et gestionnaires doivent rapidement affiner et compléter les connaissances actuelles pour proposer aux responsables régionaux et départementaux des outils performants de gestion des populations. Ensuite, dans un espace en pleine évolution, cloisonné par les infrastructures linéaires, les grands centres urbains et industriels, l'habitat des grands ongulés est progressivement menacé. Parce qu'ils sont parfois limités dans leurs déplacements, leur présence permanente sur les milieux de production devient intolérable. L'aménagement de l'espace doit donc intégrer leur existence, à grande échelle, lors de la planification des grands travaux ou plus localement, dans la gestion quotidienne des forêts et des secteurs agricoles. La réalisation des schémas départementaux de gestion cynégétiques et des orientations régionales pour la gestion cynégétique et l'amélioration des habitats, documents prévus par la loi de juillet 2000 seront l'occasion de mettre ses idées sur papier.