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Vènerie : réponse aux anti-chasse

Publié le 16/03/2017  |  par Chassons.com
Souvent attaquée par les écologistes radicaux sur des positions peu éclairées, Pierre de Boisguilbert réponds aux arguments évoqués par les anti-chasse au sujet de la vènerie.
 

Argument 1 : La vènerie porterait atteinte aux populations de cervidés car la recherche du beau trophée conduit à chasser les meilleurs reproducteurs potentiels.

Réponse de P. de Boisguilbert : C’est fort heureusement totalement faux. S’agissant de trophée il ne peut s’agir que vènerie du cerf, qui soit dit en passant  représente moins de dix pour cent des équipages existant en France. Les veneurs ne chassent pas pour le trophée. Pour ma part, je suis veneur et chasseur à tir, et j’apprécie cette notion de trophée pour le tir d’un brocard ou d’un cerf de sélection. En ce qui concerne la vènerie, cela n’est pas le cas. Ce sont les chiens qui choisissent leur animal. Certes, le maître d’équipage va essayer de choisir un animal en fonction des indications du rapport, mais la réalité concrète est que ce sont bien les chiens qui choisissent leur animal. Nous avons d’ailleurs réalisé une enquête il n’y a pas très longtemps auprès de 37 Equipages de cerf. La réalité est que l’on retrouve toujours à peu près les mêmes proportions, à savoir, un tiers de jeune, un tiers d’adulte et un tiers de vieux cerf. Souvent d’ailleurs, ce sont plus de deux tiers de jeunes car hélas, nous voyons de moins en moins de grands cerfs.

C’est ainsi complètement faux de dire que la vènerie réalise des prélèvements déséquilibrés, au contraire les prélèvements sont parfaitement aléatoires et concernent toutes les classes d’âge. Les chiens trient l’animal qui leur semble le plus à leur portée. Ils ont même parfois un rôle sanitaire puisqu’ils iront de manière naturelle vers un animal blessé ou affaibli.

Enfin, le plaisir du veneur n’est aucunement dans la recherche du trophée mais bien dans le travail des chiens. Le veneur cherche la difficulté, ce n’est pas la prise qui compte. Ce n’est pas le fait de chasser un daguet ou un quatorze cors qui stimulera le veneur, mais davantage le plaisir qu’il prendra à voir travailler ses chiens dans la difficulté !

Argument 2 : Ne remplace nullement l’action des prédateurs qui eux chassent pour se nourrir et attaquent de préférence des animaux malades et déficients. La vènerie serait particulièrement néfaste au moment du brame

Réponse de P. de Boisguilbert : La chasse d’une manière générale se substitue aux prédateurs, aux grands carnivores sur les ongulés, puisqu’il n y a pratiquement plus de loups et de lynx en France. Le seul prédateur des grands animaux, c’est l’homme, quel que soit le mode de chasse. Alors la réalité est que la vènerie est au contraire le mode de chasse le plus proche de l’acte de prédation naturel.

Comme mentionné dans la première question, les chiens choisissent l’animal qui leur paraît le plus à leur portée. Concernant la chasse pendant le brame, la chasse à courre se pratique par arrêté ministériel de 1982 du 15 septembre au 31 mars sur l’ensemble du territoire et ce, quel que soit les animaux chassés du lapin au cerf. Du 15 septembre au premier octobre, se situe effectivement la période de brame. Je rappellerais tout de même qu’à une époque pas si lointaine puisque je l’ai connue,  nous chassions jusqu’à fin avril.

Autrefois on chassait même toute l’année. Hors, les populations de grands animaux n’ont jamais été aussi pléthoriques qu’aujourd’hui. Nous nous sommes néanmoins posée la question il y’a quelques années au sein de la société de vènerie. Il est évident qu’un cerf ayant bramé et sailli toute la nuit n’aura pas la même vigueur qu’un jeune daguet.

Les équipages de tout temps l’ont toujours fait car c’était un excellent moyen pour mettre les chiens en curée. Cela se pratiquait. Autre temps, autre mœurs, le regard de la société change. Nous avons donc pris la décision sous la présidence de Philippe Dulac de recommander aux équipages de s’abstenir pendant la deuxième quinzaine de septembre de chasser les maîtres de places. Quatre-vingt-dix pour cent des équipages respectent cette consigne; ce n’est pas interdit par la loi mais je trouve qu’éthiquement parlant tous les équipages devraient le respecter.

Par ailleurs, rappelons tout de même que la chasse à tir au cerf ouvre le premier septembre, et des chasses ONF sont organisées pour effectuer des tirs de sélection à l’approche. Il est ainsi possible moyennant finance de tirer un quatorze ou un seize cors au premier septembre. C’est donc possible mais à ce sujet, éthiquement parlant une nouvelle fois, je trouve que la société de vènerie donne un signal intelligent et s’adapte en son temps. Avis aux derniers irréductibles.

Argument 3 : La vènerie perturbe gravement l’équilibre de la forêt: sonneries de trompes, allées et venues des équipages, des chiens, des véhicules

Réponse de P. de Boisguilbert : Une fois de plus, cet argument est le point de vue d’une posture très citadine et faisant montre d’une grande ignorance! Le propre de l’animal sauvage est que sa survie dépend de sa capacité à  vivre en état de stress. Lorsque l’on chasse le brocard l’été, on s’aperçoit que les animaux sont continuellement aux aguets et nerveux.

Ils relèvent la tête continuellement, ils sont en alerte, ils utilisent leurs sens pour se défendre. Les animaux sauvages sont capables de s’adapter à leurs milieux, aux dérangements comme aux accidents climatiques. Pour cela j’aimerais évoquer avec vous un territoire situé en Indre et Loire dans lequel chassent deux équipages de cerf et trois groupes de chasseurs à tir.

Ce territoire est chassé aux chiens courants pratiquement tous les jours de la semaine. Or c’est l’un des territoires les plus giboyeux que je connaisse. Combien de fois j’ai pu observer en début de saison, alors que nous chassions un cerf, d’autres congénères continuer de bramer alors que la meute passait à moins de cinquante mètres d’eux.

Ici les animaux sont habitués, cela ne les inquiètent nullement. A l’inverse, ayant chassé pendant plusieurs saisons en Bourgogne dans une très belle chasse de grand gibier, j’ai pu observer le contraire lorsque en fin de saison l’Equipage de cerf local venait chasser sur ce territoire, effectivement les animaux peu habitués aux chiens courants, au son des trompes et aux cavalcades des chevaux s’empressaient de débucher pour quitter les lieux !!

En résumé, les animaux sauvages s’adaptent parfaitement à leur environnement. En forêt d’Orléans, Compiègne, Tronçais, Bercé et bien d’autres, plusieurs équipages chassent simultanément sans que cela n’affecte en rien l’état des populations d’ongulés sauvages. En revanche pour pousser mon propos plus loin, ce qui inquiète l’animal, c’est ce qu’il n’identifie pas, ce qu’il ne peut pas interpréter, ce qui le surprend et met en cause sont système de veille! Le vrai dérangement, c’est paradoxalement le ramasseur de mues, le ramasseur de champignons, ou parfois le chasseur photographique qui ne respecte rien en voulant s’approcher au plus proche des animaux.

L’animal est surpris et en subi un incontestable stress. A l’inverse lorsque les traqueurs claquent la portière de leurs véhicules, les animaux se mettent en mouvement car ils ont identifié la menace, dans tous les cas ils sont en alerte. Lorsque vous surprenez un animal, celui-ci est désorienté, c’est cela le vrai dérangement.

Au reste en début de saison, les forêts domaniales sont vidées à cause des humains qui rentrent continuellement dans les enceintes pour approcher les cerfs au brame ou ramasser des champignons, et c’est bien pire qu’une meute de chiens, croyez-moi !!

Argument 4 : Fait souffrir atrocement l’animal poursuivi. Les examens biochimiques effectués sur des échantillons de muscle et de sang de cerfs victimes sont caractéristiques d’un grand stress et de terribles souffrances.

Réponse de P. de Boisguilbert : La chasse à courre n’est qu’une reconstitution d’un acte naturel avec un prédateur, le chien en l’espèce, contre un animal sauvage qui va au cours d’un laisser courre déployer son instinct de survie en utilisant de très nombreuses ruses qui nous passionnent.

Il y a une chose dont l’animal a parfaitement conscience, c’est la manière dont il est suivi. Un animal que cela soit un cerf ou un lièvre ne déploierait pas autant de ruses s’il pensait que le prédateur ne le chassait qu’à vue. Il va donc courir et soit il échappe, ce qui arrive plus de deux fois sur quatre, soit il ne peut plus échapper à cause de sa résistance physique. Auquel cas il est dans le même état qu’un marathonien après une course.

Je n’ai jamais entendu dire d’un marathonien qu’il souffrait le martyr ! Certes il était épuisé, fatigué, il a des crampes, ses muscles se raidissent, se tétanisent. Il en est de même pour l’animal chassé à courre. Retenez aussi que l’animal ne se voit pas mourir, car il n’est pas capable de se projeter sur l’avenir. La mort est une notion conceptuelle qui est complètement absente dans l’imaginaire d’un animal.

Argument 5 : Méprise trop souvent les libertés individuelles quand elle se termine sur une propriété privée alors que le droit de suite n’existe plus. 

Réponse de P. de Boisguilbert : Je souhaite d’abord préciser une chose qui me paraît très importante. Juridiquement parlant, le droit de suite n’existe pas. Un seul texte pose la règle : nul ne peut chasser sur le terrain d’autrui sans son consentement. Les veneurs ne passent donc que sur les terres des personnes qui ont donné un accord oral ou mieux encore, écrit.

Lorsqu’un animal est chassé et que la meute sort de son territoire de chasse, la règle stricte donnée par la Société de Vènerie est de rappeler immédiatement les chiens et de les faire sortir au plus vite et d’arrêter la chasse. Au cas où un animal tiendrait les abois sur une propriété privée sur laquelle il n’y a pas d’autorisation, ou se situant en zone urbaine, celui-ci est automatiquement gracié sauf demande contraire du propriétaire.

Si un animal tient les abois devant un pavillon par exemple, la chasse est arrêtée, les chiens sont retirés et les membres de l’Equipage tenus à l’écart; mais surtout le Maître d’équipage va faire en sorte de faire partir l’animal pour qu’il puisse regagner sereinement la forêt et éviter ainsi tout accident. Si le propriétaire s’oppose à ce que l’on fasse  sortir l’animal de la propriété, le maître d’équipage fait signer une décharge et requiert la présence de la force publique. Lorsqu’un équipage ne respecte pas ces consignes, il y a automatiquement une enquête menée par la Société de Vènerie.

Un délégué de la société de vènerie va donc sur place, se fait expliquer par tous les ayants droits ce qu’il s’est passé (boutons, propriétaires, riverains, gendarmes témoins) et rédige un rapport très circonstancié. A la suite de cette enquête, le maître d’équipage est convoqué devant la commission de contrôle et d’arbitrage, composé de six veneurs expérimentés (représentant les six animaux chassés).

A la suite de ce conseil, les sages formulent  éventuellement une proposition de sanction au président, et c’est lui seul qui prendra la décision finale. Il y a quelques années à la suite d’un incident de ce genre, un équipage de cerf a été contraint d’arrêter de chasser pendant un mois, de terminer la saison en noir et d’enlever au maître d’équipage la responsabilité  servir l’animal. L’équipage a accepté cette sanction. La Société de Vènerie vous le voyez fait sa propre police et responsabilise ses troupes.

Argument 6 : N’est uniquement un privilège aristocratique ou seulement pratiquée par une élite

Réponse de P. de Boisguilbert : Comme le disait Albert Eistein, « il est plus difficile de briser un préjugé qu’un atome. » De fait, la vènerie a été longtemps l’apanage des rois, des aristocrates puis d’une certaine grande bourgeoisie. Il ne faut néanmoins pas oublier que la révolution française s’est déroulée en 1789, et que nous sommes en 2017 !!!!

Depuis les années cinquante en France, la majorité des équipages sont en association. Chaque association a ainsi des membres, les boutons,  qui paient une cotisation annuelle destinée à couvrir les frais de fonctionnement de l’équipage. Si c’est un équipage de lapin, la cotisation ne coutera presque rien car il ne suffit que de six chiens pour chasser et il n y a pas besoin de louer un territoire.

Pour un équipage de lièvre on comptera 300 euros, pour un équipage de chevreuil 800 à 1500 euros et pour un équipage de cerf ou un vautrait de 1500 à 5000 euros. En effet, dans ce cas précis, l’équipage est obligé de louer un territoire de chasse (environ 30.000 euros de loyer par an). Il faudra évidemment qu’il s’occupe de 100 à 150 chiens au chenil mais aussi de toutes les infrastructures lui permettant une bonne organisation de l’équipage (camionnettes, chevaux, etc.)

 

 



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